voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “tubes

Tubes, couleurs, palettes, tableaux – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "palette artiste"

 

On n’imagine pas
comment les familles de pâtes
prisonnières
libèrent leurs couleurs
sur les palettes :
– arcs-en-ciel bousculés ,
petits tortillons calmes,
dans l’attente de la toile
où grésillent déjà des ocres
et les rouges.

On n’imagine pas non plus,
comment ces mêmes couleurs,
extraites des tubes,
– à la manière des bernard-l’hermite
sortant la tête de leur abri – ,
vont tout à coup envahir
les zones encore vierges ,
lutter contre d’autres,
ou s’y fondre
en chatoiements discrets.

C’est que chaque peintre
a son regard,
que la lumière provoque,
et bouscule .
De palettes identiques ,
la douceur des pinceaux,
la fureur des brosses
laissent des empreintes
chaque fois différentes
organisées en accords vibrants .

Tubes alignés dans l’attente,
les flacons de vernis sont en transe,
encore immobiles,
mais constatent que le peintre
les allient à l’ivresse des songes
ourlés d’essence de térébenthine ,
en couches opaques ou translucides.
Le tableau en est l’écran
où se concrétise sa vision
( et du même coup, la nôtre ).


RC – juin 2019


L’avenir en suspension ( RC )


 

C’est un embrouillaminis,

Un écheveau de tubes,

Qui se croisent et s’enchevêtrent,

Et la vie circule encore,   … mais, dehors;

En dehors  du corps.

 

Ce qui reste  du regard,

Fixé sur les jointures du plafond,

Les carreaux striés en quinconce,

La potence chromée…

 

Et        —  gouttent   et gouttent,

Les perfusions       ….et boucles

Dans des conduits plastique,

Et le temps                                     s’étale,

A longueur d’heures et puis de nuits

Qui se succèdent,

Tandis que le corps immobile

Décompte les jours,      et  puis l’espoir

 

N° 27,    dans la chambre d’hôpital.

 

RC – 12 décembre 2012


Philippe Delaveau – Bistrots de Paris


 

 

 

 

 

BISTROTS DE PARIS

 

 

 

 

On est debout devant le zinc et sous l’œil simple

et bleu du patron qui s’active il arbore

une moustache artistique en balai-brosse

tandis que l’ivresse égare un monde incertain

qu’alimente la truelle d’un monologue à son propre rythme

lent parfois pâteux de bâtisseur de mondes ce sont les vignes

venues à Paris déverser leurs vendanges vers le métal

des tubes et des sièges les glaces réfléchissent les visages blancs

la sueur au front qui perle chez ceux qui reconstruisent

patiemment mais le poème est mort et les murs s’écroulent

éclairant par gouttes les fronts rien ne visite les solitudes

ni la bière barbue ni le petit rouge qui danse sur son ballon

ni le blanc sec en renversant la tête ou le café dans son corset d’ébène

 

 

 


Nicolas Vasse – tubes d’éclats souillés


 

palette et tubes de ant.photos, voir http://www.flickr.com/photos/antphotos/2530684415/

 

 

tubes d’éclats souillés

rouleaux sourds du vide

des fioles

des tiges à froufrous

l’établi sale et épais

récif corallien

bel écrit, simple  et évocateur, à la manière  d’un haiku,  que  l’on peut  trouver ici