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Paul Gravillon – un feu d’artifice suspendu


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Un feu d’artifice suspendu
s’enfonce dans le passé de la nuit
et l’illumine

Il jette des pièces d’argent
qui ont toutes les couleurs de la nacre
tous les mariages de la nuit et du jour
auxquels font contrepoint les basses
des mains entr’ouvertes
aux gris diaphanes
et des doigts demi joints
aux velours mauve

les bois s’estompent
à la lisière du soir
et tu t’avances
derrière ton masque de dentelles
froissées
ton œil pervenche
ta joue ambrée
ta moiteur crépusculaire

deux gouttes blanches
jaillissent de ton bouquet de plumes
des chauves-souris aux cris orange
fixées dans le vol
par le cerf-volant mordoré de leur beauté
déchirent un duvet rosé
leur élan vert
zigzague derrière elles

comme les veines du ciel
et de ton ventre
un doux tourbillon de papillons
saumon et pourpre
palpite
dans la transparence marine
où je m’enfonce

 

P G


Denis Scheubel – sillons


 

 

– De quoi abreuve-t-on ces sillons

Qui ressemblent tant aux anneaux

D’un saturne noir.  De tous

Les  excès de l’exagération des défauts ?

Avec des montagnes  d’hypnose que

Le diamant déchiffre

Tourne encore, c’est la direction

De l’infini.

 

extrait  du recueil de D Scheubel : about  rock, sex,and  cities


Camille Loty Malebranche – Désenchantement


peinture: Franz Kline: De Medici 1956

peinture: Franz Kline:         De Medici 1956

Désenchantement

Je me suis réveillé
Au cœur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégné de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels

Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages

Je me suis réveillé
Au cœur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.

Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines

Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte
De l’homme, phylum de nains, d’avortons
Hibernent les étoiles, soleils scalpés ;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos œuvres, accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain

Ah ! Voûtes géantes, spectrales de nos actes ! Charnier homicide de l’action !

L’espace ne brille
Que des ténèbres humaines ;
Et la vie et le souffle – hymne christique
Profanés par nos fronts cogitants

Champs arides, xérophiles des balourds
Ignorent l’esprit, immanente semence
Poussent des mutants où l’ivraie des ivresses criminelles s’abreuvent d’Âme et de Sang !

Ô ! Malheureuses épines des noires mémoires !
Des moires !
Que de visages de parque
Au miroir atomisé des virages
A l’image brisée des ombres !
Ah ! Geignent les faces fragmentées
Du temps et de l’absence !


Katica Kulavkova – Le milan et l’ombre


 

 

Dans le ciel d’été le milan vole
sous la calligraphie illisible du zodiaque
en cercles d’abord vastes et heurtés
comme d’inavouables pensées
puis toujours plus serrés, obsessionnels
il s’attarde au dessus du fond natal
même si tout le reste continue à tourner
autour de son axe invisible.

L’ombre du milan tombe circulairement
sur la Terre d’où surgissent les eaux
comme des amours interdites
et l’homme se soumet à la soif
quand bien même il n’ose l’avouer.

L’ombre-écho résonne en rêve
mil-an, mille ans de mémoire…

Songe au moment où elle t’avait ébloui.
lorsqu’elle avait rebondi inaudiblement contre le ciel
fidèle au milan et à l’incommensurable
et tu l’éprouvais comme venant de partout
sans la trouver nulle part.

Rappelle-toi cet instant non terrestre.
Si l’infidélité devait commencer
le mirage égoïste
la scission de l’âme d’avec la forme
si la mémoire libérait son tourbillon démoniaque
tel un fantôme se logerait en toi
l’oiseau qui s’assoupit sur la croix de l’infini
loin du fond auquel nous rive la vanité
comme à la vie.

Tu quêtes éternellement sur terre
ce qui se passe au ciel.
La forme disparue, l’homme perdu
survole ton esprit
tu tournes ravie et inconsolable
et ton ombre se dessine si près
que la distance te manque
pour t’approcher de toi-même
et replier tes ailes !

 

à voir  sur le site  « recours au poème »...

 

 


Café noir – ( RC )


photo: Giacomelli – Lucio Fontana

 

 

Le café tinte plus noir  qu’un prêtre,

La soutane donne une corolle sombre,

Sur la place,     les pavés blancs ordonnés

Se déplace,  l’envolée noire

( c’est un homme)

sur le parvis  d’une  église

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les pigeons noirs sont ses fidèles,

D’ailleurs,  s’il les nourrit, comme Saint-François

la messe pourrait être dite dehors

–  le temps  s’y prête –

( nonchalant )

Déjà, les  vélos sont de sortie,

Et de grosses autos noires.

C’est un matin à Catane,

ou un village  de Sicile…

La panetteria vient  d’ouvrir,

La manivelle et le rideau de tôle

dont le bruit répond aux cloches.

Le tourbillon du café dans ma tasse

Répond à sa cuiller,

Hommes portent chapeaux,

Femmes forment silhouettes,

Et s’affairent en noir,

Un ciel limpide  s’étire

Et prépare la journée,

Dans ma bouche, le souvenir serré

Du café du matin,

Et des photos de Mario…

Je repose ma tasse.

 

RC       –      8 septembre 2012   ( à partir  de « lecture » de photos  de Mario Giacomelli )

 

 

photographie: Mario Giacomelli


Suivant les points de suspension (RC)


photo: coucher de soleil sur le Pacifique archives NASA


…… Suivent les points de suspension , tout s’exaspère et tourbillonne

Dans le bocal de l’univers, les atomes se contournent,

les galaxies se font tourbillon, et belles dans leurs robes d’étoiles…

De voies lactées en vraies laitances, la toile des possibles est encore à peindre,

la buée devenue eau sera-t-elle bue par celui ou celle qui veut la boire ?

.De cette eau, de ce lait tu t’en nourriras, tu enfanteras ce que tu n’avais même pas imaginé, tu écriras ce que nul autre n’a écrit,

.

Ce qui reste, est un vaste, ce qui reste sera pour toi !, —– ce sera toi !

Tu traverseras un espace sans limites, ce mondes des possibles, tu seras toi même univers…
tu l’es déjà… si tu te vois positive… (points de supension)..

RC  24 mai 2012  (  reprise  de juillet 2011)


Maria Luisa Spazian – mordre le temps comme le pain


installation naturelle: -------" âme de l'arbre"... glace travaillée

 

Je voudrais mordre le temps comme le pain.

Trouver une résistance, laisser l’empreinte de mes dents.

Avaler l’essence, sentir la nourriture

Qui doucement envahit le sang.

Mais, fleuve invisible, le temps s’écoule.

Il murmure à mes côtés. A portée de main

Il me passe un poisson-fable, une pépite d’or

Déjà réabsorbée par des tourbillons.

Maria Luisa Spazian

 

Andy Goldsworthy: trace sèche de corps après la pluie