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Aria – ( Comme un air d’Italie ) – ( RC )


peinture: B Gozzoli – détail-

 

 

 

C’est en franchissant les portes  des jardins,
que la vue se porte, sur les collines.
Elles se dandinent, dans une  robe chamarrée  d’ors.

On y trouve  des villages  à mi-pente
Où les maisons  s’épaulent  de leurs lignes.
Les cyprès forment une  couronne, sur les lignes  de crète.
Ce serait une  lumière, comme  celle que peint Botticielli ;

La transparence diaphane  de l’air, et le vent léger soulève les voiles de la Vénus,
La caresse du regard enchante même les parterres  de fleurs .
Les mains  se tendent  et les  bras  s’arquent en chorégraphie.

Les cloches  se répondent  de vallée en vallée .
La terre ne serait pas  comme on la voit ailleurs : blonde ou brune,
Nourrie à la tiédeur  solaire,

Presque  nourriture  à son tour ,
Elle en a le parfum, et son pesant de couleur
Qu’on retrouve  dans la robe des vins ,
Alignées dans les trattoria.

Les linges sont oriflammes en travers des rues ;
On a l’impression d’entrer de plain pied dans un tableau …
La langue italienne  est une porte ouverte  sur  sa  chanson.

Napoli ,Italy

photo Robert Schrader

photo:              Edmondo Senatore – atmosphère toscane

RC –  mai 2015

 


Le défilé des images ( RC )


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En suivant les traces du temps
Comme des empreintes laissées dans la boue,
Il y a,                         sur ce fil,
Le défilé des images
De celles qui marquent un instant
Et finissent par pâlir,

Cartes postales oubliées au fond des tiroirs,
Restes d’affiches de campagnes électorales,
Catalogues fournis pour produits d’antan,
Et aussi les albums épais,
Des photos de famille.

Je parcours le tout,
Où se transforme,
En épisodes chronologiques,
L’univers,      même réduit au dehors,
Bordé de maisons proches,
Qui s’enhardissent de grues,
Et deviennent immeubles.

La famille rassemblée,
Au pied de l’escalier,
S’est agrandie d’un nourrisson,
Maintenant debout sous un chapeau de paille,
Puis, regardant sur la droite,
Le chat gris faisant sa toilette,
Que l’on retrouve seul, enroulé sur lui-même.

Ensuite, c’est une tante de passage,
Dans ses bras, une petite soeur arrivée…
>      Tout le monde est gauche,
Dans ses habits du dimanche,
Après le repas,
Peut-être suivant le baptême;
….           Il fait très beau dehors.

Ce sont donc des photos du jardin,
Les enfants jouent au ballon,
.         Le tilleul a étiré son ombre,
Au-delà de la grille voisine.
Plus tard,  toujours sur l’escalier,
Les habits suivent une autre mode,
….Dix ans se sont écoulés.

Le grand-père n’est plus,
Les allées sont cimentées,
La perspective est close,
D’un nouveau garage,
Occupé d’une  voiture,
Brillant de ses chromes,
Elle apparaît sombre,
Peut-être verte…

Un autre album,
Tourne la page d’une génération,
Le format des images a changé,
Issues d’un nouvel appareil.
C’est maintenant la couleur,
Témoignant des années soixante.

L’extravagance des coiffures,
Et des motifs géométriques,
S’étalant sur les murs,
Le règne du plastique,
Et du formica,   qui jalonne encore,
Les meubles rustiques      en bois.

Quelques pages plus loin,
Les teintes sucrées,
De photos polaroïd,
Donnent dans la fantaisie,
Des portraits déformés,
Pris de trop près,
Et surtout le voyage à Venise.

Gondoles et palais,
Trattorias et reflets…
Les lieux soigneusement mentionnés,
Au stylo à bille ….
>         Le beau temps tourne à l’orage,
—–  On suppose une  dispute,
Car l’album s’arrête là,

En mille-neuf-cent-quatre-vingt,
Sur la photo de l’amie,
Partie sous d’autres horizons,
Rageusement  déchirée,
Puis, maladroitement recollée,
Les souvenirs ne sont plus de mise,
Et restent clos dans le tiroir.

Le défilé des images,  lui,      s ‘immobilise.

RC  – 10 et 11 août 2013

un texte qui fait  « pendant  »  aux  « lamelles immobiles »