voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “trêve

Comme si, de la veille, rien n’avait existé – ( RC )


Afficher l'image d'origine

photo: extrait  du  Cabinet  du Dr Cagliari

 


Il se pourrait, par quelque hasard,
Que le mur penche   :
Il doit bien y avoir quelque part,
Un outil qui le tranche…
Celui-ci,      face au mur de la nuit,
A fini par livrer bataille.
Mais,   comme s’il était au fond d’un puits,
Il n’a pu trouver de faille.

C’était une épaisse peau
Pas particulièrement ferme
Mais même avec le plus affûté des couteaux,
Aucune trace sur l’épiderme
De ce monstre horrible
vomissant de l’obscur,
Jusqu’à en être invisible :
>          Pas une égratignure …

Doit-on attendre la nuit blanche,
Pour obtenir une trêve,
– ( une parenthèse sur l’étanche
à la suite d’un rêve ) –
Pour enfin trouver le défaut
de la cuirasse,
Et pénétrer ,    s’il le faut,
un peu de sa masse ?

Pourtant          aucune coupure,
Ne se voit au lendemain,
Pas une éraflure,
plus aucun chemin
ne montre une piste tracée :
La nuit a reconquis sa surface
–           Tout s’est effacé   :
Elle a reconquis l’espace.

C’est un tissu lourd,
Qui pèse sur la raison,
on n’en voit        aucun contour,
ni aucun horizon ;
Ceux qui le veulent le tentent,
et peuvent toujours insister :
Dans le rideau        vouloir faire des fentes :
C’est comme si de la veille rien n’avait existé .


RC – nov 2015

 

(  en guise  de réponse  à Stéphane Berney  pour  son   « nous n’aurons même pas  existé » )


Au risque de l’aventure – ( RC )


Afficher l'image d'origine

                                                     peinture:  G de Chirico:   deux masques  – 1926

 

 

Ici l’errance se paie,
lorsque tu te bandes les yeux.

Il n’y a pas d’obscurité douce…
Tu peux avancer tes doigts,

au coeur des buissons,
de la fourrure.

Gare aux blessures,
…à commencer par le coeur !

Je t’entendrai crier,
lorsque la créature
se détache du fond,

qu’elle signe la fin de la trève,
après la caresse,
et plante ses crocs dans la paume.

Des fouets de fer,
la coupure du verre,
le scalpel habile des mandibules,

ont raison de l’avancée
imprudente d’un bras,
d’une tête.

On ne sort pas entier
de cette jungle.
Elle pénètre dans la chair

avant même qu’on ne l’explore,
On y laisse quelque chose,
définitivement.

Et si ce n’est le sang,
déjà la raison s’égoutte ,

voracement aspirée,
par l’inconnu (e).

C’était le risque encouru
par l’aventure.

Avant d’être savourée,
il a fallu qu’elle goûte d’abord à toi.

RC – mars 2016