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Norbert Paganelli – Quien eres


Quien eres                                                ( qui es-tu ? )


la déchirure - Peinture - Nicolas COTTON

peinture:   

Nicolas Cotton

Moi je n’aurai jamais voulu cela :
cette profusion de chaleur et ces éclats de guerre.
Les affres de la bataille que se livrent les éléments
n’ont jamais acquis ma sympathie profonde.

Je connais, certes, les bruits rapportés des combats
et les plumes recouvrant les casques ciselés.
Ainsi que les armes dont les couleurs de feu m’avaient jadis envouté
mais jamais je n’ai succombé à l’or des trophées

On m’avait dit que le miel était ailleurs et j’ai  fait comme si,
comme si cela devait durer
dans l’éclat sobre d’une grande quiétude.

Il m’est arrivé de ne pas suivre ma propre trace,
ce n’est pas une raison suffisante
pour m’exiler loin de mon serment.


Dans l’éclat sombre d’une grande quiétude
je n’ai trouvé qu’une goutte de miel
pour refléter le monde et sa solitude :
point de sympathie pour le fracas des armes
et les couleurs de feu.

Personne ne partage l’or des trophées.
C’est un domaine lointain de civilisations englouties
où les casques ciselés d’argent
sont depuis longtemps enfouis
dans les tombes ou les musées.

Rien ne dure,
et l’intensité du feu décroît,
à mesure que s’installe le froid,
et que les raisons même de la guerre
se diluent dans l’oubli.

Le feu d’artifice envoie ses étincelles
dans un éclat éphémère…
Tu ne pourras suivre
que tes propres traces,
avant que la mort ne les efface .

RC – mars 2022


C-Jeanney – Carrée


Ainsi que vous pourrez  le  constater, le  texte  de CJeanney, présente  des similitudes  avec  l’article suivant  » de ma plume… »    ( mines  antipersonnel),  car c’est à partir  de celui-ci, que j’ai composé  celui-là…                          (  du blog  « tentatives »  chez  eklablog )

J’ai pensé  , en le  lisant,  au  « Désert des tartares  »  de D Buzzati

photo de reportage: Afghanistan

—-

cjeanney dans -DÉPLACEMENTS-le 8 Septembre 2009 à 10:34

c’est une terre carrée fissurée.

fissurée de fleuves aux eaux taries, le sol si plat, personne n’habite sur les rives des fleuves, des fleuves morts sur une terre carrée.

au nord-ouest, en arc de cercle, les fondations d’une ancienne muraille : tourelles, sièges, meurtrières, tout s’est évaporé. Les flèches de feu, les catapultes, les capitaines. Et les trophées suspendus aux chaînes des ceinturons ont oublié qu’ils se balançaient.

au centre de la terre carrée, un bout de métal dépasse. On pense que c’est un dieu, mais on en n’est pas sûr. Et même lui prie pour se rappeler.

Christine Jeanney