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Francis Combes – Le cerisier du Japon


 

Le cerisier du Japon

J’ai fait la connaissance d’un cerisier du Japon,
(un sakura autrement nommé prunus serrulata),
planté sur la terrasse
au sommet de la Tour Périscope
avenue d’Italie
dans le treizième arrondissement.
Assis dans la salle de réception du dernier étage
nous sommes entourés de baies vitrées qui dominent Paris,
Paris qui se cache tout en bas
dans un brouillard gris et doré
comme si le monde entier
souffrait de cataracte.
A côté de nous, une piscine
à l’œil bleu et clair, dort,
transparente et tranquille,
sans une vague.
Nous sommes loin du tsunami,
loin du tremblement de terre
et de l’accident nucléaire…
Pendant la lecture de poésie,
je regarde le prunus à travers la vitre épaisse.
Ses branches lourdes de fleurs roses en grappes serrées,
que bousculent les bourrasques et les giboulées…
Le prunus tient bon
au milieu des courants d’air contraires, dans le vent des hauteurs.
Ambassadeur, malgré lui, d’un pays qu’il ne connaît pas.
Et je me dis, même si certains le nient,
que nous sommes bien sur le même bateau,
chahuté par la tempête.
La planète comme la barque de bois clair
que nous porte le serveur du restaurant de sushis
et nous,
qui nous serrons à bord.
.
.
.

.


Ailleurs de la terre ( RC )


photo National Geopgraphic  Jean-Luc Manaud

photo        National Geographic       de  Jean-Luc Manaud

Il y a d’autres  jours sur la terre , que ceux que l’on connaît.

Personne  ne possède le savoir de ses rugissements ,

Et s’il fait ici, un temps superbe,       propice aux jeunes pousses  et rêveries,

 

Ailleurs se déchaînent les étaux de roches, en tsunamis

Une tempête se lève quelque part au-delà des îles,

L’œil du cyclone est hagard et a celui du cyclope

Que rencontre Ulysse, retenu aux pays orgueilleux  et sans lois.

 

Mœurs étranges, autres  coutumes, et climats,

Ainsi les saisons de là-bas sont plutôt un combat,

Un soleil permanent confisque les nuages, et offre la famine

 

Prolongée de langages et dialectes qu’on ne comprend pas,

Présageant des hommes,          des orages oui ,   mais de feu

Et les guerres,              sous l’œil impassible des dieux.

RC           avril  2013


Océan – mer – terre, destin d’une embrassade ( RC )


 

Océan – mer – terre,   destin d’une embrassade

Vogue le destin d’une embrassade,
étreinte et baiser humide de l’eau au sable
la fin de quelque chose, le début d’un autre
s’évanouit la terre ferme, pour le choix du liquide,
une masse matière qui vit de ses soubresauts

l’histoire de tant de marins qui s’y sont fié, en espérant voir un jour la ligne dorée d’un continent lointain, ou, gagnant leur vie au milieu des embruns salés, pour rapporter une manne vivante dans les filets, mais toujours en équilibre, sur l’instable, à portée des caprices de l’écume et du noir des abysses,
peu se sont attardés, à convoquer la couleur bleue, comme celle d’un paradis uni et tranquille…
Et partir en croisière, pour le souvenir dans la mémoire, des ports ensoleillés.
Il y régnait surtout l’odeur tenace des huiles et
Des poissons séchés , à la musique des filins qui claquent sur les voiles, et le concert des mouettes…

L’océan, suit la lente rotondité de la terre, il la cache ,l’obture, et remplit ses failles, antre des mollusques et des mâchoires des prédateurs qui s’y sont fait leur empire…
de l’autre coté des courants l’océan a l’odeur femelle, et ne révèle ses mystères qu’en surface.

On y sait des coraux, des épaves, des algues et méduses, et peut-être des sirènes…

Mais aussi la mémoire des conflits terrestres, des navires coulés, avec leur cargaison, d’hommes et de matériel, le rêve des contrebandiers,, les galions d’or, la vaisselle fine, les amphores pleines de vin d’Italie…
Les boules tueuses des mines, guettant les cachalots métalliques…
Les supports des îles, en stratégie qu’on se dispute,  en invasions alternées : Chypre, la Crète,Hawaï et
plus récemment les Malouines…

On y soupçonne les courants obstinés, prolongation des fleuves et rivières, en fantasmant sur la dérive des continents, les migrations parallèles aux oiseaux, des bancs serrés de poissons voyageurs…

On en rêve dans sa chambre, pour voyager en romans, , dans une épaisseur liquide à vingt-mille lieues de Jules Verne, puis aux légendes grecques.

Le raffiot de la rêverie, n’a changé d’échelle que depuis la vue aérienne, avec laquelle les vagues les plus déchaînées, ne semblent qu’un vague frisottis décoratif…
Qu’en serait-il de l’effet de tsunami « pris sur le fait » ?

une onde circulaire, s’étendant comme
lorsqu’on jette un caillou dans l’eau, suivi d’une autre, puis semblant se calmer, alors que des murs d’eau viendraient,

quelques heures plus tard, rejeter violemment les chalutiers, et bateaux de plaisance au milieu des falaises et forêts…

La soupe salée, vécue du bord des côtes dévastées prenant soudain un goût de l’amer, bien éloigné
de l’aspect paisible qu’on suppose à la mer.
…..Sans l’apostrophe…

RC  –  14 juillet 2012

peinture:            William Turner


Le petit grain de sable (RC)


 

 

C’est une histoire de paille

Juste un petit  détail

 

Qui change l’atmosphère

Et met l’monde à l’envers

 

L’histoire  qui begaye

Le fusil qui s’enraye

 

Choisir  la mauvaise mise

Et plonger dans la crise

 

Une toute petite faille,

Et le train déraille.

 

On n’aurait pas cru capable

Ce petit grain de sable

 

De quelle origine ?

– bloquant  la machine

 

Se produit l’évènement

A notre grand étonnement

 

Plonger dans le noir

Le courant de l’histoire

 

C’était trop négliger

L’évènement  « léger »

 

Qui a fait semis

D’un p’tit tsunami

 

A risques minimisés

Dont on a  abusé.

 

— RC  2 avril 2012 –

 

Dédié à toutes les errances  de l’histoire (guerres et politiques)  et catastrophes, naturelles, on non:

Seveso,AZF, Fukushima,,Exon Valdès,Tchernobyl …………….. et les autres