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Vitrines de Noël – ( RC )


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>         Quelques jours avant,
un peu de neige souffreteuse,
en petits tas tristes et gris,
sur les trottoirs de la ville    .

On peut ouvrir les portes,
du calendrier de l’avent,
négliger le froid mordant,
pour se promener          pourtant

Mais rester au-dehors,
devant les vitrines,
au décor clinquant,
lumières et paillettes,

Pyramides de cadeaux,
soigneusement enveloppés,
se mirant,
sous les spots électriques,

Angora et soie,
des beaux quartiers,
habits coûteux ,
et mannequins radieux.

C’est une fête avant Noël,
celle du commerce,
où se pavanent
de riches clients .

On peut admirer,
les étals de foie gras ,
pâtisseries ouvragées,
et montagnes chocolatées…

Tu as le droit
de lécher les vitrines,
mais sans avoir rien, à se mettre
sous la dent ,        … que le vent.

RC – dec 2017


Sous les spots électriques ( RC)


photo :       Andreas Gursky

Sous les spots électriques,

Trône, quelque part, invisible,

Le gardien des lieux,

Veillant au parcours fléché,

Du trajet sans surprise,

Des consommateurs,

Où les seules idoles,

Parées de pancartes voyantes,

Indiquent les arrivages massifs,

Les nouveaux produits,

Bonnes affaires et promotions,

En tête de gondoles.

De ces gondoles aux flots tristes,

En allées rectilignes,

Rien de rappelle Venise,

Ses fastes et ses misères,

Ni les eaux des canaux,

Se mirant dans les cristaux.

On trouve bien parfois , reconstituées,

Des images, qui parlent voyages,

Et autre rivages,

Des colonnes en béton,

Et quelques statues copiées,

Evoquant l’antique.

Mais c’est pour le décor…

Créer une ambiance sympa,

Mettant au second plan,

Les cliquetis des caisses enregistreuses,

( D’ailleurs,  on va le changer bientôt,

On s’approche des fêtes de fin d’année ) .

C’est juste à côté d’un espace

Où un vendeur, micro à la main,

Vante les mérites d’une auto,

La voiture est blanche ,

Et montée sur une estrade,

Elle tourne lentement, sous des banderoles jaunes.

Des palmiers dans leurs pots,

Sous la coupole en verre,

De la galerie marchande,

Voisinent la succursale d’une banque,

Une enseigne de chaussures,

Et une pharmacie.

Sur le sol de marbre,

Et aux allées larges,

Des personnes pressées,

Poussent leurs emplettes

Dans des chariots identiques,

Vers le grand parking.

Les gens doivent trouver bizarre,

Que je sois assis là,

Sur un banc en plastique,

Le stylo qui bave, à écrire tout ça,

Au moins je suis à l’abri,

Dans l’hypermarché.

Je n’ai pas assez d’argent sur moi,

Pour m’acheter, un papapluie.

A la cérémonie du temps perdu
Il y a si peu de nuages à vivre
Et désormais le soleil

Est dans l’instant *

 

* ces 4 lignes extraites de L’exigence du feu, d’Antoine Carrot, 

RC- septembre 2013