voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Poèmes du Gévaudan – II (Susanne Derève)


   Photo-montage RC

Tu dors en haut
pendant que je dors en bas


ou peut-être est-ce l’inverse

Il y a en haut la douceur des draps
sur l’oreiller l’ébauche d’un poème


en bas les herbes folles

le vent dans le noyer
et puis ton pas dans l’escalier


Mireille Fargier-Caruso – Ferveur


gouache: Alexander Calder

 

Persiennes closes pour la sieste


une échancrure où se dénouent nos soifs

passage à gué entre songe et éveil


on suit le fil d’un cerf-volant

dans un pays qui nous échappe

on met à nu nos visages

à l’écoute des commencements

accord solaire dans la ferveur des mains

sans crier gare


la trame de nos gestes a signé l’invisible .


Mue, temps, mutants ( RC )


art; bas relief de Max Ernst ,    à St Martin d’Ardèche,    et petite intervention perso..

Un

serpent tapi dans un parterre  de fleurs
S’étire dans sa sieste                       coulée
Et laisse accrochée aux ronces son enveloppe
Fossile mou,              en aspect d’avant
Mais si sa métamorphose
Dialoguait avec la nôtre
Je me verrai bien retrouver
Conservés comme des habits d’antan
Autant des peaux de l’adolescent
Et des jeunes enfants
Ayant déposé leur mue
Au placard                du temps.
Autant le cabinet de curiosités
Pour visiteurs d’autres époques
Que sont, les momies de Palerme

RC – 24 septembre 2012

photo: mue de serpent

je viens  également  de trouver  cette poésie  arménienne   très originale: de

Esther Heboyan, qui évoque  également  Max Ernst

: LA VAMP DU TRANSILIEN

rousse ou blonde
s’avère
la vamp du transilien
de Gisors
dans le matin ridé
épiphénomène
post café cartable
lave-vaisselle encastrable
charme péri-parisien
oh !
de la nuit
je n’ai fermé l’œil
dit mascara classique
sans blague
dit l’autre
rousse ou blonde
je t’assure
les cils les yeux
écarquillés
sont maquillés Gemey automne
et quoi donc
                        ton mec
les lèvres d’un gloss fashion seront
tu penses bien
                        que non
non
            une fichue chouette
devant le miroir de sa vie
se poudrant le nez le front
les pommettes
ma pauvre
                        pas de veine
elle s’admire fin prête
pour ce jour et point de mourre
tandis que francilienne comme elle
comme elle
rousse ou blonde
sa jumelle
se vernit les ongles
d’un bleu Santa Fe
écranique
le résille sur cuisses chute
de la parme jupette
aux bottines à pompons
celles-là même
qui manquèrent à la Chancelante
de Max Ernst
ah !
c’est quelque chose
soupire la vamp du transilien
de connivence
rousse ou blonde
Décembre 2009