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En-jeux ( RC )


gravure:  Otto Dix         Les joueurs de carte, 1920, , gravure N°4 sur 11.

 

 

 

 

 

A battre le carton,

Celui-là, protégé par les dieux,

Fera des envieux…

«  Et qui c’est, le patron ? »

 

Les valets défilent,

Roi,          et as de carreau,

Ou bien     cartes de tarot,

Entre les doigts habiles,

 

Les piliers de hantise

Disent une histoire contée,

Dont je n’ai pas les clefs…

Penchent comme tour de Pise,

 

Je me vois comme Alice,

Face à la dame de pique,

Sévère et mélancolique.

Au destin          qui se plisse,

 

Au gré de ces figures ,

Brûlant du trèfle ou du cœur,

Sous les mains des joueurs

Défilent les augures,

 

D’une aventure noire,

Les défis se lancent,

A étaler la  puissance,

Aux prises de pouvoir.

 

Remplaçons les jeux

Par d’autres, géographiques,

Aux frontières politiques,

Etendus d’autres  en-jeux

 

Jouer de l’arnaque,

Pour découper la  plus belle part de gâteau

Aidé de fusils, chars,et couteaux

S’il faut passer à l’attaque…

 

Appétits aiguisés,

Chacun étend son territoire,

Des pays de l’or noir,

Aux châteaux des destins croisés.

 

1944 Noguchi Chess Set; Julian Levy is playing

Noguchi Chess Set;    1944

Ou bien, sur un plateau d’échecs,

Où s’échangent les influences,

En toute indépendance

( Et qui sort son carnet de chèques ? )

 

A travers la planète,

C’est un drôle de tournoi,

Où bataille l’argent roi…

Trop beau pour être honnête.

 

Qu’on se le dise,

>      Aux jeux des puissants,

Décompte des mille et des sangs, …..

C’est de notre vie, la mise.

 

– RC  – 8 juillet   et 18 juillet 2013

 

Ce texte  fait référence  au livre  d’Italo Calvino,  « le  château  des destins  croisés »,

mais  est aussi inspiré  par  le poème  de Jules  Supervielle « les figures »  de  Les amis inconnus – 1934


Monuments d’un quotidien – ( RC )


 

Aux monuments du quotidien,

Ceux qu’on transforme en statues,

Moulés dans le métal

Les monuments aux morts

Sont aux villages, un décor banal .

Tant sont partout, les monuments de fonte

Qui nous parlent d’honneur – ou de honte

D’un peuple livré à tous les abus

Entouré, maintenant d’effigies d’obus

– Longues listes gravées dans le marbre…

 

Que sait-on de l’honneur?

Des hommes engloutis dans les tranchées

– les soldats inconnus, ne sont plus –

 

  • Que sait-on encore, de l’horreur

De ce qu’ils ont vécu ?

 

A poursuivre un vide

A combler peut-être dans d’autres vies,

On peut remplir les manuels

Ou, mieux, creuser avec des pelles,

Pour ce qui fait l’histoire..

On a presque oublié

Le pourquoi du comment,

La conquète du territoire,

Et les périodes noires,

Quand disparaît, le dernier témoin…

 

RC  – 9 février  2013

 


Roland Dauxois: vous ne supportez pas cette ombre dans vos jours


vous ne supportez pas cette ombre dans vos jours


un texte de Roland Dauxois

Vous ne supportez pas l’ombre

vous ne supportez pas
cette ombre dans vos jours,

vous n’avez plus de jour en vous,
vos nuits se prolongent
étendent leurs territoires glacés,
votre tête est devenue fenêtre
mais les volets restent obstinéments clos
et peu à peu
tout votre être s’est mis à détester cette fenêtre
qui ne mérite plus son nom,
cette issue qui n’en est plus une.