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Articles tagués “souvenirs

Cédric Merland – Si elle y pense


 

 

 

 

Portrait of Hard Life  Aging 5921453554.jpgSi elle y pense demain

elle se lèvera de bonne heure

restera plusieurs minutes à sa fenêtre

regardera le brouillard qui se lève.

 

Si elle y pense les ombres se confondent

tard après le silence de la nuit tombée

le bleu des murmures recouvre les souvenirs

et elle aperçoit l’océan un peu plus loin .

 

Si elle y pense d’autres rires viendront

après tout le matin sera à portée de main

bien après les nuages les collines

les larmes l’océan .

 

Si elle y pense les jours finiront bien

se laisseront porter par d’autres souvenirs

d’autres promesses aussi dans les rues

et les silences du matin  .

 

 

poésie  parue  dans la  revue  « Lichen »n°16

 


tourner la page de la plage – ( RC )


011 Salton Sea, CA.jpg

Est-il temps de tourner la page
comme ces souvenirs
que le vent a enfouis sous la plage ?

RC – aout 2018

La parenthèse de la parole – ( RC )


SteEnim -- 500.jpg

La parenthèse de la parole,
après une nuit de sommeil,
et la bouche grande ouverte,
dans un baillement ;

avec elle j’attrape le vent,
( pas tout, mais une partie quand-même),
et c’est comme si en silence,
les mots venaient d’eux-même

s’offrir des histoires,
concentrés de souvenirs,
l’orage caché au fond des draps,
et des petits sourires

comme des lucioles,
une guirlande de rêves,
clignote encore,
en silences partagés…

RC –


Philippe Delaveau – Instants d’éternité faillible


 

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Ignorant que tes hautes étoiles
avaient tremblé leur dû.
Pas un autre sanglot. Pas une brise
pour effleurer les branches,
susciter la présence des prés et des collines.
Avec courage tes lampes dans la tempête
auront lutté comme là-bas hublots et feux
du vaisseau qui oscille, se couche et sombre
fort de sa morgue et de ses cheminées.
Maintenant si je me tourne vers l’arrière
c’est pour te voir périr dans le brouillard
avec ma vie, sans un reproche.
J’aimais ces maisons qui m’ont quitté
et ces vignes qui tordaient les poignets
maigres de la douleur. La hache
qui tout à coup tranche le nœud de cordes
est plus aiguë que le croc du lion.
Aussi intraitable fut à l’entrée du désert Alexandre,
qui ignorait doute et détresse. Mais mon empire,
je le construis en soustrayant, en dispersant
les ombres et les morts.
Bientôt j’ausculterai les lignes
gravées sur la cire des paumes
pour réfuter l’arrêt sévère des destins.
Rivières et forêts, vitraux et pierres,
écoles et maisons, les sons ancrés aux souvenirs
avaient donné très tôt l’exemple.

Les oiseaux libres nous quittent dès l’automne
pour de lointains soleils que rien ne saurait abolir.
Seuls les visages sont restés dans le cadre des noms
– des cadres propres, certes, mais sans dorure.
(Infinis brefs avec leurs ombres).


Haruki Murakami – les souvenirs


Memories

are what warm you up from the inside*

But they’re also

what tear you apart.

 

Murakami - memories

 

 

 

 

 

Les souvenirs sont ce qui vous réchauffent de l’intérieur

  • Mais ils sont aussi ce qui peuvent vous déchirer.

Salah Al Hamdani – Sagesse sur le coeur


 

 

 

BUS051.JPG

 

 

Premier pas .
lorsque les souvenirs se dissipent dans l’absurdité de l’éloignement,
et que les saisons d’autrefois n’ont rien dire…     pas d’affolement
c’est le cœur qui prendra en charge de souffler l’âme
de la vie du passé le plus reculé.

Deuxième pas
Quand on ne trouve plus l’amour en imagination
il faut laisser le cœur imposer à l’esprit sa conduite.


Marlene Tissot – Une pelote rêche


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photo: Tamsin

 

J’ai retrouvé une photo de toi
juillet 2003 écrit au dos
et le temps se détricote
une pelote rêche de souvenirs
me fil-d’ariane jusqu’à toi
toi en juillet 2003
toi encore là
et il y avait tant de 
soleil dans ton sourire
tes yeux comme un ciel d’été
qui aurait pu deviner 
ces nuages sombres que tu 
cachais et cette sale 
petite pluie glaciale qui 
détrempait tes pensées.

 

voir le site de Marlene Tissot


Echapper à son auteur – ( RC )


Crazannes  carrières   02-.jpgphoto perso – Crazannes – 17

 

La vie m’écrit demain .
Je ne saurais pas dire si c’est d’encre violette
Ni qu’elle me choisit un destin
( je n’en fais qu’à ma tête ) ! –
             Je suis né par accident
             Parce qu’un jour mon auteur
             Qui aimait cette couleur
             Fut un peu imprudent

En voulant remplir les pages
Contre l’avis du vent
Le livre s’est fermé brusquement,
          – Et plutôt qu’en être otage
           J’ai fui sous le canapé
En emportant quelques lettres
Que je pourrais peut-être
Utiliser sans me faire attraper.

J’ai donc dû m’aplatir
Le nez dans la poussière,
Avec tous ces caractères .
            Ils m’ont aidé à grandir,
           A me rendre autonome
Ce fut une aventure
De se lancer dans l’écriture,
Nom d’un petit bonhomme !

Me glisser dans un feuille,
Une autre encore et ainsi de suite
Mon récit n’a pas de limite
             Jetez-y un œil  !  :
J’y inscris les rires
Je m’invente des personnages
Pars pour de lointains voyages
Parcours des souvenirs

Je rencontre Prévert…
             – Ah, ce qu’on a ri,
               Au rayon poésie
               En vidant des vers… !!
( Il faut être un peu ivre
Pour qu’au moindre prétexte
On caresse un texte ,
Qu’on écrive un livre ).

Je n’ai aucun programme ….
           » Est-ce grave, docteur ? « 
           D’avoir échappé à son créateur
            Et des brumes de son âme ?

RC – sept 2016


Recomposer avec les souvenirs – ( RC )


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                           peinture: V Van Gogh:  branches  d’amandiers en fleurs  à St Rémy

 

Sous le ciel épais et gris,
Il y a les images que l’on fabrique,
En jouant sur un fil
Qui vibre de façon à repeindre
dans sa tête,
Un bleu du midi,
Et les fleurs d’amandier,
Comme celles du tableau de Van Gogh.

Loin du ressac
et des rancoeurs,
J’ai composé avec les souvenirs,
ce qu’il reste de notre amour,
J’ai oublié les larmes distillées,
pour l’eau de fleur d’oranger,
le venin de la distance,
pour une pensée , que je te dédie…

RC – janv 2016


Yves Heurté – Magdala – 11


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peinture:  El Greco – Marie-Madeleine  en pénitence

 

La sentinelle se moquait :
« Ton amant couche au Golgotha.
Ne le réveille pas ».

Joie de nos guerres parfumées
plaisir de l’âme en tous les sens
montez à son calvaire !
Que sa souffrance saigne
à l’ivresse des souvenirs.

Ne m’oublie pas.
Toute beauté du monde
intacte est dans mes bras.


Salah Al Hamdani – Centré


 

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À genoux
Oui
à genoux dans la cruauté calme du jour
et cette absurdité sans limite
Marche, marche pauvre type
jusqu’à l’extrémité de l’ombre
et rejoins tes rêves
ensevelis sous la lenteur ridicule de leurs nuits

Laisse tes souvenirs à la traîne
l’éblouissement d’un quai désert
et au-delà
emprunte la courbe de ton exil

La gloire du couchant est là
sans écho
esseulée sur le lit de l’étranger
comme un appel de la falaise  .

 

 

( extrait du recueil  –   « Rebâtir les jours «   : ed Br Doucey )


Bassam Hajjar – maisons pas encore achevées


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Maisons improvisées dans l’étendue vide
pas encore achevées
et vides encore
d’ habitants.

Mais elles sont, depuis le commencement, habitées par le personnage
des souvenirs.

(  Comme s’il n’y avait pas de mur et qu’avec cela, malgré cela,
on y ouvrait une porte.        Comme s’il n’y avait pas de père, de
mère, d’enfants, et qu’avec cela, malgré cela, il y avait des
lits, des vases, des livres et une table.            Comme s’il n’y avait pas
de salle de séjour et qu’avec cela, malgré cela, il y avait des
canapés, une table basse, une lampe, une télévision, des tiroirs
pour le papier à lettres, les journaux intimes,

les numéros de téléphone, les adresses postales, la note de l’épicier, la facture d’électricité, la boîte d’aspirine, les stylos à encre, les crayons à papier, le livret de famille, le vieux passeport, la boîte de dragées et la vieille montre, la boucle d’oreille qui reste en
attendant de retrouver l’autre, le carnet, beaucoup de clés,
dispersées ou reliées par un anneau et personne ne se souvient
maintenant si elles ouvraient des portes et où sont ces
portes…)

 

extrait de  «  Tu me survivras – « 


Birago Diop – Sagesse


Bela Kadar - 21.jpg

peinture:  Bela Kadar

 

 

Sans souvenirs, sans désirs et sans haine

Je  retournerai au pays,

Dans les grandes nuits, dans leur chaude haleine

Enterrer tous mes tourments vieillis.

Sans souvenirs, sans désirs et sans haine.

 

Je rassemblerai les lambeaux qui restent

De ce que j’appelais jadis mon cœur

Mon cœur qu’a meurtri chacun de vos gestes ;

Et si tout n’est pas mort de sa douleur

J’en rassemblerai les lambeaux qui restent.

 

Dans le murmure infini de l’aurore

Au gré de ses quatre Vents, alentour

Je jetterai tout ce qui me dévore,

Puis, sans rêves, je dormirai – toujours –

Dans le murmure infini de l’aurore  .


Paul Bergèse – Au gré des galets


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Au repos de la plage
les galets apaisés
tendent leurs joues
à la caresse de la vague.

Couleurs soleil ,
les galets du Verdon,
portent encor des odeurs
des goûts et des musiques.
Souvenirs d’enfance.

Neige, vent, pluie, soleil ,
torrent , rivière et plage.
Combien de souvenirs
dans la vie du galet ?
Mais son visage lisse
est toujours impassible.

Une aventure vibre
au profond du galet.
Musique de fontaine
où s’abreuve un poème.

 

et avec un lien sur ce texte  écrit  en,  2014


Marina Tsvetaieva – mon autographe dans la figure


texte extrait   des  « écrits de Vanves »

 

photographe non identifié

                           photographe non identifié

Partis nulle part, ni toi ni moi

Perdues pour nous toutes les plages.

Propriétaires d’un sou, été brûlant,

Pas dans nos prix les océans,

De la misère – goût toujours sec,            

Tourne la croûte sèche dans la bouche,            

Plat – bord de l’eau, mangé l’été !            

Espace de pauvres, poches retournées.

Anthropophages de Paris

Replets, joufflus, panse luisante

Vous tous, mangeurs de poésie,

Ripailles de graisse, un franc l’entrée

Et pour la bouche, lotions-poèmes,            

Refrains, sonates et versets,            

Voûtes célestes, fronts étoiles.            

Eau de toilette – le chant aux lèvres.  

Mangé l’été, Paris !          Plages sèches !

Pour vous – soyez maudits

Pour vous la honte ! Recevez

Mon autographe dans la figure :

De mes cinq sens – cinq doigts signant,

Meilleurs souvenirs, bons sentiments.

 

 

(Paris- La Favière 1932-1935.)


Bill Herbert – Ghost


 

***


Fantôme
(Variation sur un thème par Matthew Sweeney)

Le fantôme qui ne connaît pas son chemin mais doit rentrer chez lui
trébuche dans le désert en traversant le jour
et cherche par des cols, dans le noir.
Il rassemble des cailloux comme des cartes pour repérer son passage
de l’autre côté de la grande steppe en hiver.
Il s’immerge lui-même dans des lacs pour ressentir
ce que ressentent les racines des bouleaux, il s’assied
dans le corps des moutons et des chèvres
dont le sang ne peut stopper le froid.
Il voyage de moustique en moustique dans
l’air gras de l’été,
il s’enveloppe dans les écorces tombées des arbres
comme le texte dans un livre pourri.
Il ne connaît que le Nord et du coup
il peut voyager dans la mauvaise direction pendant des mois.
Parfois il pense reconnaître l’aspect d’un peuplier
alors une grande terreur descend.
Il s’allonge avec les asticots et les excréments sous
une rangée de toilettes dans la Ville Couteau.
Il se souvient des visages vus sans avoir su que c’était pour
la dernière fois. Les souvenirs ont diminué
et doivent être comptés l’un après l’autre comme des perles :
le cliquet dans la gorge de la vieille femme,
l’odeur du papier journal bon marché dans
un aéroport maintenant sans nom,
la main qui tire nerveusement un rideau,
la pupille noire de l’enfant qui bat.

 

 

Ghost
(Variation on a theme by Matthew Sweeney)

The ghost which doesn’t know its way but must get home
stumbles in the desert through the day
and searches through the passes in the dark.
It gathers pebbles into maps to guess at its passage
across the great steppe in winter.
It immerses itself in lakes to feel
what the birch roots feel, it sits
in the bodies of sheep and goats
whose blood can’t halt the chill.
It travels from mosquito to mosquito in
the fat summer air,
it wraps itself up in fallen trees’ bark
like the text in a rotten book.
It only knows North and consequently
may be travelling in the wrong direction for months.
Sometimes it thinks it recognises
a configuration of poplars
and a great dread descends.
It lies with the maggots and the excrement beneath
a row of toilet stalls in Knife City.
It remembers faces seen with no thought that this was for
the last time. Memories are diminished
and must be counted out like beads:
the ratchet in the old woman’s throat,
the smell of cheap newsprint in
a now nameless airport,
the hand nervously gathering a curtain,
the baby’s black button blink.

 

 

traduction  Roselyne Sibille


L’inonde – ( RC )


 

 

C’est se situer au bord de la rive,
Et poser son regard, là où il le peut
On ne sait plus où,              (  ou  bien si peu )
Tant bien , lentement , qu’ il dérive.

Le sol est comme un éponge,
Va-t-il aussi se diluer,
Rétrécir et diminuer,
Ainsi on sait que l’acide ronge

Les métaux les plus lisses …
Abandonnant leur netteté,
Leur carapace de dureté,
En montrant leurs cicatrices…

Le ciel se confond,
Avec la surface liquide,
Et se dévoie en rides,
Menaces et affronts.

Un saule pleure et se désole,
Cherchant consolation dans des reflets,
Brisés, ceux d’une lune couleur de lait,
Suspendue dans du formol.

Les terres partagées,
Aux lèvres sales,
Déglutissent et avalent,
Ce qu’il reste de zones émergées.

Si j’ose m’aventurer,
A pas prudents,
Je progresse si lentement
Que j’oublie la durée.

Voila un banc de sable,
Et quelques herbes humides,
Me servant de guide,
–   Si j’en suis capable.

Avec de l’eau jusqu’à la taille,
Je soulève au-dessous,
Des nuées de boue,
Malgré la rocaille ;

Que reste -t-il à dire ?
Bien peu de choses,
D’une étendue morose
Lente coulée  des souvenirs,

Et celui du chemin,
Celui de l’espoir,
Enseveli sous la mémoire,
D’un autre destin…

Ici, rien à la ronde,
Quelques poissons au ventre blanc
Les yeux morts, et répandant
Une odeur nauséabonde ;

Les flots passant par-dessus les dunes
Ont aussi emporté
Quantité de bois flotté,
Enchevêtrés sur l’eau brune.

On pourrait rire
Et aussi – ( à propos -,  dire  : ),
S’il faut périr un soir
Ce n’est pas la mer à boire…

Car ce n’est pas la mer,
Le cortège de la nuit,
Cette eau de suie,
Etale comme un suaire.

RC – janvier 2014


Alejandra Pizarnik – nuit


peinture:Edw  Munch  fille  à la fenêtre 1893

peinture:            Edw Munch fille à la fenêtre 1893

 

 

 

NUIT

Je sais peu de choses de la nuit

mais la nuit semble me connaître,
et même plus , m’aide comme je le voulais,
l’existence me couvrant avec ses étoiles.

Peut-être que la vie est la nuit et le soleil , la mort.

Peut-être la nuit n’est rien

On peut tout supposer
et les êtres qui vivent nulle part.

Peut-être les mots sont tous là
dans le vaste vide des âges
nous rayant l’âme des souvenirs.

Mais la nuit , a savoir la misère
Qui boit notre sang versé et nos idées.
Elle doit haïr nos yeux
Les sachant pleins d’intérêts, de malentendus.

Mais il arrive que j’entends le deuil de la nuit dans mes os.
Leurs immenses délires de larmes
et des cris ,disant,que quelque chose s’en est allé pour toujours.

Sans jamais de retour.

 

LA NOCHE

Poco sé de la noche

pero la noche parece saber de mí,
y más aún, me asiste como si me quisiera,
me cubre la existencia con sus estrellas.

Tal vez la noche sea la vida y el sol la muerte.

Tal vez la noche es nada

y las conjeturas sobre ella nada
y los seres que la viven nada. Tal vez las palabras sean lo único que existe
en el enorme vacío de los siglos
que nos arañan el alma con sus recuerdos.

Pero la noche ha de conocer la miseria
que bebe de nuestra sangre y de nuestras ideas.
Ella debe arrojar odio a nuestras miradas
sabiéndolas llenas de intereses, de desencuentros.

Pero sucede que oigo a la noche llorar en mis huesos.
Su lágrima inmensa delira
y grita que algo se fue para siempre.

Alguna vez volveremos a ser.

 

 


Eric Dubois – entrelacs


peinture:                 Larry Rivers                      the last civil war veteran

ENTRELACS

Tu as fait                    Des bains de mémoire                       Dans les souvenirs
Tu t’es noyé              Imperceptiblement                             Dans les non-dits
Tu as perdu              Des amis            Tu as glissé               Dans les entrelacs
Désormais le présent                    S’octroie une pause                   & le passé

Temporise      tes excès            Dans les non-dits        Tu pars à leur recherche
tu partages tes repas       avec des absents     tu bois à la santé d’inconnus
tu parles à des doubles     qui n’en sont pas        Tu as glissé

Dans les entrelacs    Désormais le présent     S’octroie une pause & le passé

Temporise        tes excès       qui n’en sont pas
Des bains de mémoire          Tu en as les séquelles      Des souvenirs
Tu n’en gardes que                                                            La quintessence
Sur les non-dits              Tu gardes les distances        Des souvenirs
Des amis                Désespérément             Tu pars à leur recherche
Tu as glissé          Dans les entrelacs

 

Extraits de «Estuaires»                                  éditions Hélices collection Poètes ensemble

© Hélices éditions    http://helices.fr

 

 

 

 

 

 

 

 


Orhan Pamuk – peinture, vision, souvenirs


 

peinture:                           Georges de La Tour:                   Marie Madeleine à la veilleuse, vers 1640

 

 

 

« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu

Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit »

 

 

                               Orhan Pamuk

 


Michel Leiris – transmutation


 

 

 

Transmutation

Au creuset de ma tête
où kilos et kilos de souvenirs
font un bruit de feuilles sèches,
dès que ta forme jaillit
je sens couler de l’or.

(Michel Leiris)

 

 

 


Cribas: Fausse signature…(J.I 35)


A la pêche aux  anciens  écrits  de Cribas…  j’ai  remonté des profondeurs..

Cribas: Fausse signature…(J.I 35)

Par Cribas le dimanche 17 décembre 2006, 19:04 – Cribas 2006Lien permanent

 

photo: Lars Tunbjork Nepal 1996

L’incursion de mon existence, en pleine vie, ce n’est pas une mince affaire.

Et pourtant…

Je supporte plus facilement ma plume lorsqu’elle est en vie, que ma vie qui me vole dans les plumes.

Je me moque de la vie, et de sa poésie contestable, c’est à n’y plus rien comprendre !

D’ailleurs, je n’ai jamais rien compris !

Je me suis donné, comme un don !

J’aime bien l’automne et ses vitres troublées.

J’aime bien la ramener, ma grande gueule pour pas un rond.

J’aime les tains sordides sur mes doubles fonds.

J’aime les couleurs

En l’occurrence sur mes réseaux.

J’aime être à fleur

J’aime courir après mon souriceau.

J’ai des idées noires

Sur mon tableau blanc

Et j’efface tous mes souvenirs

Avec la craie chaque soir

Je me vérifie

En hurlant que j’écris pour l’à venir.

L’incursion de mon existence

Inversée dans le fond

A l’extérieur sur mon tableau noir.

Moi je sais monsieur

Je calcule avec un bandeau sur les yeux

Les plus-values de ma destination.

Mourir ?

Même pas peur !

Je vis ma rancœur

Insipide dans le pire !

Et je prends des rides

Et mon visage sa vigueur,

Ma sale gueule à la rigueur

Mais toujours mon regard moins vide !

L’excursion de mes insistances

Ouvre ma fenêtre en brisant les vitres

Du cœur sordide de mes nonchalances.

Non sans résistance

Sur mon tableau blanc

J’ai encore mes idées noires…

J’aime bien vivre en hiver

Pleurer dans le silence

Et à double tour.

J’aime bien vivre en enfer.

Et dans l’insignifiance

Insulter encore ma mère !

Je montre du doigt

Toutes mes petites colères

Et ça se voit

Sur le train-train de mes radiateurs

Ça se règle ça se ressent

Mon besoin de chaleur.

Il fait « trop » bon chez moi

Comme à la maison dis

Moi que tu même…

Et je tenterais avec « mais si »

De te rendre la pareille !

J’entends les cloches de mon village

Et les sirènes sur ma ville

J’ai un peu perdu le surnom de mon gage

Et l’innocent règne sur mes sourcils.

J’ai le regard amorphe

Mon tableau blanc

Et mes idées noires dans le coffre

Je fonce à la même vitesse

Que les fausses signatures fières

Tendues solitaires, à ma maîtresse.

J’aime bien vivre en enfer !

Mais je prends des rides

Et mon visage sa rigueur !

Dans le grand froid

Des sudations de mes peurs…

 


Marina TSVETAIEVA – A Alia


 

 

 

montage perso ( avec l'aide je crois d'une publicité pour une banque)

 

Toujours  extrait de l’anthologie  des  « inédits de Vanves »,  de MARINA TSVETAIEVA

———–

À Alia*

 

Un jour, ô ma gracieuse créature,

Je deviendrai pour toi un souvenir,

Perdu dans tes yeux bleus, au loin

De ta mémoire, dans le lointain.

Tu oublieras : et mon profil au nez busqué,

Et mon front couronné de fumée,

Mon rire importun et fréquent

Ma main calleuse aux bagues d’argent,

Notre logis d’amant, notre grenier cabine,

De mes papiers la confusion divine,

L’année terrible : malheurs et liesse

De ton enfance, de ma jeunesse.

 

(Moscou 1919, sa fille Ariadna allait avoir huit ans.)