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Martin Babelon – Pyrites – extrait – : ( de la Rhétorique des pierres )


Pyrites…

 

 

L’esprit y jouit du spectacle d’une aberrante conjonction de solides physiquement mais non géométriquement incompatibles : on tient dans sa main, lourde,  la pure contradiction.

Avec la force irréfutable de son silence, l’objet m’objecte que l’impossible est possible ; sa texture ne se pose que pour se  soumettre à l’impératif aporétique de sa structure.

D’où l’implosion nihiliste vociférée par la chute de la dernière phrase.

Je pense à certain carré blanc sur fond blanc:  s’agit-il d’un carrré, de deux  carrés, ou d’un carré encadré ?

 

Composition suprématiste blanc sur blanc – 1918 – K Malevitch


Alain Helissen – My life on a horseback – 07027810 (+4)


peinture          – J Dubuffet                      Good Prognosis – 1975

07027810 (+4)
mon sang faisait plusieurs tours dans mes
veines couleur d’encre monopole sens giratoire
le cœur battait son rythme ponctuations
qui se recommençaient sans cesse
recommençant la phrase thérapeutique vicieuse
dont les effets s’inscrivaient circulaires
tu l’as dit Bob bouffi en marge des analyses
il y avait là matière à édifice reconstitué
à partir des traces terrain en chantier archéologique
d’un dépucelage acharné attentats successifs
suivis de rares retours d’encre je
visitais d’un crayon la mémoire de l’enfance
sublimation ce passage de l’état solide à
l’état gazeux

Anna Niarakis – A tu


peinture; William Hogarth      –     Sigismonde pleurant sur le coeur de Guiscardo         1759 ( détail)

 

 

 

Anna Niarakis, auteure grecque, nous transmet ce texte  avec quelques maladresses grammaticales  ( voulues, je suppose), qui évoquent la saveur  d’un accent  étranger

 

A tu

A tu, s’adresse ce poème.
Comme tant d’autres.

A tu, qui tu graves hiéroglyphes
sous la lune d’un désert.
Ou d’une ville déserte, tachant
ses murs sales avec peinture rouge.

Errant, aube
Demi éméché, demi fou
dans les rues, places et des permis
autoroutes,

immobile.

A tu, qui tient à l’écart
de silence, bégayant devant
Le feu et sa colère égarée

Qui tu plantes jacinthes dans un
colline sec de mots morts et
tu attends le printemps.
Corps des impulsions déséquilibres
soigné
solide et lourd
dans la clarté de ta tristesse.
Perdu.
Tu découvres ce que tu
vas perdre encore et encore.
Tu secoues du noir
les épaulettes colorées
et tu tires ta route
Espoir improbable de mon obsession.
À tu,
que je ne connais pas
qui tu es,
Je sais seulement que
tu viens…
.

 

Anna Niarakis