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Du fond de la grande mer, je m’envolerai ( RC )


Du fond de la grande mer je m’envolerai,



 

je serai


Dauphine, je sortirai de l’ombre.






Au long cours,

les courants glacés,






les algues


rapides,




 

des vaisseaux

lointains




 

des notes d’écume sur le vert mouvant,

 

je serai rapide, je
 serai glissante




 




En Antarctique, de mon voyage

 et 
rejoindre






Celui d’entre les Ices,

celui qui glisse sur les
 glaces




 

celui qui déserta




  Le monde d’en bas, l’étroit






mon phoque, à qui l’on a dit




Tu feras rire les enfants ,

tourner des ballons sur ton
 nez.





Nous reviendrons ensemble

portés de 
lit




 

Traversant des poissons

 les bancs serrés



 

Dialogues en notes d’éclair



Princes du liquide



 

Nous rejoindrons la grande mer,



Et son infini


 

RC- 04 2011

( inspiré par les vagues scélérates ), d’Arthemisia

 


Hareng ( RC )


peinture: James Ensor;           deux squelettes se disputant un hareng

Rien  ne  prédestinait, je crois
A ce que ce poisson, quitte les fonds marins
Pour être  présent,  (  et sujet ) du festin
L’assiette posée sur la table en bois.

Je suis  allé le chercher
En hésitant longtemps
—  de la morue ou du hareng ?
Au supermarché …

En ce qui me concerne
Je l’ai choisi au hasard
Sans considérer son regard
– qui était plutôt terne

Il était disposé
Comme  le veut  l’usage
Dans un bel emballage
– article  non pesé…

reprise en cravate des harengs de Van Gogh

Celui-ci était vert
Ca  donnait une  touche  de couleur
A côté  du beurre
Ca devait rappelait la mer

Un emballage  de plastique
Avec un film  dessus
Qui est bien conçu
En matières  synthétiques

Je me suis  dit qu’un vin
Blanc, comme boisson,
En pensant au poisson
Irait bien    pour demain

Bien qu’au naturel , il préfère
– ce que je comprends
– Comme  tous les harengs –
Son bain d’eau de mer…

Je l’ai mis à l’aise
Pour pas qu’il ne s’enrhume
Avec des légumes
Et de la mayonnaise

Comme les poissons  essaiment
J’ai pensé à leur nombre,évoluant par bans
Au coeur  de l’océan
Et je lui dédie ce poème….

J’évoque aussi Ensor
Qui,          dans ses peintures
– ( » Ouh là !!   que  de culture !!  » )
Pense avec bonheur,   aux harengs  saurs…

Mais avant,          qu’il participe à la fête,
Il faut que je vois, s’il n’a pas trop de sel
Et aussi  que  j’enlève
Toutes  ses arêtes…


RC- 18 novembre  2012


Charing Cross, au matin ( RC )


peinture André Derain: Charing Cross Point 1906

 

 

 

 

 

Je  vois      une  large avenue  en arc,    verte
Où balbutient des branches  sans feuilles,
Et de vielles  autos      bleues
Le long d’un quai de Tamise
C’est un Londres ,    au matin
Encore  sous l’émotion de sa brume changeante,
En touches suspendues
D’ors  d’ocres et verts incertains,
Charing Cross, dans un tableau de Derain
Devant les barres bleues d’ombre
Ces bâtiments vides
Je ne distingue plus les voix,
Seulement le murmure, d’une ville
Qui s’éveille et s’étire aux heures,

Et la patience immobile
Des statues  sur leur  socle
Encombrées de mousse,
Au charme  des squares,
Encore à l’ombre,      à cet instant.
Une nappe de vapeur s’étale
Et glisse ,        nonchalante
Des péniches lourdes,
Jusqu’aux berges lasses.
Les verticales des réverbères
Sont, aux quais, des signes bleutés
Qui attendent,
La musique  du jour
Et les cris  des marchands de journaux
En décalquant l’invisible

RC   – 24 octobre  2012

 


Claudio Pozzani – Cherche en toi la voix que tu n’entends pas


photo : Man Ray

Cherche en toi la voix que tu n’entends pas

(invocation pour voix, cage thoracique et solitude)

Cherche en toi la voix que tu n’entends pas
mange l’univers si tu ne la comprends pas

Maisons basses au toit en pente
pleurant la pluie venant des sous-toits désormais pourris
Parfum de terre, de feuilles, d’étangs
et paysages sinistres de marbre candide

Cherche en toi la voix que tu n’entends pas
mange l’univers si tu ne la comprends pas

Vers qui gisent sous le fond boueux
rats qui nagent dans des ruisseaux d’acier
Embruns de brouillard, voitures véloces
qui broutent de rapides tagliatelle d’asphalte

Cherche en toi la voix que tu n’entends pas
mange l’univers si tu ne la comprends pas

Des ombres de glaise se trainent les pieds
en secouant leur tête conique basse
D’obliques fantômes imprimés sur le mur
rappellent fuites et chevaux de frise

La noirceur commence à refléter ton esprit
tandis que tout devient effervescent et vert…

Claudio Pozzani

Cerca in te la voce che non senti

(invocazione per voce, cassa toracica e solitudine)

Cerca in te la voce che non senti
mangia l'universo se non la comprendi

Basse case dai tetti spioventi
lacrimanti pioggia da gronde ormai marce
Profumo di terra, di foglie, di stagni
e sinistri paesaggi di candido marmo

Cerca in te la voce che non senti
mangia l'universo se non la comprendi

Vermi che giacciono sotto il fondo fangoso
topi che nuotano in ruscelli d'acciaio
Fumo di nebbia, auto veloci
che brucano leste tagliatelle d'asfalto

Cerca in te la voce che non senti
mangia l'universo se non la comprendi

Ombra di creta camminano stanche
scuotendo bassa la conica testa
Obliqui fantasmi stampati sul muro
ricordano fughe e cavalli di frisia

Il buio comincia a specchiarti la mente
mentre tutto diventa effervescente e verde...

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© Claudio Pozzani

Extrait de: Saudade e Spleen

Alchimies Poétiques, Éditions Lanore, Paris 2001

 

 

 

 



Guy Goffette – Le palier


Photo  Bruno Stevens           Somalie

 

 

Le palier

Le soleil debout dans le vert

avec les troupeaux frais

réapprend pas à pas la rondeur du monde

et l’équilibre au convalescent

qui va sous sa propre chemise.

Main posée sur l’échine des jours

il gravit lentement chaque marche du ciel

jusqu’à ce palier derrière ta nuque

où ce qui est advenu

et ce que tu attends

partagent la même ombre

 

 

Guy Goffette