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Le prunus de Fukushima – ( RC )


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Loin du tsunami,
et des accidents nucléaires
survit de façon insolente
un prunus, qui n’a avait jamais produit
autant de fleurs.

Les tours des banlieues ont été désertées,
et les rues abritent des courants d’air.

On peut y voir parfois
les bateaux renversés,
éventrés, drôles d’épaves urbaines,
des poteaux brisés dont les cables
se sont enchevêtrés,
pris dans des blocs de béton.

Le prunus, lui, survit.
A le voir, on croirait
que les tempêtes n’ont jamais existé.
Il est passé aux actualités,
a enrichi les pages des magazines étrangers.

Personne ne vous a dit,
que ses fleurs étaient vénéneuses.


Une vénus derrière le balcon – ( RC )


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Madame,                  vous restez entière,
je n’ai rien volé dans votre appartement
                      et vôtre âme vous appartient..
Vous étiez ce long corps nu de faux gisant,
et votre lingerie était en tas sur la table.

Vérifiez…           je n’ai rien pris:
pas une main, pas un sein ( je n’en aurais pas l’usage).
Pourtant vous m’épiiez depuis longtemps
derrière votre balcon,
et vous savez que mon regard vous peint.

Au contraire,          j’ai rajouté sur la toile
une tenture,          un voilage.
Puis ce vase avec ces fleurs mauves
qui semblent un rien vénéneuses
mais ne faneront pas.

La nuit aura beau vous caresser,
vous resterez pour l’éternité
telle que vous étiez
parcourue d’un rayon de lune
se lovant sur vos hanches.

 

RC


Sirènes de Syrie – ( RC )


https://i1.wp.com/i.imgur.com/RqfVNwZ.jpgpeinture  S Dali

 

Plantés au sommet du toit
des oiseaux noirs
figés dans la cendre
interrogent les limites d’un monde
où le ciel manque aux  disparus

La télé bégaie
des programmes identiques,
que personne ne regarde plus,
et la belle  saison ne fleurit plus :
mutante, en   couleurs acides,
sur-saturées.
Les girafes sont  en feu,
coincées sur l’horizon,
encombré de flocons noirs,
du cri des sirènes métalliques.

Ce ne sont pas celles
qui charmaient les marins de l’Odyssée.
Ou bien la traversée du temps
a transformé la légende
en autant de paroles vénéneuses.

Malgré l’odeur persistante du chlore,
des araignées voraces
étirent leur toile,
et se nourrissent des corps brûlés
abandonnés dans les rues.


RC –  avr 2017