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une rivière qui palpite et respire – ( RC )


photo: R Constantin - 2011

photo:          R Constantin – 2011

Il y a des creux dans l’eau.

Des collines s’y précipitent et tourbillonnent .

Avec des feuilles et des brindilles arrachées,

Un peu plus en amont.

 

Toujours au même endroit, bordés d’écume .

On suppose que leur contour,     mal défini ,

Correspond, plus bas, à des rochers cachés,

Entre lesquels      rôdent      des truites .

 

Le chemin de l’eau se poursuit ainsi,

En plages profondes, où les saules se regardent,

Offertes à la caresse du vent,

Confondant les reflets et le frissonnement du jour .

C’est une chanson d’un jour de printemps,

Au murmure liquide, qui a oublié,

La furie des eaux boueuses,

Où des troncs furent emportés :

 

L’enchevêtrement inextricable de végétaux,

Parfois suspendus à grandes hauteurs,

Comme        des vêtements de misère,

Habillant encore des branches.

 

La rivière palpite, s’enfle ou se dégonfle,

Au gré du menu des saisons,

Ainsi le corps vivant,       qui respire

Pouvant rugir ou se taire.

L’été de sécheresse, la réduisant

A quelques bras         maigres,

Serpentant entre les pierres,

Comme si on en voyait le squelette.

 

L’étendue du minéral ,     mis à nu

Et le volume des blocs empilés,

Laisse présager la puissance du courant,

Un instant suspendu,             à titre provisoire .

 

Car au loin fleurissent des cumulus,

Qui pourraient bien, s’ils se déversent,

Donner au cours , un tout autre aspect,

Et marquer la fin du sursis.

RC – mai 2015

photo : Stephen Penland


Le temps a du sursis – ( RC )


photo perso: nénufars  du lac Tendrela - Burkina Faso, région de banfora

photo perso:                nénufars du lac Tengrela –             Burkina Faso, région de Banfora

Le temps a du sursis
C’est lui qui m’a surpris.
Je suis venu te lire
Avant que les pages ne se déchirent.

A me glisser sous l’écharpe
De tes lignes, j’attrape,
Un morceau de coeur en mots
Dont je me fais proche écho.

En redoublant d’efforts
… Autres horizons, autres décors
Pour Bd’ s et phylactères
Partager semblables repères

Aux parfums de fête
Qui t’ont tourné la tête
Que dire de l’intime ?
D’une vie qui s’anime…

J’entrecroise mes lignes
Aux tiennes,   nouvelles rimes.
Réconciliées aux lendemains
J’entrecroise les doigts des mains.

Et partage le reflet
mouvant des fées
Dans un lac au repos
Ondulant, sans crapauds

Au silence limpide
D’étendue liquide
Parfums, phrases d’amour
De tous tes mots autour.

RC  –   janvier 2012,     modifié  15 janvier 2013