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Abdallah Zrika – Je veux un horizon vertical


peinture: H Matisse : porte-fenêtre à Collioure        ( difficile  de trouver une  reproduction convaincante)
« Quand je dis ciel
je dis seulement
ce petit coin noir
où j’aperçois
quelques rêves miens

dans la nuit »

peinture: Robert Motherwell:

The Garden Window, Open n110, 1969 …

deux reproductions  extraites  de l’article intéressant sur les fenêtres  que l’on peut  retrouver  ici…


Extérieur vertical (RC)


image: montage perso


En chaleur  d’été, le vent soulevant les bâches
des marchands  de la plage,
… – claquements sporadiques,
Petits tourbillons de sable

Son cri est celui de l’enfant résonnant
depuis l’autre monde
et ses  lèvres sont froides
portant  l’alliance.     du manque

Le manque est d’une étreinte étouffante, et elle ,
une magicienne d’un autre temps.
Quand  tout est vivant alentours,

Mais toujours seule, les bras vides dans le désordre.
Les racines – transparence de la folie –
se sont ancrées  dans un corps
qui n’est plus  sien…

Les nuits féroces, ne sont pas siennes,
Mais un trésor  d’ombres, d’un vertige
Que ne retient  aucun filet
Illuminées  d’un soleil sans écho

Noir de bras  sans appuis, d’un monde,
où ce que disent  ses lèvres, ne se retient pas.
Dans la couleur d’un extérieur vertical

RC          8 mai 2012,    et janvier 2013

que  je complète  avec  un poème  de Jacques  Reda, qui va  « dans le même sens »
L’HABITANTE ET LE LIEU

L’âme semble un couloir où des pas hésitants résonnent,
Mais personne jamais ne vient. Dehors, l’ombre qui tremble
Dans les encoignures de porte et sous les escaliers,
C’est l’âme encore, quand la nuit fige le long des murs
Les flots d’eau pâle et froide où l’on est heureux de descendre.
Et qui donc parlait de salut ou de perte pour l’âme,
Alors qu’elle est blottie en son frisson et cependant
Toujours plus dénudée au vent qui souffle en ce couloir ?
Qu’elle se cache ou rôde, écoute : elle s’égare, étant
L’habitante et le lieu d’une solitude sans nom.

Jacques Réda, Amen, Gallimard, 1968


Falaise (RC)


Pays de Caux - falaises vues de haut

Le pays a connu sa limite, le paysage s’est arrêté.
En une chute brutale…
C’étaient  des prés, une surface aimable, doucement façonnée.
Où le jour se jouait.
Où le langage des herbes dialogue  avec la brise, et la panse suspendue des vaches à la géographie noire et blanche des robes.
C’est un paisible,en Caux, et pommiers espacés, que rien ne dispose  à la cassure.
Et c’est pourtant, l’extrème d’un pays, en chute blanche
Il ne s’incline même pas en une approche lente de mer,
dont seuls les oiseaux marins, nous avertissent, avant de suivre, le fil vertical, de l’épaisseur de roche.
Et son écho , assourdi , d’un chant liquide  et obstiné.