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Monique L -Monolithes irrespectueux


un texte de Monique L,  extrait de son blog poétique et pictural:

« si-peu-de-nous »

Monolithes irrespectueux

 

-La fleur et la pierre participent du même monde et pourtant elles ne sont pas du même genre. Au final, la pierre – toujours hors de portée- même lorsqu’elle s’éboule, écrasera toujours la fleur.

La fleur a vécu d’autres saisons, elle le sait. Elle ne comprend pas tout cela.

La pierre larmoyante de pluie ou d’humble rosée reste une pierre. La pierre roule à sa seule convenance , elle écrase sans façon. Que lui importe, elle est pierre, elle est fière et altière. La pierre s’érige au-dessus du lot commun , elle le clame dans l’azur à tous les dieux et elle se renie ( comme tout ce qui clame) sans vergogne dans les bassesses de ses dégringolades.La pierre se targue d’éthique mais elle méprise Sisyphe et offense le brin d’herbe . La pierre passe sans égards,dans un grand éclat de rire, elle plie et abaisse la fleur. La pierre est sourde ou aveugle ou muette ou trop sûre d’elle.

La fleur et l’herbe le savent, impuissantes, toujours vivantes. Elles ne comprennent rien à tout cela.


Pierres en gravité ( RC )


photomontage  Gilbert Garcin: Il faut imaginer  Sisyphe heureux

photomontage         Gilbert Garcin:          Il faut imaginer Sisyphe heureux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenant à mi-mesure,        porté dans les bras
Un grain                    ( de bonne moyenne,)
–                  Amené  au bord d’un gouffre,
Insondable liquide,      rempli d’un sourire vert,
Juste après un cercle d’ondes,                   roche-
Roule et puis rebondit,     tout en échos sourds,
Jusque le silence aspire , du bruit ,  la distance.

<      Ou bien s’imaginer,
A une  échelle         beaucoup plus  réduite,
Ce qu’il faut d’efforts, pour déplacer un peu
Un grain de sable,      presqu’à notre taille,
Appuyé contre l’épaule,  de sa rudesse blonde,
Roc lisse d’un nouveau Sisyphe.
Appelé  à re-dévaler la pente.

Aux grains silencieux  de sable,
Qui s’écoulent  entre mes mains,
L’échappement, la chute, et la perte,
Car toujours                 ils se ruent,
Vers le plus bas,
Même s’il en reste  quelques uns,
Qui sont collés aux  doigts.

Et                s’il est question de gravité,
Et que nous naissions petits cailloux
Gravillons en bord de  route,
Ou pierres d’aquarium….
Etant donnés: le poids et la chute des corps…
<               Et pour terminer ce texte,
………………..           quelle en serait sa chute ?

RC – 23 mai 2013