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José Gorostiza – mort sans fin – extr 02


 

peinture:            Jim Dine:          sans titre  (1959 )          Brooklyn Museum of Art, New York, USA

 

I
Rempli de moi, assiégé dans mon épiderme
par un dieu qui me noie, insaisissable,
leurré peut-être
par sa radieuse ambiance de clartés
occultant ma conscience répandue,
mes ailes brisées en esquilles d’air,
mes pas qui, maladroits, tâtonnent dans la boue;
rempli de moi, repu, je me découvre
dans l’image étonnée de l’eau
qui est et seulement cahot immarcescible,
écroulement d’anges tombés
dans le délice intégral de son poids,
qui n’a rien d’autre
que son visage en blanc
à demi enfoncé, déjà, comme un rire qui meurt,
dans le tulle fin du nuage
et dans les funestes cantiques de la mer
— arriére-goût de sel ou blanc de cumulus
plus qu’une simple hâte d’écume traquée.
Pourtant — ô paradoxe! — contrainte
par la rigueur du verre qui la clarifie,
l’eau prend forme.
Y creusant ses assises, elle construit,
assume un âge de silences amer,
un doux repos de jeune morte,
souriante, que déflore
un au-delà d’oiseaux
en débandade.
Dans le filet de cristal, mailles qui l’étranglent,
ici, comme en l’eau d’un miroir,
elle se reconnaît;
enchaînée ici, goutte à goutte,
et dans la gorge, fané, son trope d’écume,
quelle nudité d’eau la plus intense,
quelle eau plus eau
rêve en son orbe tournesol,
chantant déjà une soif de gel équitable!
Mais quel verre — aussi — plus prudent
que celui-ci qui s’arrondit
comme une étoile en grain,
que celui-ci qui, pour une héroïque promission, s’allume
comme un sein habité par le bonheur
et offre à l’eau, ponctuel,
une éclatante fleur
de transparence,
un œil fusant vers les hauteurs
et une fenêtre aux cris lumineux
sur cette liberté incandescente
qui s’épuise au-dedans de candides prisons!

 

José Gorostiza (Mort sans fin)


Arthemisia- Le Jardin suspendu


La parole  chante aussi bien que l’âme et corps  chez  Arthie, dans une  de ses publications anciennes, que je me permets  d’accompagner  à mafaçon avec un de mes  peintres  « phare » Clyfford  Still-

qui a maintenant un musée  consacré  à son oeuvre  à Denver...

(grand peintre  expressioniste abstrait américain, dont je  conseille vraiment une vue  en « réel » ).

 

voir aussi le  bel article  sur l’expressionisme  abstrait sur http://ecoledeny.blogspot.com/

 

peinture; Clyfford Still

 

 

 

 
Toi qui parles les secret des couleurs de mes nuits
 
 Toi dont les doigts chantent le long sommeil qui fuit
 
 Toi qui sais les urgences de toutes mes galaxies
 
 Toi le naufrage, le vent et la mer en furie
 
 Toi la forêt des gestes d’une attente accomplie
 
 Toi qui habilles l’ombre jusque dans mes midis
 
 Toi le fieffé truand, le blouson noir, l’ami
 
 Toi qui violas la mort pour capturer la vie
 
 Toi le riche trésor d’un verbe qui jaillit
 
 Toi la caresse interne, le regard qui se dit
 
 Toi l’homme du présent que le temps me dénie
 
  
Je te cherche
Où es tu?
 
Ô toi mon tournesol, mon jardin suspendu…
 
Copyright © Arthémisia – février 2008
j’aurais  pu, vu les  dernières lignes, choisir Van Gogh,  mais  je sais  qu’Arthie aime particulièrement  les variations  d’orange