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Une esquisse sur une feuille vierge – ( RC )


peinture: Edvard Munch  » nuit blanche »

 

Bien qu’il n’y ait plus un bruit,
tout autour des murs,
ce n’est pas pour autant une nature morte,
          mais seulement une ouate
à peine différente de celle du ciel,
et d’où part le silence.

Il s’est posé, tout en blanc
de partout.
Les arbres sont dans l’attente  ;
ils cherchent leur équilibre,
sous une masse inhabituelle, et résistent
de leur hampe sombre.

Car seuls, ils se détachent
de l’austère étendue,
        où toutes les différences
ont été gommées,
enfouies sur une couche épaisse ,
           tendant vers l’égalité.

Leurs silhouettes sont géométrie
et s’ornent d’ombres violettes,
comme dans les tableaux de Munch :
une peinture pour de vrai,
débordant sur les chemins,
presque effacés, aussi .

L’atmosphère est fraîche,
comme en attente.
Des hommes , au loin, progressent  : 
de signes noirs qui se détachent,
comme leurs paroles,
          sur un fond mat .

On est dans un instant précaire,
que l’on sait fragile .
L’arrivée des chasse-neige
va rayer l’immobile,
comme si on lançait les premiers traits
– une esquisse – sur une feuille vierge .


RC – oct 2017

 


Bordée par la nuit – ( RC )


Image associée

peinture:  Arthur Dove « moon & see II »

 

L’œil blanc est sans expression,
et dissémine un clair distant ,
qui ne rappelle pas les ombres .

L’univers est bordé par la nuit .
On ne sait pas s’il s’éveillera
dans le balbutiement des étoiles .

Les entrecroisements des branches
se courbent dans une silhouette
les confondant avec celles d’autres arbres .

La lune pointe parfois entre les nuages,
aiguisant le regard des oiseaux nocturnes.
Ils se répondent de colline en colline.

Jusqu’à ce qu’elle descende
contre toute attente
prélever sur la terre

un peu d’atmosphère
un reflet dans le lac,
qu’elle emporte aussitôt

avec des meutes de fleurs noires,
avant de s’effacer
comme si elle n’avait jamais existé .


RC – janv 2018


Blés des causses – ( RC )


balade   - causse Mejean vers Drigas   -   16.JPG

photos perso :causses  Méjean & Sauveterre

Les petites sorcières de la nuit,
se cachent entre les pierres,
présentes et toujours immobiles ,
même dans la brume du jour.

En silhouettes inanimées ,
elles activent leurs ombres ,
endossant leur poids de silence.
          Leur échappant , des vagues vert-jaune
ondulent au sol ,          caressées par le vent.

Les blés contredisent les gris austères .

Le causse a son discours
       empreint de mystère
qu’on ne peut traduire,
avec des mots .

Mêmes les images
ne parlent que d’instants .
son étendue ne se cerne pas .
Comme l’ancienne mer qu’elle recouvre ,

il a quelque chose           d’une houle
qui se prolonge aux horizons ,
avant de chuter brutalement
au plus profond des gorges.

RC – juin 2017IMGP0958.JPG


Ombres sur le mur – ( RC )


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installation lumineuse  de C Boltanski

Ce qui se pose sur le mur n’a pas de poids.
Lui, qui chuchote des figures mobiles,
de celles qu’on n’attrape pas:
C’est qu’elles sont agiles
se déplacent et se confondent.
Nulle part elles ne s’accrochent.

Elles papillonnent et vagabondent,
mais jamais ne s’approchent :
C’est que les ombres restent discrètes
sur notre existence
elles se traduisent juste en silhouettes :
en un jeu de connivences.

RC – juin  2016

 

 

voir aussi cette suite de textes  de M C Grimard


Mizpirondo – à l’approche de la pierre


cote rocheuse en Sardaigne

à l’approche de la pierre
/ une émotion
à l’approche des montagnes
/ une émotion
à l’approche de la ligne infinie des crêtes
/ une émotion
dans le poème ce que je vois :
la pierre, les montagnes, la ligne infinie des crêtes, homme &
femme balbutiant ces mots : pi… – mont… – li…
homme & femme qui balancent là-bas vagues
d’histoire & d’émotion
silhouettes presque nulles
bouts d’étoffe qui claquent & allongent
la pierre les montagnes la ligne infinie des crêtes
_____________
visible  sur le blog  de mizpirondo

Variation d’ombre – 02 – Camera Obscura – ( RC )


Tout se passe en dehors,
De notre champ de vision,
Quelque part, une lumière bouge,
Se brise en éclats sur le verre,

Se multiplie sur les glaces,
Et nous revient,
– Boomerang dévié -,
Juste une partie…

Hors-champ, se jouent
De curieuses batailles,
Je perçois des mouvements,
Et les formes se mélangent…

Dans la chambre obscure,
Juste un trou dans le volet,
Inverse le monde,
Et décrit le vent, dehors.

Toujours à mon regard,
Il faut interpréter le silence,
Et les silhouettes .
Elles se superposent,

Portées de distances différentes,
Et se mélangent,
Peut-être se mangent entre elles,
Pour s’aplatir, dès qu’elles le peuvent;

Sur le mur de la chambre,
Pellicule mobile…..
J’habite à l’intérieur,
D’un ancien appareil photo.

Camera Obscura.

Effets « camera Obscura » de photographyblogger