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Armand Robin – vieille communiste


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XII

Une femme pas vieille, Mais vieille communiste,
Étendit les bras, cria :
—    Arrachez-moi du corps les haillons du dogme!

Revêtez-moi d’un manteau tout simple !
Elle s’est réveillée, couverte de plaies
Et comme stigmatisée :
Le sang que dans les geôles versent
Ceux qu’assassinent les messieurs des bureaux
Perlait sur ses tempes.
XIII
Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Le communiste ne meurt pas !
Mais il n’est pas encore arrivé qu’un homme ne meure pas

Et plus l’homme a de la valeur,

Plus grande est pour lui la douleur.

Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Dans le socialisme.
Un doigt blessé ne fait pas mal.
Ils se sont blessé un doigt, Ils ont eu mal, Ils ont douté…


Esther Tellermann – Terre exacte


photo: la faille de Djobouti

 

Lieu là
tenu à la lèvre
suffoque
dans l’image
non franchie
dans l’appel

écorcé

Qui t’éprouve à l’arête
d’un point de l’incendie ?
Pour nous ne reste
dans le milieu du rayon
ou du plus léger
sur l’autre rive où
se ramifia
la suture ?

Qui déchire
qui rejoint qui
clôt la prunelle qui
engage le cercle non
rien
n’assemble
en surplomb
des chocs de la lumière
rien ni
clavier
mais précipite
le point douloureux
près des tempes

ce que nous sommes.


Thomas Pontillo – Dans la nuit ( extrait de Incantations )


gravure: Jean Bilquin

gravure: Jean Bilquin

Dans la nuit qu’aucun passant n’arraisonne,
vivre est déjà un chien errant,
parmi les roses de la colère
quelques visages s’ouvrent à l’éblouissant chaos.

Dans la nuit qu’aucun mot n’interroge,
j’entends mes jardins d’enfance écarter l’hiver de leurs branches,
mais où vont nos amis perdus,
vers quelles contrées, pour quel tourment ?

Dans la nuit qu’aucun arbre ne console
il y a un homme agenouillé dans ses paroles,
il mêle le passé au présent et c’est toujours
le même orage à ses tempes.


Blas de Otero – Vertige


photo David Julian

VERTIGE

Désolation et vertige s’unissent.
On dirait que nous allons tomber,
Qu’on nous étouffe par dedans. Nous nous sentons

Seuls, et notre ombre sur le mur
n’est pas la nôtre, c’est une ombre qui ne sait pas,
qui ne peut se rappeler à qui elle appartient.

Désolation et vertige se rassemblent
dans notre poitrine, s’échappent comme un poisson,
on dirait que notre sang dérape,
nous sentons que nos pieds vacillent.

Le vent souffle empli de souvenirs
et au fond de l’âme son va-et-vient nous fait mal,
nous apercevons des mers bleues,
dans l’infini brouillard de l’hier.
Désolation et vertige se fourrent
dans nos yeux et nous empêchent de voir.
Un mouchoir dans le vent vole égaré,

qui vient et s’en va, comme un bout de papier,
et tes mains le lavent avec les larmes
que nos yeux y ont versé.

Désolation et vertige s’unissent.
On dirait que nous allons tomber,
qu’on nous étouffe par dedans.

Nous restons
à regarder fixement le mur,
pleurer nous ne pouvons et nous restent
les larmes amoncelées, en travers,

nous nous bouchons les yeux de nos mains,
nous pressons nos doigts sur nos tempes,
nous entendons qu’on nous appelle au loin,
nous ne savons d’où, ni pourquoi…

VÉRTIGO

Desolación y vértigo se juntan.
Parece que nos vamos a caer.
que nos ahogan por dentro. Nos sentimos
solos, y nuestra sombra en la pared
no es nuestra, es una sombra que no sabe,
que no puede acordarse de quién es.

Desolación y vértigo se agolpan
en el pecho, se escurren como un pez,
parece que patina nuestra sangre,
sentimos que vacilan nuestros pies.

El aire viene lleno de recuerdos
y nos duele en el alma su vaivén,
divisamos azules mares, dentro
de la niebla infinita del ayer.

Desolación y vértigo se meten
por los ojos y no nos dejan ver.
Un pañuelo en el viento anda perdido,
Que viene y va, como un trozo de papel,
y lo lavan tus manos con las lágrimas
que nuestros ojos han vertido en él.
Desolación y vértigo se juntan
Parece que nos vamos a caer,
que nos ahogan por dentro. Nos quedamos

mirando fijamente a la pared,
no podemos llorar y se nos queda
el llanto amontonado, de través,

nos tapamos los ojos con las manos,
apretamos los dedos en la sien,
-sentimos que nos llaman desde lejos,*-
no sabemos de dónde, para qué…