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Vous ne vous imaginiez pas modèle – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "giorgione vénus au miroir"

 

peinture : D Velasquez

 

Bien sûr, c’est un mystère
qui se construit petit à petit,
sous mes yeux ébahis.
Je vois la peinture se faire

L’ange poser ses ailes :
Vous êtes ainsi alanguie
Sommeillant sur le lit
Vous êtes celle

qui lentement se révèle
à la caresse des pinceaux :
suivent la courbe de votre dos
(vous ne vous imaginiez pas modèle )…

Du voyage au long cours,
le vent dans les voiles,
vous apparaissez sur la toile,
peinte avec amour.

Négligemment déposés,
vos habits en tas,
à côté de votre bras …
Dans une lumière bien dosée

vous apparaissez, rêveuse,
les mains sur vos hanches,
votre poitrine est blanche,
et comme lumineuse….

Vous êtes la lumière du soir .
Surgie dans le décor
( et l’or de votre corps
se reflète aussi dans un miroir ).

On ne vous imagine pas blonde ,
car la seule ombre au tableau
porte le flambeau
de l’origine du monde .

Il n’y a pas besoin d’être Courbet,
pour que le monde vous contemple :
la première entrée du temple
est sur la toile, posée sur le chevalet.


RC

– juill 2017

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Laisser rebondir le soir – ( RC )


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Tu laisses rebondir le soir :
la harpe d’ombres
accompagne ceux
qui restent sur place .
Comme un rituel,
à la même heure, ou presque

avant que le jour ne grise,
et que le verger
fasse semblant d’oublier
la lumière solaire.
Les ombres s’allongent donc,
impudentes,

et voudraient traverser
les êtres, aussi .
Elles les questionnent
sur leur devenir .
(  C’est que se poseraient
les flocons de la nuit,

– encore épars – )
dévalant la pente du jour
dont les empreintes digitales
se confondent avec les ailes
feutrées des oiseaux nocturnes ,
qui en ont fait leur domaine .

RC – juin  2017

 


La mer au-dessus des nuages – ( RC )


photographie : Dalibor Stach. Sans titre

Les temps ont bien changé,
la mer est au plus haut,
juste en-dessus des nuages.
La lumière peine
à se forcer un passage
dans un ressac aérien.

Je me suis allongé sur l’herbe:
un velours noir.

Il se déroule en un grand tapis,
jusque vers les montagnes.

J’ai assisté au grand vol des sirènes,
groupées comme pour une parade,
et leur chant appuyé sur le soir,
juste avant que les vagues
n’engloutissent le jour,
et moi avec…


RC juill 2016


Jean-Paul de Dadelsen – Il y a beau temps


 

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Il y a beau temps que le soir est tombé

Il y a beau soir que le ciel est plombé

Il y a beau ciel qu’est partie la lumière

Il y a beau jour qu’est tarie la rivière.

Voici cet oiseau passer bas sous la nue

Il faut partir et rentrer dans le noir

Il n’est plus temps de chanter dans la rue

Il est trop tard pour causer dans le soir.

Les arbres dorment comme un corps inerte,

Un papillon se hâte vers sa perte.

Seul, sans recours, il faut fermer les yeux

Et tout au fond du noir creuser vers Dieu.

 

Jean-Paul de Dadelsen « Jonas » (Gallimard)


Bras obscurs et songes flottants – ( RC )


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Le mystère a des bras obscurs,
qui confisquent les formes,
les mélangent ,sans qu’on sache bien comment,
dès que le soir grignote l’espace connu…

Alors l’humidité sourd des plantes,
qui se détendent du jour,
et laisse place aux créatures nocturnes.

Celles que l’on entend, et celles
que l’on imagine, abrités derrière
les paupières fermées des volets de bois,
la lune essayant de se faufiler par les fentes.

On essaie d’oublier ce qui se trame
de l’autre côté des murs,
en allumant l’électricité, dont la fixité rassure.

Mais il suffit d’une panne
pour que le quotidien bascule,
on ressort les chandelles, que l’on dispose ,
pointillés lumineux dans la pièce,

tremblotantes flammes, elles , éphémères,
sans doute effrayées, elles-aussi,
que le mystère de la nuit

envahisse l’intérieur, réagissant
au plus petit mouvement d’air,
– un pressentiment –
comme si celui-ci,

profitant de la plus petite brèche,
s’apprêtait à bondir
de l’autre côté des murs,

une protection si mince,
qu’on pourrait penser qu’ils puissent
se dissoudre aussi,tel un sucre
plongé dans un verre d’eau…

la porte ouverte à tous les possibles,
de ceux dont on n’a d’autre idée
que celle des songes flottants prenant soudain consistance .

RC- sept 2015


Jean Genêt – le Funambule ( petit extrait )


                         mise en scène de la « Cerisaie » d’ A Tchekov, par Alain Françon

—-

Comme le théâtre, le cirque a lieu le soir, à l’approche de la nuit, mais il peut aussi bien se donner en plein jour. Si nous allons au théâtre c’est pour pénétrer dans le vestibule, dans l’antichambre de cette mort précaire que sera le sommeil.

Car c’est une Fête qui aura lieu à la tombée du jour, la plus grave, la dernière, quelque chose de très proche de nos funérailles.

Quand le rideau se lève, nous entrons dans un lieu où se préparent les simulacres infernaux.

C’est le soir afin qu’elle soit pure (cette fête) qu’elle puisse se dérouler sans risquer l’être interrompue par une pensée, par une exigence pratique qui pourrait la détériorer…


Eclipse et deuil du soir – ( RC )


Bientôt,
la lune est noire,
elle porte le deuil du soir

Sur les pierres du jardin
S’allongent les ombres
de demain

La confusion du ciel
Le semis des comètes
Le pouls des planètes

Ne fera rien  de l’avenir
Que le parfum des roses
A peine  écloses

Saisies de peur
Dans la douceur des choses
Déjà de retour.

RC  – 26 Mai 2012

Soon
the moon is black,
she is in mourning of the evening

Over the garden’s stones
Shadows are getting longer
from tomorrow

The confusion of the sky
The seedling of comets
The pulse of the planets

Will do nothing with the future
Just the scent of roses
Newly hatched

Seized of fear
In the sweetness of things
Back already.


Tu me parles encore tard, le soir ( RC )


Tu as découpé des morceaux de brume
Pour que je reçoive la confusion du ciel
Les ornières d’où la lumière

N’en sort que poussières
Aux après-midi lentes
Où tu élèves de néfastes serpents

De discours prolifiques
Se lovant à mes pieds
En nœuds maléfiques

Tu me parles encore tard, le soir
M’étirant jusqu’à la fuite du jour
Et aux ombres de la nuit venue

Vient encore la mémoire.
A jouer des diagonales sur les cases
Découpage des silhouettes , et perspectives

Ce sera ton langage, mon image
Ton image, mes soirs , toujours
Au plateau lisse des contrastes

Où se promènent encore
Le cavalier et la reine
En combats de reflets.

Bien que , les pièces hautaines
Aient pourtant repris , depuis longtemps
Leur place , dans la boîte capitonnée de rouge.

RC  – février  2013


Jane Kenyon – Laissons venir le soir


photo Jibe , de grange.borealinteractive.com

Jane Kenyon – Let Evening Come            (traduction perso)

Laissez la lumière de fin de journée
briller à travers les interstices de la grange, pendant que le soleil descend, bougeant sur les bottes de paille.

Laissez le grillon craqueter
comme une femme prend ses aiguilles
et ses fils. Laissez venir le soir.

Laissez la rosée recueillie sur la houe abandonnée dans les grandes herbes.

Laissez les étoiles apparaître et la lune divulguer sa corne d’argent.

Laissez le renard revenir à sa tanière de sable.
Laissez le vent s’éteindre. Laissez le hangar
aller vers le noir intérieur . Laissons venir le soir..

Pour la bouteille dans le fossé, à la pelle
dans d’avoine, pour l’air dans les poumons
Laissons venir le soir.

Qu’il vienne, comme il le fera, et n’aies
pas peur. Dieu ne nous laisse pas sans
consolation, laissons venir le soir .

Let the light of late afternoon

shine through chinks in the barn, moving

up the bales as the sun moves down.

 

Let the cricket take up chafing

as a woman takes up her needles

and her yarn. Let evening come.

 

Let dew collect on the hoe abandoned

in long grass. Let the stars appear

and the moon disclose her silver horn.

 

Let the fox go back to its sandy den.

Let the wind die down. Let the shed

go black inside. Let evening come.

 

To the bottle in the ditch, to the scoop

in the oats, to air in the lung

let evening come.

 

Let it come, as it will, and don’t

be afraid. God does not leave us

comfortless, so let evening come.

 


Eclipse et deuil du soir ( RC )


 

 

 

Bientôt,
la lune est noire,
elle porte le deuil du soir

Sur les pierres du jardin
S’allongent les ombres
de demain

La confusion du ciel
Le semis des comètes
Le pouls des planètes

Ne fera rien  de l’avenir
Que le parfum des roses
A peine  écloses

Saisies de peur
Dans la douceur des choses
Déjà de retour.

RC  – 26 Mai 2012

Soon
the moon is black,
she is in mourning of the evening

Over the garden’s stones
Shadows are getting longer
from tomorrow

The confusion of the sky
The seedling of comets
The pulse of the planets

Will do nothing with the future
Just the scent of roses
Newly hatched

Seized of fear
In the sweetness of things
Back already.

 

 


Leeli – Au sujet de lui et autres considérations


peinture: Mark Bohne

peinture: Mark Bohne

Au sujet de lui et autres considérations

À toi qui l’aime tant
Puis je l’aimer un peu
Ce champ jaune immense
Un Matisse, une mer
Un Dragon sans malice
Où j’ai trouvé en friche
Un terrain mouchoir
Couvert de ronces
Mais foin fou fastueux
Sol sensible tu le sais et j’en passe

J’y ai posé une tente
Bleue ça va de soi
Et j’y dors le soir
Longtemps

Et toi qu’il fait rire
Faconde féconde étonnante
Tu aimes comme moi ce sourire
Certainement
Comme un fauve en cavale
Un pur sang
Sans boulier, ni bolo
Ni attaches

Vous…
Fous de bataille les frères
Deux chiens extravagants
Toujours en joute, en mêlée en tournois
Feintes et valses de mots
Poings sur les I
Virgile en virgule et point final

Je vous envie ce baroud
Et j’en garde le soir
Les mains bien à plat
Le repos du guerrier

Leeli


Jacques Ancet – A Schubert et autres élégies


photo: auteur inconnu – carte postale – lectrice au bord de l’eau

A Schubert et autres élégies (1987-1997)


CELUI QUI SE SOUVIENT de la lumière
regarde en lui le vide. Ses mains sont
seules d’avoir poursuivi l’air. Il parle
par énigmes, sourit parfois, de loin,
comme quelqu’un qu’il aurait reconnu
s’approchant dans le soir. Puis il s’éloigne.
Quelques traces demeurent: une chaise
déplacée, sur la vitre une ombre, un mot,
(le silence soudain est plus profond)
quelque chose de bleu, comme la mer.

(Wanderer)


Marseille, crépuscule ( RC )


photo:             Fréderic Barrial


L’or n’est plus dans les banques,
Il s’étale sur les façades .
Le vent souffle par saccades ;
Il dévale de l’Ouest vers les calanques.

Dans la journée, les rocs jouent du blanc,
Mais se fatiguent de la pose
En tournant sur le rose
Au cours d’un parcours lent.

La mer est un miroir,
Les maisons se ceignent
Des paillettes du soir,
Avant que la cité ne s’éteigne .

C’est un moment éphémère,
Qui colore les quartiers et les farde
De brillance et de mystère
Jusqu’à Notre Dame de la Garde…

Les îles aux bords froncés,
sont une dentelle de vermeil,
Des rochers, comme des coques enfoncées,
Prêtes pour un nouveau sommeil.

Avec l’attente des pins et des cigales ,
Lorsque s’en va le soleil …
——— La main de la nuit s’étale,
Sur la ville de Marseille.


RC   – 8 novembre 2012

 

photo perso:                île de roc… face à Marseille

 


Soirs de Friedrich ( RC )


photo:     Francoise Langlois          linternaute .com

 

 

Soirs de Friedrich   ( hommage à Caspar David Friedrich)

 

 

Chantonne                               tout ce qu’il faut pour une brise

Soulève                                     un  peu le jupon léger

Remuent                                  le marronnier, ses feuilles fatiguées

Bruissent-elles                        et la lumière  qui se perd

Parcourt                                   l’ocre aux sillons juste retournés

Fond                                           la marche des heures

Eteins                                        couleurs d’un vespéral

Bataillent                                 gris des saveurs du soir

 

 

RC   – 13 septembre 2012

peinture; Caspar David Friedrich: le promeneur au dessus de la mer de nuages


Ahmed Mehaoudi – Où ira le soir ?


Ahmed Mehaoudi, poète algérien – dont  j‘avais déjà publié  » A ce désert », est l’auteur  d’autres  productions  intéressantes  qu’il nous donne à lire  et dont je fais l’écho ici  de  son « où ira le soir »

 

création perso info –

 

où ira ce soir

d’avoir si peu appris à comprendre les départs

de ces nids autrefois silencieux à la saison de paix

si peu vu dans le ciel ces éclairs de feu attendrir tes yeux

comme chercher dans les rêves l’insensé désir de se réveiller

où iras-tu ce soir

d’avoir déjà perdu le fil du chemin

la porte par où entre ton bonheur

si peu écouter que la nuit est parti loin

et toi

dors à l’endroit où ce soir tu apprendras

à regarder le jour

là se fait les mots …

 

repro: Edward Munch

 

 

 

 

 

 

 

 


Cat – Le soleil


photo:        –  arbre rétro-éclairé,            –    auteur non identifié

 –

Cat,  d’où j’avais  extrait  la courte  citation de Marguerite Duras,   a un blog  très intéressant et documenté, elle m’a  autorisé  à publier ses parutions,   voici l’un d’elles

 

Le soleil ..

Le soleil se voilait,
La nuit s’annonçait
Dans une soudaine fraîcheur
Qui le fit frissonner.

Il sait ces soirs
Où la langueur
Se pose.
Il ferme les yeux,
Inspire,
Ressent,
Pressent.

Le noir gagne
Comme un sommeil
Qui pourtant le fuira,
Comme souvent.

Il voudrait dire
Cet impossible à dire,
Mais à qui ?
Parler de ce vide abritant sa vie,
Comme un désespoir muet
Une béance,
Une absence.

Il regarde Paris s’éteindre,
S’immobiliser dans un silence
Comme un temps éternel,
Où lui seul demeure.

Il ne cherche plus
Ni ne demande,
Il est là … et ailleurs
Le passé, le présent, le futur
Se troublent, se confondent
S’entrecroisent,
S’annihilent
Et lui s’y perd.

Il y a longtemps
Sur ce quai de seine,
Une femme jouait un air,
L’air de rien.
Lui écoutait,
Condensant sa vie
Dans une partition.

Il tente mais en vain
De se rappeler les notes,
Celles qui l’ont enfermé
Dans un rêve sans fin,
Une sorte d’éternité
Sans histoire,
Où la sienne s’est perdue.

et j’ai tenté la traduction suivante   (  toute meilleure  version suggérée, sera la bienvenue)

The sun was veiled,
The night promised
In a sudden freshness
Which made him shiver.

He knows those evenings
Where the languid
Arises.
He closes his eyes,
inspire
feels,
Crowd.

Black wins
As sleep
Which nonetheless will flee,
As often.

It would mean
This impossible to to say,
But to whom?
Talking about what his life empty houses,
As a quiet desperation
A gap,
An absence.

He looked Paris turn off the lights,
In a silent despair
As an eternal time,
Where he remains,alone

He no longer seeks
Nor request
It is here … and elsewhere
The past, present, future
Trouble are blending together
Intersect,
Annihilate each other
And he’s losing himself in
A long time ago
On this quay of the Seine,
A woman  was playing a tune,
Looking  like nothing matters

He was listening,
Condensing his life
In a partition.

Trying in vain
To remember the notes,
Those who locked him
In an endless dream,
A sort of eternity
Without history,
Where his own strayed.


Jean Pierre Duprey – M’a-t-on coupé le fil de la mémoire ?


peinture: Gruppe, port de Gloucester

 

 

 

M’a-t-on coupé le fil de la mémoire
Que je n’entende plus le ventre du passé ?
Il m’étrangle en mon cri dépassé dans le noir
Jusqu’à la flamme unique où le fil a brûlé

L’avenir a cassé dans ma tête le vent
Le passé a repris les cloches de ses soirs
Le remords a rongé les sons de la mémoire
Et le bruit d’un baiser déchire les instants

Au sein des toits la flamme détord ses étoiles
La mort a pris l’allure d’un fauteuil de vieux
La rage du souvenir souffle toutes les voiles
Jusqu’au dernier murmure des yeux.


Mouvements d’un cil: – je perds toute notion


 

Riga - Lettonie - façade écrite... photo perso

 

 

 

 

To loose. notion

 

 

Heure creuse du soir
Entre l’espace pur
Je perds toute notion.

+

Peak hour of evening
Between pure space
I lose all notion.


Jean-Jacques Dorio LUNE À PARTIR


Jean-Jacques Dorio, publie sur son blog, quantité d’écrits, dont il m’a autorisé à faire  écho ici, dans le mien

Voici une de ses nombreuses publications,  datant de janvier 2008

LUNE À PARTIR

Je ne dis pas grand chose ce soir

Des paroles éparpillées

     Je dis que j’ai oublié ce que j’avais à dire

     Et que la lune à travers mon petit carreau

     Me regarde

     À l’ouest de ma mémoire

Je ne sais ce qu’elle me veut la lune

Elle doit savoir que je suis entrain de me demander

Pourquoi y a-t-il une lune?

     N’empêche

     Du pas-grand-chose à dire

     On a fait cette maille de mots

     À partir peut-être

     Puisqu’il s’agit de partager…

le soir qui est déjà la nuit

la mémoire les paroles éparpillées le rien à dire

et cette lune qui reviendra demain

poursuivre ses mille et un récits

 

phot-montage Man Ray