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Adriana Mayrinck – Rideau de fumée


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photo Dielucie

 

 

Dans la fente qui répand la lumière

Je ne trouve pas ton reflet
Dans le rideau de fumée
Qui nous sépare
Infranchissable
Je ne peux pas t’atteindre
À quel moment j’ai perdu le raccourci
Quel mot mal dit
T’a fait taire
Insomnie..
Je traverse le désert de l’aube
Dans la solitude accompagnée de ton souffle.

traduit du brésilien:

texte  original:

Cortina de fumaça

Na fresta que espalha luz
Não encontro teu reflexo
Na cortina de fumaça
Que nos separa
Instransponível
Não consigo te alcançar
Em que momento perdi o atalho
Que palavra mal dita
Te fez calar
Insone
Atravesso o deserto da madrugada
Na solidão acompanhada pelo teu respirar.

 


Ahmed Mehaoudi – entre nous


art: auteur non identifié

art: auteur non identifié

 

parfois

il y a des fois

j’ai l’air de sortir des égouts

rien de blanc à servir

ou me taire

ai-je su me taire un jour

 

il paraît

que se taire

est le privilège des rentiers

avoir l’or

comme divinité

les amis comme pantins

et les pâquerettes pour cirer ses pompes

 

moi pauvre bavard

à me planter a chaque éclaircie

suis-je rentier

à jeter mes mots par les fenêtres

en être tremper à l’os

les plier comme une torche

allumer en joie

le feu de l’ermite

 

parfois

il y a des fois

j’en veux à mes yeux

de ne pas voir

où remplir mes poches

 

il paraît

que le siècle est passé

pour changer le monde…

 


Ara Babaian – des visages apparaissent dans la nuit comme une prière


poésie  arménienne: Ara Babaian:  dont  j’ai  légèrement modifié  la traduction pour mieux l’adapter  – selon moi –  au sens

Cliquer pour écouter le clip audio de visages apparaissent dans la nuit comme une prière lue par Lola Koundakjian.

peinture  Ake Göransson

peinture Ake Göransson

 

 

La nuit des visages viennent

aux apparences de prières
avec des hymnes à leur front
et comme, les rivières, avant,
comme la terre,
notre siècle
les noie, les insère aux pages
d’histoire qu’on ne lit jamais
Avril résonne de printemps
du son des flutes sur la grève
je ne peux pas enterrer
le passé qu’on a fait taire
alors j’écris chaque printemps
lorsque les fleurs
perdent leur sang
Ara Babaian
traduit par Sylvie M. Miller