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Laisser rebondir le soir – ( RC )


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Tu laisses rebondir le soir :
la harpe d’ombres
accompagne ceux
qui restent sur place .
Comme un rituel,
à la même heure, ou presque

avant que le jour ne grise,
et que le verger
fasse semblant d’oublier
la lumière solaire.
Les ombres s’allongent donc,
impudentes,

et voudraient traverser
les êtres, aussi .
Elles les questionnent
sur leur devenir .
(  C’est que se poseraient
les flocons de la nuit,

– encore épars – )
dévalant la pente du jour
dont les empreintes digitales
se confondent avec les ailes
feutrées des oiseaux nocturnes ,
qui en ont fait leur domaine .

RC – juin  2017

 


Eugénio de Andrade – Matière solaire XVIII


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Sculpture: Henry Moore

 

 

J’ai aimé ces endroits

Où le soleil

Secrètement se laissait caresser.

 

Où étaient passées des lèvres

Où les mains avaient couru innocentes,

Le silence brûle.

 

J’ai aimé comme on brise la pierre ;

Comme on se perd

Dans l’insensible floraison de l’air.


Rémission ( l’oeil du serpent ) – ( RC )


peinture  - Peter Paul Rubens (1577–1640) - The Head of Medusa, circa 1618, Oil on Canvas Moravská galerie v Brně Brno}}

peinture – Peter Paul Rubens (1577–1640) – Tête de Méduse  –  1618, –  h  sur  toile  -Moravská galerie v Brně Brno}}

Tu descends dans un tourbillon sable mouvant de sable,


De mes mains , je brasse l’air

à grands coups de couleurs fauves ;

Elles marquent le passage des minutes vers une agitation solaire.

Avant que tu ne t’enfonces,

dans une étendue                        morne comme l’ennui.

La devanture de l’aube ruisselante , est témoin du rire des trompettes.

Tu es un serpent, trempé de frissons nocturnes,

dont le regard me traque, tout au long de mes nuits.

Des chapelets de pierres suspendues, bris de planètes,

Sont                      les ossements des anges déchus,

dont rien n’entrave la chute.

Le sang se fige dans la fièvre des rêves,

On en ignore la part du réel … :

Si tu as injecté le venin,        si le réveil en est l’antidote.

Car lorsque le jour tend son arc, telle une couverture que l’on retire,

Les délires finissent                 par faire pâle figure,

Et tu disparais,                        avalé par le sable.

On dirait              qu’il ne s’est rien passé.

Le mal est rentré               en lui-même,

Peut-être      pour ressurgir plus loin,

Brève rémission d’une contagion à venir .

Je le saurai quand mes yeux resteront fixés

à jamais ,                     sur les tiens.

RC –  mai 2015


Mireille Fargier-Caruso – Ferveur


gouache: Alexander Calder

 

Persiennes closes pour la sieste


une échancrure où se dénouent nos soifs

passage à gué entre songe et éveil


on suit le fil d’un cerf-volant

dans un pays qui nous échappe

on met à nu nos visages

à l’écoute des commencements

accord solaire dans la ferveur des mains

sans crier gare


la trame de nos gestes a signé l’invisible .


Variation d’ombre 01 – ( RC )


photo Phil Carlson

Ce sont des lignes qui se forment,
On ne peut décider,
Desquelles ont prise sur la réalité,
Elles invoquent la lumière traversière.

De la branche et de l’ombre,
Même posée, sur la course d’une rivière,
Et suivant ses remous,
Elle reste impalpable,

Du mur liquide,
Au mur vertical, pierres jointoyées,
Ne pouvant capter
La course solaire.

Oui, le jour toujours invoqué,
Et l’image projetée,
Le corps léger d’un oiseau,
Ployant les tiges.

Son ombre,
Notre regard,
Reconstruit une vie,
Se passant ailleurs.

RC- janvier 2014

En « réponse »  à Jean-Yves Fick  « variation#1 »

photo Mary Soyez


Voyageur des frontières ( RC )


photo: Evo Lielsen

peinture       : Evo Lielsen

 

Il va, dans l’encaissement des vallées,

Des villes qui débordent,

Du gris et de la rouille,

Et quelques ponts sur la rivière,

Il y va

Sur ces voies,

Où les banlieues cèdent du terrain,

Vers des parcelles en pente.

Il va,

Dans la campagne abandonnée,

D’herbe pelée,

Le bois humide et des pierres anciennes.

Il va,

C’est un espace étroit cerné de montagnes,

Répercutant l’écho des nuages,

Où se hissent péniblement les routes.

Il arrive,

Au delà de la frontière,

Espérant que le gris s’extirpe,

Le langage avenant et solaire…

Il arrive,

Dans un pays, porté d’autres instants

Mais retrouve les vallées encaissées,

Et des villes débordant de gris et de rouille…

RC – 24 août 2013

(  écrit en repensant au roman de  Maurice Pons: « les saisons » )


Corps du paysage et évasions secrètes ( RC )


photo perso - avril 2013  - Cham des Bondons  -Cévennes

photo perso – avril 2013 –           Cham des Bondons –     Cévennes

Devant l’espace,                                    l’évidence déployée de la beauté,

La couleur,         lentement                                            se métamorphose

Au gré des heures,                                                         épelant la lumière

Accordée        aux ciels changeants,                     des nuages voyageurs,

Des pans entiers des collines,                                   basculent de l’ombre

A l’étreinte solaire,              toujours présents, et chaque fois différents,

Accord majeur,         sous l’arc                            de l’horizon des causses,

Mes évasions secrètes,

           Pas à pas comme une attente

                 Naissant à elle même,

                       Et qui lit,                      dans ma présence,

Autre chose,                                  que la couleur, même,

Autre chose ,

                Encore,                                    que les pentes,

Fatiguées              de leur poids de roches et de forêts,

Mais                                       le corps même de la terre,

                             Allongé,

                                 Et présent en moi.

RC – 28 avril 2013


Les couleurs endormies sous les laines – ( RC )


Sculpture-jouer: Roland Roure  -  équilibriste

Sculpture-jouet:                    Roland Roure – équilibriste  –      photo perso retravaillée

Le funambuliste pose doucement ses mains sur le ciel.
Il quitte la corde pour accrocher un rayon de soleil
Et réchauffer, hors des habits gris
Les couleurs endormies sous les laines.

Une petite dame à la coiffure d’or,
S’empare des morceaux solaires.
On peut dire qu’elle se les approprie
Pour poser ses mains sur ma poitrine.

Elle a recourbé le ciel autour de moi,
Et fait de l’espoir un printemps,
En ôtant les laides laines d’hiver,
Suspendue aux nuages, nouvelle équilibriste.

RC   – 17 mars 2013


François Corvol – vivre comme tu vis


 

photo perso,  base argentique modifiée par mes soins

photo perso, base argentique modifiée par mes soins

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vivre comme tu vis. ivre de vivre. dans ton périmètre. dans ta voix. ce timbre ici-bas. dans ta bouche. dans le creux. bleu. noir. le cadran solaire. cousu de fil d’or. avec les chats. dans le ciel. ouvert dans le pôle. dans le manteau blanc. le tableau. la main du maître. pour l’enchantement. la minute. sur le bord de l’eau. saturne. pour la tiédeur. sans mouvements. écoulée. par le hublot. les heures. le temps. que le sortilège. dans la vase. et la fumée. ton portrait. sur la page. parmi les oiseaux. tour à tour. replongent. les bêtes. à cent lieux. après que la lave. avec l’orage. coula. recousu. une meute. le piano. à la forme de ton oeil. ouvert. attrapé. bruissement d’insecte. pelé. dans les os. pour la nuit. sur le dos. souvenir. abrité. tendu. parole de nerfs. en-dessous. la peau. figurine. où le rêve. contigu. se ressource. surpris. loin de la chambre. achevé. sitôt formé. en fumée. inconnu. déjà. imagine. un instant. a duré. par la fenêtre. le rideau. mouvant. invité. silencieux. persistances. par petits bouts. son histoire. obstinée. remuer. son corps. le poids. sur la terre. un moment. encore. et marcher. avec la musique. et les crampes. les pas. un à un. sur la mer. gelée. diurne. ivre. vivre comme tu.


Robert Marteau – La Sagrada Familia


photo Céline & Jeremy, de leur blog  Paris-Bali:                intérieur de la Sagrada Familia – Barcelone  —   A  GAudi

C’est défaite d’abîme,  étrange astrologie!
Les vagues prennent corps,coiffent, chaussent l’azur
Du feu le plus léger.  Tout s’élève en un mur
Organique de plis, d’entrailles; vers la vie

Tout monte;  d’elle tout s’éloigne;  la mesure,
Que brise le ressac, que la flamme dévie
En solaire oriflamme,  à la pointe surgit
Du métal affiné par la foudre, très pur,

Très saint,unique cri que la pierre répète;
(Sanctus! ) seul cygne ou prend sa forme la trompette,
Dans ce réseau de nerfs clamant son agonie,

Proclamant son triomphe;et sa note s’appuie
Sur la nervure et l’os, le moignon que l’esprit
Reconnaît pour sa voix,  son trèfle en broderie


ROBERT MARTEAU :  extrait de « terres et Teintures »


Faire – défaire ( RC )


Picasso-  l'Etreinte.jpg dessin : P Picasso:  l’étreinte

A faire  et à refaire

A lire et à relire

C’est  toute une affaire

Ainsi s’attirent,

Les contraires par paires,

Les joies et le rire,

En un repas solaire

Comme  c’est  l’écrire

L’entre deux ,     au dessert

A refaire  et parfaire

L’accord des soupirs…

Et comme défaire

Est souvent mourir,

Le corps souffert

Grain de délire

Aussi offert,

Et dans l’absence,  pire

Le goût de l’enfer

Et l’on dira,              partir

Aux vents du désert….

RC       2 octobre 2012

(inspiré  par  Arthémisia,  et son post   » Des faires » )


Prélude à la nuit ( RC )


 

 

photos et montage perso… viaduc de Douvenant,      st Brieuc,    Côtes d’Armor    août 2012

Des verticales rares, fichées au sol,
suivent les partitions lentes,
celles des portées          électriques,
Celles des portées               électives,
Je me souviens, comme elles dansaient
Lorsque le regard restait sur l’horizontale
Et que défilait le paysage du point de vue ferroviaire
Au « Cloc-loc », régulier, des interstices des rails.

Je vois maintenant             le plateau
Caressé             par la lumière du soir
Qui déborde des stries des plantations
Et prend vie des ondulations douces,
Presque un soupir,      au sens musical
Quand la terre reprend         son souffle
Après une journée torride, juste apaisée
Par un léger mouvement des airs.

Il y a l’ombre portée des arbres
Sur le sol, qui s’allonge démesurément.
Il y a encore, plus loin l’étendue qui varie
Et qui d’une autre lumière aussi, se marie
Et qui fait suite, avec ,on s’en doute,
Des transitions brusques, celles, qu’on ne voit pas
Qu’on ne vit pas avec nos yeux,
Car buvant une ombre déja profonde.

Puis, les messagers ailés, tirent des traits
En s’appuyant sur l’air, ne craignent pas la chute
Et encore viennent, virevoltent et volutent
Franchissant             d’élans plus faciles
Espaces et distances que de plus audacieux ouvrages
Appuyés sur le sol, l’épaule des rochers,
Quelque part, au souvenir des courbes et des contours,
En progression obstinée, dans la paume d’ocre,

Le pays, sans doute s’arrondit plus loin
Au vécu tragique, d’un ciel antique
Lorsque le disque solaire
Masqué de temps en temps par les collines
Qui dansent aussi,            à notre trajectoire
Finit par quitter la scène
Et que les oiseaux fuient
Au prélude         à la nuit .

RC –   8 aout 2012

 

 


Colère et éclaircie ( RC)


photo perso. Sauveterre

Il y a dans mon ciel,                quelques nuages
Portés par le vent  d’Ouest,        ils envahissent
Les dessus  d’horizons, comme pâte  dentifrice
Et se tordent , à mon humeur, – comme  c’est dommage ! –

de laisser ,à  la colère, toute la place
Et ainsi cacher       le dessein solaire
Des contrastes, –  le monde à l’envers
Des ombres farouches, qui agacent…

Suspendus au dessus du sol, quelques mégatonnes
S’échafaudent,      se bousculent , des projets d’orage
Tardant , maintenant                dans le grand balayage
Alors que                   la trompette d’Eole  s’époumonne

Ayant convoqué la grêle et autres intempéries
Tornades et giboulées,          d’avant l’été
Est-ce donc                       d’avoir tempêté
Que le ciel s’est fendu,          et qu’on en rit ?

En fronçant les sourcils, un peu par ici
Les cumulus sont   allés voir ailleurs
Un paysage plus serein          et rieur,
Ce qui nous laisse, au sourire, une  éclaircie.

RC  -26 mai 2012

-sur le même thème, Rainer Maria Rilke  s’exprimait ainsi:

 

Après une journée de vent,
dans une paix infinie,
le soir se réconcilie
comme un docile amant.

Tout devient calme, clarté…
Mais à l’horizon s’étage,
éclairé et doré,
un beau bas-relief de nuages.

Rainer Maria Rilke – quatrains valaisans