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Czeslaw Milosz – Rien de plus


Jangarh Singh Shyam - Un paon

Rien de plus

…………

Si j’avais pu décrire comment les courtisanes vénitiennes


Avec un roseau taquinent un paon dans la cour


Et du brocart mordoré, des perles de leur ceinture,


Délivrent leurs seins lourds, si j’avais pu dépeindre


La trace rouge de la fermeture de la robe sur leur ventre


Tels que les voyait le timonier de la galère


Débarqué au matin avec son chargement d’or,


Et si, en même temps, j’avais pu trouver pour leurs os,


Au cimetière dont la mer huileuse lèche les portes,


Un mot les préservant mieux que l’unique peigne


Qui, dans la cendre sous une dalle, attend la lumière,



Alors je n’aurais jamais douté. De la matière friable


Que peut-on retenir ? Rien, si ce n’est la beauté.


Aussi doivent nous suffire les fleurs des cerisiers


Et les chrysanthèmes et la pleine lune.



Czeslaw Milosz

Voir aussi par rapport au texte  de Milosz  la belle  création  de Manouchka  ( à la hauteur des mots)…  voir ici

 

Quant à moi,  sur la peinture  de van Gogh j’ajoute ceci:

En chemin vers l’été

La voûte d’Azur  de Vincent

Offre ses dons fleuris d’amandiers

 

RC  4- avril 2012

peinture: V Van Gogh, branches d'amandiers en fleurs


Rabah Belamri – l’olivier boit son ombre – 02


et ce matin

la neige rernplissait le chemin les herbes

et l’arôme du café les ombres  se taisaient la rose noire dormait entre ses chiens

encore la nuit

le silence nous serre les lèvres

la pierre de la peur est déjà dans le ventre

quelle main mettra en place le jour quel pied donnera le gué

les chiens se taisent l’attente franchit le rempart

jubilation

de l’autre côté la terre dresse ses mâts

les pirates du soleil dansent sur la grève


Arthémisia…… L’image


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Je te revois encore, sur la frange de cette plage.
Je ne te connais pas.
Ma vie n’est qu’un outrage.

Tu marches lentement, poussant du pied le sable

En gerbes fleurissant des paillettes effaçables.

Je te revois encore, riant avec les mouettes,

En écartant les bras pour cueillir le vent,

Laissant sur ta peau nue courir imparfaite

La pensée d’un amour avec moi estivant.

Je te revois encore courbé vers la marre

Scrutant le coquillage, des marées, survivant,

Et cherchant à point d’heure, accroché sous le phare,

La lumière d’argent venue de mon levant.

Je te revois géant haranguant les dieux mêmes,

Tourné vers l’horizon, et vomissant  tes flancs,

Hurlant au ciel, aux flots, les mots de ton poème,

Toujours lourd et tendu…époustouflant.

Je te revois ce soir, au seuil de mon rêve.

Où seras tu demain ? Peut être encore ici ?

Tu vis et tu dessines en mon ventre un lacis

Que la mer sans détours ramène sur ma grève.

Je te revois jamais et toujours et encore,

Construisant la demeure où j’habite à plein temps,

Je cours après les jours arrogants  de la mort,

Et je cours après toi, l’image de mon néant.

 

Copyright © Arthémisia – Juin 2008

Avec : Nicolas de STAËL – Tempête