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Andrée Chédid – La vie voyage


 

Lithographie Alechinsky - Under the volcano

dessin: Pierre  Alechinsky – under the  volcano

Aucune marche
Aucune navigation

N’égalent celles de la vie
S’actionnant dans tes vaisseaux
Se centrant dans l’îlot du cœur
Se déplaçant d’âge en âge
Aucune exploration

Aucune géologie
Ne se comparent aux circuits du sang
Aux alluvions du corps
Aux éruptions de l’âme
Aucune ascension
Aucun sommet
Ne dominent l’instant
Où s’octroyant forme
La vie te prêta vie
Les versants du monde
Et les ressources du jour
Aucun pays

Aucun périple
Ne rivalisent avec ce bref parcours
Voyage très singulier
De la vie

Devenue Toi

 

Andrée CHEDID « Épreuves du vivant » (Flammarion)


Au-delà des sommets – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "alpiniste paroi"

 

Le montagnard connaît la rudesse des roches,
          les failles et précipices,
          les forêts qui s’essoufflent,
et finissent par renoncer,
vers les hauteurs…
         le vent glacial,
         l’aspiration vers les cîmes,
(souvent voilées de nuées),
         les pistes incertaines,
         les plaques de neige.

Toutes les chaînes,
dans leur présence pesante,
accrochant encore le jour,
alors que la vallée s’endort….

Le but affiché est de
« conquérir un sommet » ,
              comme si,
         grâce à ce verbe,
on pouvait se l’approprier .
Ce serait plutôt une métaphore,
pour sa propre vie :
       un parcours d’obstacles,
passer au travers d’épreuves,
éviter pièges et dangers:

       Faire de son existence
une progression pénible,
       s’ouvrir de nouvelles voies,
planter un drapeau tout en haut.

Mais il n’y a pas d’autre alternative
que redescendre,
le vent sifflant dans les oreilles,
fourbu et courbatu,
avec le sentiment de revenir
      malgré soi,
( Gros Jean comme devant) ,
>     ne s’étant rien approprié du tout,
devant,        comme à la montée
affronter les éléments .

Et si la vie se concrétise dans la montagne,
quel que soit le sommet
          on voit bien qu’un jour elle s’arrête,
                     et qu’il n’y a rien au-delà    .


RC – oct 2017


La tête du monstre de fer – ( RC )


A  JAkovskis    -  tête couchée  2001  -2699

photo perso:               oeuvre  du sculpteur   A  Jakovskis  2001 – europaparkos  Vilnius

 

Au détour de forêts mystérieuses

Les rideaux du soleil

Accrochés dans les brumes

Entre les troncs.

 

Bien sûr, ce qui vient à l’esprit

« les fées sont d’exquises danseuses » *

Et les doigts de lumière

Evoquent les légendes .

 

Celles des esprits des bois ;

Les marches taillées dans le granite,

proches d’un sommet

servant peut-être

 

A enjamber

L’échelle des siècles.

Un rituel du sang

Réservé aux initiés.

 

En progressant de clairière en clairière,

J’ai rencontré le monstre de fer.

Je ne peux expliquer comment

Sa tête seule , échoua là ….

 

Ni quelle bataille,

Avait déchiqueté le temps. .

La tête seule me regardait

de ses yeux vides .

 

La rouille déjà progressait

De jeunes pousses proliférant ;

La nature reconquiert ses droits,

Quelques décennies plus tard ,

 

Elle finira par digérer la face de métal.

Le corps décapité ayant continué sa marche,

Quelque temps, pour finir, avalé par l’étang voisin

Maintenant parcouru par des canards .

 

RC- oct 2014

  • les fées sont d’exquises danseuses ,est le titre d’une pièce pour piano de Claude Debussy

 

 


L’histoire cohabite sa géographie – ( RC )


Carte ancienne

Carte ancienne du Japon

Du creux ombreux aux pentes neigeuses,

Le parcours des siècles,

Des pays conquis, esclaves soumis,

Il n’est plus de paroles audibles,

Et des routes détournées,

A faire taire la voix des peuples,

Quand la vague redescend,

Et conduit, du sommet à l’abîme,

Les hommes blessés,

Envahisseurs ou envahis, ;

Ils finissent par se confondre,

Et s’imbriquer, au point,

Que les origines,

Se perdent dans la nuit des temps,

Et de la géographie,

Qui, à quelque chose près,

A toujours ses montagnes,

Et ses îles en place,

Malgré les accidents de l’histoire.

(texte créé en « réponse  » à celui de Norbert Paganelli- lien ci-dessous)–

STRUGHJERA / DÉLIQUESCENCE


André Velter – Marche d’approche


 

Isenfluh

 

 

 

Marche d’approche.

Bien sur j’irai seul
Affamé volontaire
J’irai pour te plaire
Serré dans ton linceul

Le sommet t’appartient
Au-dessus des alpages
J’atteindrai le nuage
Qui ne recouvre rien

Il n’y aura plus d’ombre sur la terre
le soleil sera peut-être entre mes mains
Ravivé
Avec moins de violence
Souverain
Sans impatience

Par l’altitude reconquis
par la solitude rappelé au désir
Comme le silence à perte de vue dans le bleu dans le blanc..

je lutte à armes inégales
Si peu familier des harnais et des clous
Des bivouacs en pleine paroi
Des réflexes d’insomniaque contre froid

la nuit l’horizon reste en coulisse
le ciel n’est pas le manteau espéré
Je joue à contre-emploi
Une pièce qui s’écrit avec les pieds
Mais sans renoncer à porter les mystères
Sans abandonner le souffle à la pesanteur
Sans craindre de déboucher hors d’atteinte
Un pas plus haut

Un pas toujours plus haut
Dans cette approche impossible
Qui passe de l’effroi à l’extase
Comme d’un réel à l’autre
D’un univers à l’autre
Et pour le même amour..

André Velter. « Une autre altitude »

extrait.. » l’ascension du Mont A n a l o g u e »


Traces du futur en plans lointains (RC)


photo: le viaduc de Garabit ( Cantal )

Si la forêt semble s’épaissir, le sentier s’étrécir
Au détour du trajet, les lieux semblent s’évanouir
La certitude tremble, et fait place  aux suppositions
Les repères ,effacés par les ans, autant de questions

Qui émergent, et traquent, ce pas et le suivant
Au point de nous laisser , refrain obsédant
Une saveur trépassée, d’un mouvement sur place
Que des rubans  de brume, enlacent

A la mesure du temps, aux promesses du futur
La suite des collines, semble nous offrir un mur
De perspectives basculées en escalades indécises
Qu’il faudrait qu’un grand-œuvre précise

Et nous guide, comme Ariane, sur l’étroit chemin
Ou le petit Poucet, des cailloux de sa main
Pour accomplir le destin, encore à concevoir
Qu’en partant, on n’a fait qu’entre-voir.

En parvenant malgré tout au premier sommet
Le paysage  s’étale en tapis d’autres forêts
Espaces, lacs,  dunes, et précipices
Se faisant suite, sans artifices

Le sommet, une  colline bien basse
Au regard des horizons  qu’on embrasse
Portant sur des distances insoupçonnées
Montagnes  et plateaux moutonnés

Seront les futures étapes à franchir
Et peut-être laisser, pour l’avenir
Au delà d’autres monts, l’espace
Garder, provisoirement une légère trace.

RC 14- 01-2012

( variation  sur   « un homme  sachant omettre »   )    voir le blog de « les idées heureuses »

texte de R. L. Stevenson à Will H.Low…

R. L. Stevenson étant l’auteur, justement  dans le contexte  du voyage, de Voyage avec un âne dans les Cévennes

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A titre  d’information   » Ce pas  et le suivant »  est le titre d’un roman superbe, ne serait-ce que par sa science des mots  et des phrases,  de Pierre Bergounioux,  cité  deux  fois  dans mes  publications précédentes.  Livre  au souffle fort,  édité  chez Gallimard.

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photo vue de Turquie - Capadocce, sous la neige , photo Picasa