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Georges le Gloupier – Ode à l’attentat (patissier)


 

peinture              Julio Larraz:          faites venir les clowns

 

 

ODE À L’ATTENTAT PATISSIER
de Georges le Gloupier

 

(de la satire en poèmes;  justement adapté  aux  changements  « politiques »), d’actualités

 

Il paraît que, c’est sûr, le ridicule tue.
Tuons donc sans pitié, du premier au dernier,
Les emmerdeurs fliqueux, les gagneurs de deniers,
les intellos foireux aux théories obtuses.
Tuons sans plus tarder les sales moucherons
Qui voudraient de l’ennui être les chaperons.
Tuons les empêcheurs de rigoler en rond,
En carré, en ovale, en ce qu’il vous plaira.
Tuons tous ces salauds, ces castrateurs, ces rats,
Tuons dès à présent tous ces vils scélérats.
Tuons les cons, les flics, les collecteurs d’impôts,
Les juges, les bourreaux, les suiveurs de troupeaux,
De tous ces cancrelats trouons vite la peau.

Tuons également des patrons les suppôts
Qui se font, pour trahir, délégués syndicaux.
Tuons les militants, des fachos aux cocos,
Qui prônent pauvrement de pauvres idéaux
Et freinent nos désirs qui montent vite et haut.
Envoyons en passant la calotte au poteau:
Curés, rabbins, pasteurs, tuons ces zigotos
Ainsi que leurs alliés soi-disant marginaux
Dont la stupide foi d’esclaves paranos
Insulte nos raisons de seigneurs surpuissants,
Nous qui sommes tous dieux dans notre propre sang.
Tuons évidemment les gardiens de prisons,
Tous les politiciens, tous ceux dont l’horizon
Est de borner le nôtre à de strictes limites
Qui donnent à bouffer la liberté aux mites.

N’épargnons point, non plus, messieurs les militaires;
Immolons ces guignols et faisons-les se taire.
N’oublions pas, mourdious! de tuer les psychiatres
Qui de nos subconscients se déclarent les pâtres.
Tuons tous ceux qui croient qu’un bulletin dans une urne
Changera le merdier qui nous casse les burnes.
Tuons qui se complaît, pourvu que l’on surnage,
Dans un monde vaseux qu’en vain l’on aménage
Tuons ce qui concourt par de pâles réformes
A garder nos vécus vassaux des vieilles formes.