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Marina Tsvetaiëva – combien de tristesse noire gronde sous mes cheveux clairs


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Si vous saviez, passants, attirés
Par d’autres regards charmants
Que le mien, que de feu j’ai brûlé,
Que de vie j’ai vécu pour rien,

Que d’ardeur, que de fougue donnée
Pour une ombre soudaine ou un bruit…
Et mon cœur, vainement enflammé,
Dépeuplé, retombant en cendres.

ô, les trains s’envolant dans la nuit
Qui emportent nos rêves de gare…
Sauriez-vous tout cela, même alors,
Je le sais, vous ne pourriez savoir

Pourquoi ma parole est si brusque
Dans l’éternelle fumée de cigarette
Et combien de tristesse noire
Gronde sous mes cheveux clairs.
Koktebel, 17 mai 1913


Le rêve efface la logique ( RC )


peinture  Giorgio de Chirico

peinture    Giorgio de Chirico

Les trains  n’arrivent pas à l’heure
Au rebrousse-sommeil du dormeur
Ce sont les images  élastiques
Qui proposent leur ombre gratuite

Piquetées  d’étoiles folles,
Emballées, sans  frein, en course-poursuite
Au-dessus  des boules de pins-parasol
Flottant à quelque distance de la terre

Ouvrent leur grande bouche et leurs dents en or
A avaler le ciel et ses grands mystères
Le jour qui dépasse et dort encore
Je regarde mon rêve, et reste coi.

Ainsi, dans ma tête se multiplient les fleurs.
Question.
Pourquoi, la rose est-elle sans pourquoi ?
Allons vite chercher médecins et docteurs

Même au repos, les pensées font des bulles,
N’obéissant pas aux mathématiques,
Ni à aucun calcul
Le rêve  efface la logique.

RC –  27 mars 2013

 

 


Boîte de verre ( RC )


Photo métro:   Pierre Sabathie

Dans la boîte, il se pourrait que je sois lié,
A l’égal des poissons, du bocal,
prisonnier,
de l’air , comme eux le sont des eaux pâles…

C’est un lieu muet où ne portent pas les bruits.
Lorsque s’ébranlent les trains,  le regard les suit.
Ceux ci glissent en silence,
Vers  d’autres circonférences…

Accompagnant leur forme de bonbon fuselé
Mobiles  éclats  de reflets  ailés,
Se mélangent à ceux des ascenseurs,
Emportés  en douceur,

Vers des sous-sols inventés,
En tout cas hors de portée,
Malgré toute cette activité,
Fantômes en bouche ouverte habités.

De tous ces sons qui pèsent.
Il est de bon ton qu’ils se taisent…
C’est la discrétion assurée.
Les cris et paroles emmurées…

Ainsi, comme le dialogue de mes voisins,
Si proches et pourtant si loins…
Rien ne vibre, rien ne se capte
Un langage de silence comme les  carpes….

( en tout cas , c’est tout  comme )
S’ils étaient  en aquarium…
Ce qui reste un mystère
Au delà de la paroi de verre.

RC – 19 février  2013