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Sophie Lagal – Camille


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sculpture: A Rodin    – Maryhill museum of Art

 

Camille

 

Tu m’aimes, mon bel amant,

Ma fragile écorce,

                            qui t’implore.

Mon coeur orageux

                            qui te dévore.

Ma joie de t’aimer,

                            encore.

 

A la soie blanche,

je me suis endormie.

A tes caresses savantes,

je me suis abandonnée.

Voluptueuse.

Promesse d’une terre d’exil.

                             Orpheline.

 

Mon bel amant,

Reviendras-tu me lécher de tes étreintes.

Moi, douce colombe blessée

Aux ailes éperdues.

Reviendras-tu me sculpter aux nuits d’été,

déchirant le ciel de nos baisers,

                              défendus

 

 

Mon beau, mon rêve,

J’avalerai ma rage

au ventre dur.

Je t’attendrai,

au marbre, vaincue.

Je sèmerai les fleurs sur le chemin

pour que tu reviennes, brûler l’or de mes mains.

——–

Sophie Lagal, 8 Mars-13 Mars 2013

 

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Colette Fournier – Apprends-moi à danser


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Photo :  Emmanuelle  Gabory

 

 

Apprends-moi à danser
Je veux retrouver le soleil
Flirter sur un rayon de miel
Brûler la pointe de mon cœur
Sur des épines d’arc-en ciel
J’ai besoin du velours de la voix
Feutrant ses frissons de soie
J’ai besoin de la couleur du vin
Fleuve de rubis où tout chavire
J’ai besoin du nectar des abeilles
Des parfums du paradis
Des ailes de tous les anges
J’ai besoin de devenir archange
De me transmuter, de m’alchimiser
J’ai eu si mal dans mon corps
Irradié et somesthesique
Que ce soir je veux danser
Libre, nue, échevelée
Ivre comme une bacchante
Et quelque part folle à délier
Avant que ne descende sur moi
La lente douceur du soir…


Papiers de bouleaux ( RC )


Photo:  site maerchenbilder

Paroles et murmures,

S’inscrivent à l’encre sympathique,

Au dos des feuilles,

–         Papier de soie,

 

Ecorces des bouleaux,

Soumis aux secrets,

De la croissance,

Et même s’enracinant,

 

Dans un terreau lourd,

Où gisent les morts,

qui murmurent peut-être,

A ces écritures debout,

 

Blanches,

 

Gardant aussi,

Jalousement les confidences,

Données aux sentinelles de la plaine.

RC – 3 septembre 2013


Compte à rebours, en émois ( RC )


Je  compte  jusqu’à trois,
Je ne sais plus combien de fois,
Peut être que, petite fille,
A cloche-pied, tu t’égosilles,
Sautant de case en case,
Et la jupe s’envole, un peu grivoise
Si tu es prête à l’envol
Dans  ton parasol

Je  compte à rebours,
Au visage  de  l’amour,
Un deux, trois,
Et si nous sommes à l’étroit,
Je vise le ciel,
Il y a plein de soleils,
Avec tes  cheveux  de soie,
Au-dessus de moi.

Je compte sur toi,
Au bout de mes doigts,
Et parcours monts et vallées,
Aux courbes avalées,
Quand la musique  de chambre
Ôte les dernières feuilles de novembre,
Je voyage à pas menus ,dans l’inconnue
Si l’automne laisse ton  parc à nu.

Je compte  en émois,
Aux mois succèdent les tois,
Les vents portent la bise,
Remettons la chemise,
Contre les courants  d’airs,
Je te couvre pour l’hiver,
Tandis que fuient les hirondelles…
>   Te souviens-tu de ta marelle ?

Tu y comptais tes pas,
En moulinant des bras…
Suivant les cheveux libres,
Le corps en équilibre,
Je te regarde,      je t’attends !
Regarde, c’est déjà le printemps,
Maintenant, comme je vascille,
A tes bas en résille,

Viens vite dessiner le bonheur   !
Le dessin de tes mains a la forme d’un coeur…

RC – 27 août 2013


La silhouette d’un aujourd’hui qui n’est plus ( RC )


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doc image:      Paulina Otylie Surys –  La Jeune Fille et La Mort – SIMONE magazine,

Dans l’ombre muette des arbres,

La silhouette d’un aujourd’hui qui n’est plus,

A la robe de soie rouge qui l’entoure

Cendrillon troque ses souliers ,     las

Contre des escarpins           de cristal,

Pensant voler quelques éclats de lumière

Au prestige d’un soir,

Qu’on ne peut pas  retenir,

>    Pas plus que les rêves,

          Dissous par le matin.

Les escarpins      pris par les racines,

Aussi ,         soustraits par le chemin

Et la glaise fade, molle, sous le soir,

Dialogue    avec un peuple d’épines,

Se parant ,      de lambeaux de soie,

Dont ne parle plus              le rouge,

>         Maintenant avalé par la nuit.

 –

RC   – 18 mai 2013


Il y a tout à apprivoiser, du présent ( RC )


peinture:           Sandro Botticielli;       la naissance de Vénus   1490

D’abord fermer les yeux et les ouvrir ailleurs.

Et puis s’efforcer de la suivre «  à l’instinct »

Comme sauter à pieds joints dans un autre monde.

 

Couleurs déplacées, ombres allongées, végétaux inconnus.

Elle ne connaît d’attraction terrestre,

qu’un pied léger, posé sur le jour qui naît…

 

Les combinaisons de soi , à elle
les mots qui lui parviennent, ne sont plus les mêmes

Chargés de sens et d’irisations multiples

Un ensemble silencieux, refermé sur son mystère,

 

Peut-être à contourner, faute d’avoir les clés du passé.

J’ai ouvert les yeux, finalement, à l’audace d’une fusion,

A l’harmonie d’un jour auquel elle accorde des touches de soie,

 

Comme la naissance de Vénus, de Botticielli,

Ayant l’évidence d’une éclosion,     unique et attendue, à nos yeux neufs,

….   Il y a tout à apprivoiser, du présent.

 

RC  – 26 mai 2013


Les pensées qui tanguent ( RC )


art: Brice Marden, montagne froide - 1991. huile sur toile

art:          Brice Marden, montagne froide – 1991.   huile sur toile

Les pensées qui tanguent s’entremêlent de rêves;
Ce que tu écris, – les échos de sève –
Portées de musique et les mots défilent
en constructions fragiles,
tendues en liens de dentelles,
comme deux plantes s’emmêlent…

Je ne sais distinguer de qui se débride,
De tes fièvres rouges ou paroles limpides,
Des mots jetés et paroles farouches…
A chaque arbre, ses racines,  sa souche…
Les plantes en symbiose sont en voisinage,
Et cohabitent sans se faire ombrage.

L’une , de l’autre ose aller plus loin
Vers la lumière, c’est donc un besoin
Toujours renouvelé
De la parole descellée,
A partager la soie et le satin,
Pour les draps étendus de beaux lendemains.

en dialogue avec Phedrienne
Le ruban de tes pensées m’obsède,
Déroulant ses volutes de neurones entêtants,
Passant, galonné de dentelles,
Ou crocheté de fièvres rouges,
Où flamboie la connectique
De tes contradictions majeures…..
J’y surnage, brassant de mes idées farouches
Ton alternatif courant,
Tanguant de satin en soie saumonée,
De coton dur en voile satiné,
Craignant de déchirer au tranchant de mes synapses
L’organza trouble de tes chimères osées…
Le ruban de tes pensées m’enlace,
Noue de ses ligatures serrées,
Un bout de mon cœur oppressé,
Liane mes caprices débridés,
Et dans cet entrelacement sauvage,
Douceur et rudesse mêlées,
Se tisse un dialogue endiablé !

voir  son   « Ruban »…

 

 


Anna Akhmatova – Voix de la mémoire


sculpture; art roman:           Eglise de Mozac, Puy de Dôme

 

II : VOIX DE LA MEMOIRE              N. GOUMILIOV

Le monde est un rayon d’un autre visage,

Tout le reste est son ombre.

Le pont de bois a noirci, il penche ;

Il y a là des bardanes hautes comme des hommes,

D’impénétrables forêts d’orties proclament

Que l’éclat de la faux n’y entrera pas.

Au soir, un soupir passe sur le lac,

La mousse grimpe, revêche, sur les murs.

J’ai rencontré là

L’année vingt et un.

Le miel noir parfumé

Était doux aux lèvres.

Les branches griffaient

La soie blanche de ma robe,

Sur le pin tordu

Le rossignol refusait de se taire.

Au cri convenu

Il sort de sa tanière,

Comme un gnome des bois

Plus tendre qu’une soeur

À travers les prés,

À travers la rivière,

Il fonce et, plus tard,

Je ne dirai pas : laisse-moi.


passager des saisons ( RC )


art médiéval,       tête en relief de reliure            de livre évangéliaire

 

 

 

 

 

 

passager des saisons ( RC )

 

 

Il y a des routes croisées de pluie

l’avancée immobile des saisons,

tes pas , de mémoire ,  et de raison,

Des falaises,de la roche,    les abris

 

Et l’odeur des rideaux de buis

Lorsque je m’accorde, attentif

A ton      regard cascade, si vif

Et cette larme,      que  j’essuie.

 

J’ai parcouru des mers, et des îles,

Routes et distances considérables

Des plaines vertes,à la main aimable

Au travers des printemps fragiles.

 

Et les saisons passent,            animées

Produisant mille fruits

Mais tu danses encore dans mes nuits

En moi, la jointure de tes lèvres,    imprimée,

 

Et le douceur de ta peau de soie,

L’obscur de ton verger

Dont je suis passager

… reste près de moi…

 

 

RC   – 17 septembre 2012


Ombres contre vents – sous ce soleil neuf


image: illustration Maggie Taylor

encore un « ping »  comme on dit,  du blog d’Adelline…

Et sous ce soleil neuf

les fleurs  vivront elles ?

le sourire de leurs pétales

sera-t-il aussi éblouissant que l’an dernier ?

J’ai gardé le souvenir de leurs effluves

de leur  frémissement de soie

cette musique douce  invitait à la danse

à la joie

Tout reste inscrit dans le bleu pur

Dans l’espace de tes sourires

H S


Jean-Claude Pirotte – jeunesse intouchable


 

 

 

 

extrait  du  « promenoir magique »

 

c’était la jeunesse et comme chacun je la croyais furieusement intouchable, tu ne t’inquiétais ni de Dieu ni des flammes tu portais des cravates de soie dans les rues étourdies par l’été

tu trouvais tout à fait naturel d’être enveloppé de lumière et cependant déjà sans l’avouer tu rejoignais tes premiers morts


Gouttes de sons (RC)


Ch Mingus —  

Résultat de recherche d'images pour "mingus"

Quelques    gouttes  de sons

de la    gamme basse

S’extraient    du gros caisson

Et font vibrer                 ma tasse

Et le saxo se                      déhanche

Le rythme                          s’accélère

Les doigts courent  sur le manche

en accords                        réverbères

La mélodie                         s’envole,

Volutes de vapeur         s’infusent

Variations en                mineur sol,

Que les projecteurs        diffusent

Tournicotent             et balisent

Basse         et guitare mélangées

Beck et Tal                improvisent

Rythmes et phrases     orangées

C’était la couleur         de sa robe

Devenue soudain     soie – bleue

Et que la danse                 enrobe

Nouvel                    oiseau de feux

Du chapeau plat de              Lester

En forme de                  tourte « pye »

Clamant,                 blues solitaire,

Mingus  ,             et son « Goodbye »

Aux visages   couleur-de-cigare

Perdus dans les  ronds de fumée

Que, seuls, la musique  réparent

A la saveur du café,       exhumés.

Au gouttes de sons ,          en phase

Autour de la basse         électrique

Montent                  d’autres phrases

En gerbes,      couleurs prolifiques

Se séparent                   et culbutent

En tierces                      augmentées

Alors que                le public exulte

En vagues,             mouvementées

 

 

RC  11 fev 2012

 

Créé à l’évocation  de  « Goodbye Porkpye Hat »,  ( l’interprétation  qu’en fait Jeff Beck, et Tal Wilkenfeld) —  et  plus généralement, des musiques  de Charles Mingus

Tal Wilkenfeld & Jeff Beck, jouant sur le même manche

L‘interprétation du morceau  ( par J Beck)…  sur YouTube

— disponible  sur l’album  « Wired »,  et Beckology 

et en s’éloignant de Mingus,  vers  une  version plus  rock,  retrouver  Tal Wilkenfeld  et Jeff Beck  en duo  sur  BlueWind, un peu  « démo », mais toujours musical.


Colporteur du temps (RC)


peinture perso sur enveloppe – mail art – acrylique sur papier 2004

Le colporteur du temps
N’a pas sa montre à l’heure
Et a laissé se faner les fleurs
Des rendez-vous d’avant

En semant les traces à tout vent,
C’est tout un champ d’enfants
Qui grandissent en chantant
Déposés en sommeil, on les oublie souvent

Lorsque le hasard nous amène
A revenir sur nos traces
Les souvenirs reviennent,       et nous embarrassent
Le temps avait figé, – quel phénomène – !

un geste dans l’espace
La terre humide, qui fume
Le village, perdu dans la brume
Et de lointains ressentis passent

Ton sourire d’avant                           est resté le même
Dans mon souvenir;                                      il est ce défi
Que me lance encore,                         ta photographie
Les fleurs d’antan ,                                 pour ce poème

Sont encore fraîches,   et la couleur
Que n’a pas retouchée le colporteur
Du temps, qui s’est étiré,     sans toi.
Couleur du bonheur,             en papier de soie.

25-01-2012

issu de la création de Pantherspirit: le colporteur du temps