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La parenthèse de la parole – ( RC )


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La parenthèse de la parole,
après une nuit de sommeil,
et la bouche grande ouverte,
dans un baillement ;

avec elle j’attrape le vent,
( pas tout, mais une partie quand-même),
et c’est comme si en silence,
les mots venaient d’eux-même

s’offrir des histoires,
concentrés de souvenirs,
l’orage caché au fond des draps,
et des petits sourires

comme des lucioles,
une guirlande de rêves,
clignote encore,
en silences partagés…

RC –


Thomas Vinau – Ni foule, ni meute


statuaire   vierge  &  enfants 02

–                           sculpture médiévale  – photo perso   -Musée Fenaille  Rodez

 

Ni foule

ni meute

mais plutôt

un troupeau

pâle et rose

transhumance

de nos petites

forces vives

qui traversent

les neiges grises

entre mes yeux

et tes sourires


Thomas Vinau – Sous la table


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A hauteur des chiens

des ivrognes,

des enfants

 

là où les genoux

font des sourires

 

là où les bas nylons

posent des questions

 

là où l’on finit

par comprendre

 

que la curiosité

est le plus joli

des vilains  défauts .

 

T V

 


Ton visage inconnu ( RC )


Il faut aller  de porte à porte
Laisser les courants d’air
Agiter les volets
Et claquer autant de gifles d’eau,
brutales
Entr’ouvrir les yeux sur la peine
La douleur, et le sang qui perle
A l’orée de tes paupières
Pour retrouver les sourires
Derrière les fonds de fard
Qui me laissent  ton visage
Inconnu.

RC   13 mars  2013


Rimes de murs ( RC )


 

 

 

 

 

 

 

Il y a sur les murs  ,       tant de portraits,

Tout en  sourires,    sûrs d’eux,             rieurs

Ils nous promettent,   les jours les meilleurs

Notre  choix  sera le bon, et au plus-que-parfait

 

A voir, ce que prédisent les partis,      en futur

De l’aujourd’hui , demain sera toujours mieux,

La politique parle au peuple, en ces lieux

….  ainsi les murs  … murmurent

 

Souhaitez vous une vie moins  étroite ?

Mettez le cap à droite

Construire le pays, en dessiner l’ébauche ?

Tournez donc à gauche …

 

Puis les années passent, on retrouve de vieilles affiches

Dont il reste des lambeaux,         délavés par la pluie

Les discours se sont tus,             emportés par le bruit

Après les  élections,  …  restent       les champs en friche

 

RC   –   4 octobre 2012

 

 


mince ( RC )


photo: Denis Roche auto-portrait dans le miroir

 

Oui, on en veut à mon aspect

Peu de ventre, peu de fesses

C’est que je ne suis pas bien épais

Même  que je manquerais  de graisse

 

Ce serait peut-être plus confortable

Mais, même pour un homme

Aux coussinets adorables

Je me vois mal être un bibendum

 

C’est peut-être un fantasme

Ce qu’on voudrait que je sois

Je ne déchaîne pas les sarcasmes

N’ayant toujours  pas pris de poids…

 

Ma maîtresse qui est maligne

M’interroge, et me tance

Et voudrait que ma fine ligne

Provoque la balance

 

Que je sois plus costaud

Et donc aussi plus large

Du ventre et des abdos

Mais y a encore  d’la marge

 

C’est sûr  qu’à la pesée

De la balance, l’aiguille

Je ne vais pas l’exploser

Quand je me déshabille

 

– Tu verras à quarante ans !

( c’était une prévision)

– A cet âge, grossissent les gens !

Disait mon père  ( prédiction)…

 

Or, en lecture  d’avenir

Je peux le contester

Pas de soupirs, mais sourires

Car mince, je suis  resté.

 

 

 

RC  17 avril 2012

 

 


Ombres contre vents – sous ce soleil neuf


image: illustration Maggie Taylor

encore un « ping »  comme on dit,  du blog d’Adelline…

Et sous ce soleil neuf

les fleurs  vivront elles ?

le sourire de leurs pétales

sera-t-il aussi éblouissant que l’an dernier ?

J’ai gardé le souvenir de leurs effluves

de leur  frémissement de soie

cette musique douce  invitait à la danse

à la joie

Tout reste inscrit dans le bleu pur

Dans l’espace de tes sourires

H S


Loyan – Sous l’arcane


image – montage perso 2011

 

( un extrait du blog à textes  de Loyan)

 

 

Sous l’arcane

Sous l’arcane des arbres, le blanc risque d’être confondu avec un fantôme et traversé de flèches s’il ne chante pour manifester sa présence. Il lui faudra dormir sur des claies de bois à dix mètres du sol, manger les vers annelés de blanc, écouter les récits d’enfants piqués à mort par des serpents cachés de feuilles, confectionner une nasse à poissons avec des tiges, sculpter un arc et ses flèches destinées à tous les gibiers (grenouilles, oiseaux, cochons sauvages, agresseurs), cuire la farine de sagou après avoir pilonné le tronc de l’arbre pendant des heures, tester la guimbarde, affronter le réseau de la forêt, en apprendre les premiers marqueurs pour survivre.

« Où est la grandeur ? », demandait la voix intérieure avant de s’enfoncer une semaine dans la perte des repères. J’ai vu une réponse dans les yeux, les sourires et la pudeur des gestes, d’inconnu à inconnu, de quelqu’un à quelqu’un plus que de personne à personne. Ils se sont observés, identifiés, reconnus, estimés. Ils se sont fait égaux de son et de main. Puis chacun retourna à sa forêt, pleurant la parenthèse qui les fit chasseurs d’ombres et d’esprits, pendant que l’arbre fendu donnait goutte à goutte.

 

Laurent Campagnolle,