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Presque un regret d’hiver – ( RC )


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Il y a ce retour,
presque un regret de l’hiver.
Le ciel a la couleur pâle
de la mémoire effacée.
Te souviens-tu du chant des oiseaux,
qui hier encore , habitaient le chêne ?

Il reste,   ce matin,
le friselis de givre,
et tu gardes en toi ,
le chant qui gonflait ta poitrine.
Je vois virevolter
de fines particules blanches .

A peine ont-elles touché le sol,
qu’elles s’effacent d’elles-même :
il n’y aura pas aujourd’hui
de couverture blanche ,
ni retour d’hibernation :
ce n’est qu’un passage  ;

La tiédeur du sol
est prête à donner de l’élan
à la symphonie végétale :
déjà les premières fleurs
sèment leurs points de couleur
– premiers signes perçant la grisaille .


le marbre blanc, d’où s’est retiré mon sang – ( RC )


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Photo:  Mimmo Judice

 

 

C’est un incident malencontreux
qui fendit ma joie
de tout mon poids :
en quelque sorte ,   un désaveu.
          Je suis tombé de ma hauteur
mon socle a vacillé, par malheur:

             L’avenir est bien étroit :
il suffit d’être maladroit,
         et me voila par terre :
mon sourire en éclats,    comme du verre
qu’il faudrait qu’on recolle :

Ils sont sur le sol :
avec mes émois
        – quelque chose de froid
dans le marbre blanc
d’où s’est retiré mon sang:
                  comme par erreur…
Il faudrait retrouver le sculpteur …


RC – nov 2017


Simone de Beauvoir – sur les pages imprimées


Fellig, Arthur (Weegee)(1899-1968) - 1960 Corner of Trafalgar Square and the Strand, London 8339766993.jpg photo : Weegee-      – Corner of Trafalgar Square and the Strand, Londres   1960 

Sur les pages imprimées,

je ne retrouve pas la trace des jours

où je les écrivis :

ni la couleur des matins et des soirs

ni les frémissements de la peur,

de l’attente,                  rien.

Pourtant, tandis que je les arrachais laborieusement au néant,

le temps se brisa, le sol bougea et je changeai. »

 

  •  extrait de  « La force de l’âge. »

 


Sur la face à Gainsbarre – ( RC )


R de Paris  -  Gainsbourg  tag au sol    01_re-ns-er

photo         A Garcia        2016   Paris

 

 

J’ai marché sur un visage,
C’était une trace laissée sur le sol,
une trace de passage
( pas de celle que l’on décolle ) .

On voit trop de choses sur les murs,
tant et tant ,       que l’on s’en fiche…
il y aura toujours d’autres affiches,
ou des graffitis de peinture…

Mais là,         c’était sur le trottoir:
foncé ,        comme qui s’enrhume,
…       Aplatie sur le bitume,
la face à Gainsbarre…

– RC –

 


Vagues de laine – ( RC )


suite broutante - photo perso : le Beyrac  Lozère 10/2015

suite broutante – photo perso : le Beyrac Lozère 10/2015

 

 

 

 

C’est un troupeau dans un enclos en pente ;
Il se gorge de l’herbe grasse,
– un corps solidaire à têtes multiples –
dont la masse dissimule
ce qui reste  de sol.

A les voir moutonner, se presser en vagues
de laine      à palper du  regard,
à défaut des doigts,
dans la tiédeur confuse
ondulée par le soleil .

Lui,  rebondirait sur ces îles.
Elles se séparent et gravissent ensemble la pente ;
elles se suivent,    et dessinent  en beige clair
le tracé du chemin ,       laissant sur place
les têtes de rochers, nues .

Brebis et bêlements se déplaçant aussi.
( J’aurais voulu plonger dans leur manteau blanc,
les boucles autour des doigts,
connaître de mes paumes
le museau fébrile de l’agneau ).

Mais du troupeau, maintenant hors de vue,
stationné, peureux,  sur une autre pente.
Il n’est resté, quelques instants plus tard,
qu’un enclos désert,
derrière les mailles de son grillage  .

RC – nov 2015


Jean Soldini – Locus Solus


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Je me tenais immobile
dans un minuscule pré ovale
locus solus bordé de fleurs.
Les abeilles vibraient
tout près de mon corps,
comme si je n’existais pas,
enveloppé du parfum chaud de l’herbe et des fleurs
du bourdonnement qui les couvrait,
les découvrait puis les recouvrait.
Je me tenais
ostensiblement introuvable :
les yeux fermés
le dos collé au sol
les jambes croisant des trajectoires champêtres.

  •  de   » Tenere il passo, LietoColle 2014″

( » Locus solus » peut être  trouvé, avec d’autres  du même  auteur,  sur  le site  d’  une  autre poésie italienne » )


Quelques indices de notre cécité – ( RC )


C’est  être  debout sur le sol,
Regarder l’herbe ployer sous le vent,
Ecouter le bruit froissé
Des feuilles du marronnier,
Fatiguées de l’été,
Et dont la rouille
Sous les pas, roule….

Ainsi, le cours des choses,
Lié aux saisons …
Mais s’arrêtent-elles,
Là où se porte  le regard  ?
Le chant de la sève est silencieux,
Qu’elle  se recroqueville dans le froid,
Ou au printemps, éclate de joie…

Sous le sol tout existe autrement.
Les rongeurs creusent leur univers,
Les graines  attendent le bon moment
Pour bondir à l’air libre,
Et des racines traîtresses
Etendent leur complot de trame,
Comme si elles avaient le pouvoir
D’étendre leurs yeux  ,
Au plus obscur de l’espace,

Perçant la densité de terre,
Jusque  sous nos pieds,
– Et nous n’en savons rien  – ,
Comme si une  vie souterraine,
Se poursuivait à l’abri de l’air,
Une lutte infinitésimale,
Conjugaison de bactéries,
Radicelles, et alchimie de bois :
Quelques indices de notre cécité.

RC  août 2015


Murièle Modely – ( En ) quête


photo Mahafsoun ( deviantart )


Je glisse
Le soleil me cuit les cuisses
J’ai fermé les yeux pour profiter
De la dureté du sol
Et du mordant du jaune

Je suis petite fille
En jupe courte
A l’instant précis
De mon innocence

Je tombe
L’ombre a remplacé le chaud
Le froid revient avec les mots,
Je suis vieille et la moquette
N’est pas un lit pour ma fatigue

Je suis coupable d’enfance
C’est le malaise d’être ici
Et d’être aussi ailleurs
Enfant, j’ai toujours su
Qu’on me pardonnait tout
Qu’on ne m’excusait rien

Je dégringole
Par bouffées dans la triste réalité
Je suis une vieille femme allongée sur le sol
Dans le salon, sur la moquette
Il est quatre heures, je ne fais rien
Les voisins de leur fenêtre
Voient ma folie et mon chagrin

Car je cherche un passé,
Une jeunesse, un improbable équilibre
J’ai vieilli mais je n’ai pas grandi
J’ai cent ans et cinq ans, soit
Un géant sur des jambes de nain

 

Un texte  qui peut être retrouvé  dans le site « écrits vains », parmi 8 autres  de M Modely

 


Chemin des pierres – ( RC )


 

photo perso:  Cromlech  de Guadalupe - Evora - Portugal

photo perso: Cromlech de Guadalupe – Evora – Portugal

 

 

Le chemin des pierres,   se ponctue, à chacune,

de son ombre.

La colonne se dresse,

autant que la force humaine l’a permise,        contredisant la nature,

plantée contre le ciel.

 

Et si c’est un défi,

Celui du poids, de l’inertie grise,

 

Le chemin de pierres garde le silence,

Sur son secret,

Au milieu des clairières,

Et parfois des troncs,

– Quand la forêt s’est rebellée.

 

Plusieurs se sont sans doute succédées,

Et plusieurs générations,

Les muscles douloureux,

 

A la sueur de l’effort,

Aux cordes tendues,

Comme celles  d’une  contrebasse,

 

Et qui quelquefois cassent.

 

Plusieurs générations  d’hommes,

Des cohortes haletantes,

Poussant

Vers ce but réaffirmé,

Dont on ne sait          plus rien,

 

Si ce n’est ce défi, justement,

Traversant de toute sa masse,

L’épaisseur  du temps,

 

Son épaisseur presque palpable,

Au grain palpable,

Comme celui des pierres,   justement.

 

Elles se font ligne,

Elles se font      cercle,

Elles  nous font           face.

 

 

Elles  chantent presque,

Tant elles sont familières.

Elles sont à l’image des hommes.

 

Rudes,        bravant les saisons.

Inscrites dans le lieu.    attachées au sol,

Dans des pas de géants.

 

A  la ronde du soleil,

Le chant de la lumière ….

>                                                 Dressées.

 

 

photo perso:  Cromlech  de Guadalupe - Evora - Portugal

photo perso: Cromlech de Guadalupe – Evora – Portugal


Fernando Pessoa – Plutôt le vol de l’oiseau


peinture: Georges Braque

peinture:        Georges Braque

Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace,
que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol.
L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il en doit être.
L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien,
montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.

Le souvenir est une trahison envers la Nature,
parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.
Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.

Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !

Fernando Pessoa, Je ne suis personne, C. Bourgeois Editeur, 1994,p. 148
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/1472971/plutot-le-vol-de-l-oiseau/#gfQC0XshTft21B9h.99

 


Présence en lumière- ( RC )


sun  &  tapis.jpg

 

Tu viens  faire ce dessin ,
C’est un rectangle de lumière,
Il se pose  sur le sol,
Et lentement se déplace,
Avale une partie de la pièce,
Monte sur le lit, et
Réchauffe la pièce,
Quelquefois strié des traits souples
Des branches, et du passage
Des oiseaux.


C’est maintenant un losange,
Ondulant doucement
Aux vagues des draps…
Je pourrais attendre,
Des heures durant,
Ton ombre se glissant,
A travers les nuages,
Mais tu n’es pas l’ombre,
Tu n’es que lumière,
Et chaque jour,


Je ressens ta présence.

RC-  décembre  2013


Thomas Duranteau – Le vent pilleur de tombes


photographe  non identifié--  Boston Technical High School

photographe non identifié–       Boston          Technical High School

Le vent pilleur de tombes
a retourné les murs
sac vidé au sol
laissant des mots de brique
à demi envolés
et de la lumière
excisée par le semblant
d’une promesse

*
Quand rien ne parle
quand rien ne bouge
quand le silence même
thésaurise mes pas

Thomas Duranteau


Chef Indien Seattle – Vous devez apprendre à vos enfants …


peinture: J Pierre Pincemin:  l'année  du dragon

peinture: J Pierre Pincemin: l’année du dragon

 

 

Vous devez apprendre à vos enfants

que le sol qu’ils foulent
est fait des cendres de nos aïeux.
Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants
qu’elle est enrichie par les vies de notre race.
Enseignez à vos enfants
ce que nous avons enseigné aux nôtres :
que la terre est notre mère ;
que tout ce qui arrive à la terre
arrive aux fils de la terre ;
et que si les hommes crachent sur le sol,
ils crachent sur eux-mêmes


Monique Lévesque – été ( haïku )


Monique Lévesque     (Baie-Comeau, Québec)

 

photo        Clitie Garretson

 

 

Été :

 
midi sur les arbres
une estampe de feuille
au sol

extrait de la revue  du haïku,  n°29


Jean Daive – Plusieurs fois.


Art Andy Goldsworthy

Dans la neige s’enfoncent des lieux habités : la chambre qui veilla le miroir où j’étais,

le plus grand arbre du jardin où je suis. Et les sols dépossédés flottent parmi les

branches, recouvrent, ouvrent tous les ciels, me perdent : Seul. Plusieurs fois.

La neige. La nuit. Quelque regard où je fus.


Jean Daive

in  » 1, 2 de la série non aperçue «

 

 



Meng Hao-ran – Matinée de printemps


Meng Hao-ran  poète  chinois,  dont  j’ai tenté  la traduction à partir  d’une traduction en esperanto

Endormi  à la surprise matinale

Les chants des oiseaux fait partout écho à l’oreille.

Mais combien de fleurs sur le sol, au cours de la nuit

Peuvent être couchées   par le vent et la pluie?

Je viens  de recevoir  cette autre  traduction  ( meilleure, à mon avis)

voilà que la clarté du matin surprends le dormeur

des chants d’oiseau résonnent partout à l’oreille

mais avec la pluie et le vent de cette nuit

combien de fleurs couchent maintenant à terre ?

 

peinture: Hokusaï campanules chinoises et libellule

l’auteur du poème célèbre, que voici
en chinois:  naturellement , toute interprétation autre  ( et meilleure)  sera  la bienvenue…



















Salah Al Hamdani – Seul le vieux tapis fleurissait le sol


image: montage perso

 

 

Seul le vieux tapis fleurissait le sol

La maison avait changé d’adresse
ma photo avait changé de place
la table avait été pliée derrière la porte
la chaise de mon père, aussi,
seul le vieux tapis fleurissait le sol

 

Je t’ai trouvée enfin
dans un jardin nu
avec ton grand châle noir
l’esprit en dérive
enfilée dans tes prières
l’âge cousu sur le visage

J’ai cru serrer un palmier agonisant
Puis dans mes bras,
j’ai reconnu ma mère.

 

 

 

Salah Al Hamdani – ( Irak)

2004 (« Poèmes de Bagdad »,)


André du Bouchet – loin du souffle


Jeremy Liron: peinture: Sans titre - 2009-2010 - huile sur papier

 

 

 

 

 

 

 

Loin du souffle

 

M’étant heurté, sans l’avoir reconnu, à l’air,

je sais, maintenant, descendre vers le jour.

Comme une voix, qui, sur ses lèvres même,

assécherait l’éclat.

Les tenailles de cette étendue,

perdue pour nous,

mais jusqu ‘ici.

 

J’accède à ce sol qui ne parvient pas à notre

bouche, le sol qui étreint la rosée.

Ce que je foule ne se déplace pas,

l’étendue grandit.

 

 

peinture: William Turner: Caudebec-en-Caux - 1832 (pastel)



Au matin – la trace du temps dans le givre – (RC)


                        pierre scandinave: – de väskinde-rosace-VIè s

 

 

 

–C’était au matin, l’horloge du temps
Déplaçait ses aiguilles dans le givre

C’étaient les ombres,                et elles  étaient  blanches
C’étaient des fantômes                    allongés sur le sol

La trace figée des arbres  debout,               en patience
Qui attendent la lumière                      au sortir de la nuit

Et je t’imagine ainsi, en présence
Car pour moi tu es l’ identique en image,     toujours

Je  t’imagine aussi                         en absence
A susciter mon écriture sur la page blanche

Comme              les aiguilles  du temps       que déroule
leur fuite,    ta fuite      ….et tout ce qu’il y (a) entre

—–

RC      1er dec 2011

J’ai aussi trouvé le poème  de Vesna Parun, qui nous conte des évènements parallèles

(voir aussi les deux publications  récentes  que j’ai fait des textes  de V Parun)…

———

Murmure des ailes et murmure de l’eau

Le monde qui vient à notre rencontre nous murmure les contours
des arbres qui bruissent à l’horizon
et grandissent des ombres courbées.

Assieds-toi sur le seuil
et attends
que le soir se déplace…

(Vesna Parun)