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Jean-Claude Pirotte – la dame et le dentiste (extrait )


 

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en revanche il est vrai

que les poèmes philosophiques

ont bonne mine et que

le poète couronné

par une calvitie précoce

est nourri de soupe à l’oignon

de fromage de tête et de

cervelle d’agneau (mystique)

c’est un auteur qui ne répond jamais

au téléphone et qui dort

d’un œil de chat jusqu’à midi

or le poète va chez le dentiste il montre sa dent au dentiste elle est joliment emballée dans du papier de soie

le dentiste dit : je vois ce n’est rien mais tout de même deux précautions valent mieux qu’une nous allons procéder à la petite radiographie de contrôle est-ce douloureux ? non ce n’est pas douloureux posez-vous là tenez la dent bien droite et serrez fort voilà c’est fait, merci dit le poète de rien dit le dentiste combien je vous dois ? revenez la semaine prochaine avec votre dent on verra


Luc Berimont – Si le jour est venu


Maya Figurines Preclassic Period 1800 BCE-250 CE (8) 411522480

sculptures:   têtes  ( art Maya )

 

Si le jour est venu dans un jet d’étendards
Le soir s’en est allé avec la proie de l’ombre
Mes frères, les humains, qui veillez sur le tard
Je n’ai connu de vous que l’amitié du pain.

Je penche mon visage à dormir sur ma main
J’entends gonfler des voix dans le gras des collines
Les piverts ont cloué des forêts de sapins
Le feu n’avait plus faim de mes arbres de verre
Une horloge battait à la tempe du temps.

Mes frères, les humains, qui veillez sur la terre
– Maraudeurs accoudés dans le verger des lampes –
Jetez-moi vos fruits d’or jusqu’au frais du matin
Couvrez-moi de vos cris, de soupe, de chaleur
Que je brave la peur, la lune et les feuillages.

 

LUC BERIMONT « Poésies complètes »


La route tracée de pluie ( RC )


La route tracée de pluie

par Re Chab,

Ta  route est tracée  de pluie  et de soleil

Les ombres s’y allongent et s’y diluent

Dans une  perspective  incertaine

Les allers et retours, et croisées de chemin

Offrent en raccourcis  leurs ornières et leurs dos d’âne

Les reflets des orages dans les flaques

Et celui de ta vie, qui mène comme elle l’entend

Son petit bonhomme  de chemin

Et croise souvent le mien.

C’est à croire que la carte  est écrite,

Qu’il est des rencontres fortuites,

Ou presque,      qui nous retrouveront à l’abri

Aux petits bars de la côte, les odeurs de soupe

de chou-fleur et les fish ‘n chips,

Alors que la mer s’est  suspendue,

Un instant de repos en paysage

Et la lumière au fond de toi

Qui me guide souvent, d’entre les nuages…

18 juin 2012

 

auquel de nouveau Lutin fait écho avec

C’est douloureux et tendre à la fois
la route tracée de pluie
le silence des corps interdits
pliant leur ombre en désespoir

Comme il est doux de traverser les lieux solitaires
dans le dos des marches
descendre le long fil de l’oubli
refusant de dormir
le soir tendu comme l’orage

Il manque la longévité des heures
cogne le cœur
un jour le ciel s’arrêtera de pleurer
creusant la mer de sel
aux couleurs d’un champ de neige

Entre-temps les cheveux poussent
fleurs aquatiques dans les flaques d’eau
la mort n’éteint pas les lumières
glissent nos yeux dedans
les mains retenues

lutine – 19-06-2012


Laissés pour compte ( RC )


peinture:   R Magritte – pluie de personnages ( le généreux donateur)

 

 

Il pleut  des personnages, en habit de ville

Raides comme des soldats de plomb

En contre-jour de lampes d’un destin immobile

Ne traçant que vers le plus long

 

Les hommes s’étalent dans l’alcool

Et ne cessent  de revenir en arrière

A même la dure surface de béton, du sol

Tatouages bleutés de leur mémoire de chair.

 

L’humanité a la gueule  de bois,

La parole creuse, mais prolifique

…  elle nous revient  de guingois,

Au lent bal des années pathétiques.

 

Il pleut des personnages, clones de camarades

Egalité, éternité, fraternité

Et fête en marmelade

C’est ce qui fait la liberté

 

De tous les laissés pour compte

Ceux aux habits raidis

Au rendez-vous de la honte

De leur vie, le taudis

 

Au bal de la soupe  populaire

Qui n’ a , au goût de paradis

Que l’amer de l’en- terre

Cercle de misère, et des maudits.

 

 

RC      10 juin 2012