voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “vie

Brouillard – (Susanne Derève)


arbres vies silencieuses

               Alexandre Hollan – Arbres, vies silencieuses

 

 

Brouillard       juste sentir

ne pas écarter le rideau

ne pas voir

 

ou c’est un abîme

qui s’ouvre

 

comme si les mots avaient pris chair

que devant la chair tout s’efface

la vie   un puzzle   

une nasse

 

Qui pourrait croire qu’on raconte

une histoire linéaire

qu’on tait  les fausses routes

les impasses

 

avec ce qu’elle ont pesé de leur poids

de pierre

d’amours déchues      

de guerres lasses 

 

de celles qu’on a perdues

sans même porter le fer

sans combattre  

qu’on panse comme des plaies                                                                 

vivaces

 

Brouillard    amère ritournelle                                                                        

huis clos d’une pluie d’été

les notes virent  sur elles-mêmes

avant de s’effondrer

 

dans un dernier  sanglot

d’où renaîtrait le  rire

 

un  accord qui s’éteint

un  rideau que l’on  tire

 

 

 

 

 


Robert Piccamiglio – Le jour la nuit


p getty museum ph edw weston los a fabrique de platres 1925

  Edward Weston – Fabrique de plâtres

 

 

 

je me souviens

il faisait froid

 

je dormais dans une chambre

de bonne

dans le quinzième

la journée

 

la nuit

je marchais dans les rues

 

je faisais les bars

les stations de métro

les quartiers à putes

à la recherche

de ce qui me semblait être

la vie

 

je ne l’ai pas rencontrée

souvent

 

alors je suis allé

demander à Dieu

pourquoi tout ça

pourquoi toute cette vie

en bas

froide et bruyante

 

Dieu n’a pas répondu

peut-être même

qu’il ne connaissait pas la réponse

 

il se contentait juste

de regarder ses souliers

propres et cirés

 

j’ai alors pensé

qu’il s’était

foutrement gourré

en inventant

ce que moi je voyais

toutes les nuits

 

mais comment lui expliquer

puisqu’il ne répondait pas

à mes questions

que personne n’était capable

d’y répondre

 

alors j’ai changé de chambre

j’en ai pris une

plus grande

avec plus de lumière

dedans

 

j’ai dormi la nuit

je suis sorti le jour

pour voir

si il y avait une différence

 

il n’y en avait pas

 

 

 

 

 


A cet instant précis – ( RC )


Daniel Ridge Falls Frozen

Un peu de blanc, et du noir dedans,
et des lignes qui s’étirent :
des images , un instant
figées, et c’est une cascade
qui ne tombe plus,
saisie dans son élan par le gel .

Le regard saisit les formes,
où la lumière s’est posée :
il cherche dans les ombres ,
un peu de vie cachée ,
et déjà, arriver à deviner
la couleur des choses .

A cet instant précis.


RC – nov 2017


Clarice Lispector – Prends ma main


 

19365 16134087030.jpg

 

Prends ma main…

Je vais à l’instant te conter

Comment je suis entrée dans l’ineffable
Qui a toujours été ma quête insaisissable et secrète
Comment je suis entrée dans l’interstice

unissant les numéros un et deux
Comment j’ai connu la frontière qui sépare mystère et feu
Combien souterraine est cette frontière

Entre deux notes de musique vibre une autre note

Entre deux maintenants de vie se glisse un autre maintenant de vie
Et deux grains de sable même inséparablement liés
Sont partagés par un espace infime
Entre deux sentiments se loge un autre sentiment
Et dans toute matière se love un espace
Qui est respiration du monde.

Et cette incessante respiration du monde
N’est autre que ce que nous entendons
N’est autre que le silence.


Raymond Carver – pluie


PLUIE

Réveillé ce matin avec
une envie terrible de rester au lit toute la journée
et de lire. J’ai lutté quelques minutes contre cette idée.

Ai regardé la pluie à travers la fenêtre.
Et lâché prise. Me mettant entièrement
à l’abri de ce matin pluvieux.

Serais-je prêt à revivre ma vie ?
Avec les mêmes erreurs impardonnables ?
Oui, si c’était seulement possible. Oui.

(in Where Water comes Together with Other Water (1983)

RAIN

Woke up this morning with
a terrific urge to lie in bed all day
And read. Fought against it for a minute.

Then looked out the window at the rain.
And gave over. Put myself entirely
in the keep of this rainy morning.

Would I live my life over gain ?
Make the same unforgivable mistakes ?
Yes, given half a chance. Yes.


Yves Prié – Obsidienne


Klavdij SLUBAN 9  9.jpg

photo: Klavdij SLUBAN ( rencontres  d’Arles  2011 )

 

Pour  saluer Caillois  et Guillevic          (  extrait )

 
Attendre la mort
et sa dureté minérale
Nous ne traverserons pas
Notre vie se brise là
L’obsidienne en détourne le reflet


Mario Luzi – Que de vie !



Afficher l'image d'origine

détail d’une peinture de Frida Kahlo
.

« Que de vie ! »
une voix aiguë d’enfant s’élève
là où une foule d’oiseaux
arrachés à leur gazouillement
de branche en branche
s’enfuit dans l’effeuillement du bois
sous le froid contre jour,
trace un sillage de plumes et de cris,
abandonne les phrases brisées
d’un discours qui achoppe, fête
et fuite, tandis que des hommes à l’affût
en préparent le massacre ;
“que de vie !” répètent des derniers,
ces plus lumineux battements d’ailes
sur toute la broussaille entre mer et marais […]

car on ne perçoit jamais la vie
si fort qu’au moment de sa perte.

Mario Luzi, « Du fond des campagnes », L’Incessante Origine, Flammarion, 1985, pp. 112-115.
.

.


W.H. Auden – Miroir


photo: Lydia Roberts

                                   photo: Lydia Roberts

 

 

Chaque homme porte avec lui au travers de sa vie ,un miroir,
dont  il lui est seulement et impossible de se débarrasser ,
comme de son ombre.

“Every man carries with him through life a mirror, as unique and impossible to get rid of as his shadow.”

― W.H. Auden, The Dyer’s Hand


Quand la lumière ne vient plus – ( RC )


image surréaliste issue de flickriver

–              image surréaliste    ( visiblement inspirée de Dali)      issue de flickriver

Quand la lumière ne vient plus,

Ou qu’il n’est plus possible,

De la percevoir

Si          je n’y accède plus,

Elle serait      quelque part,

–        Suspendue, –

Invisible,

Je ne pourrai plus la toucher,

Comme elle,               nue,

Quand       elle caresse les formes,

Et ondule                    sur la matière…

Elle a tant donné de chaleur,

Et , de toutes les couleurs,

Que je l’ai imprimée,

Au      fond de ma mémoire,

Si,          plongé dans le noir,

Je ne peux           que l’imaginer,

>               Avec mes yeux soudés,

A jamais,

Je ne pourrai que regarder,

A l’intérieur…

Un « jour » viendra, alors

Invisible,     emporter mon corps,

Mais j’aurai                  en mémoire,

Malgré                      mon désespoir,

La conscience             de son prix,

Ne pouvant m’accrocher , à rien d’autre,

que mon cri…

….             Encore un peu de vie,

Avant de sombrer,

>                   Dans la nuit.

 

 

– Incitation:         Brigitte Tosi:           Un jour la mer.

RC –  26 novembre 2013 –


François Corvol – mythologie 5


auteur non identifié

auteur non identifié

 

 

 

 

 

J’ai rêvé tant de vies dont tu n’as pas idée
je les ai toutes vécues je les ai toutes senties
j’en porte la trace et le bruit, les nuits
ne suffisent pas pour me remémorer
nul besoin de vivre dépareillé
de vivre loin d’oublier je les retiens
comme d’autres une cage dans la main
J’en ai rêvé tant dont tu n’as pas idée
et parmi toutes ces vies une seule
une seule m’est inconnue
celle-là qui te contient
elle n’est plus mon rêve mais le tien
celle-là même où tu remues


Norbert Paganelli / Robert Desnos – Le dernier poème


Gorgone orange (2)

 

 

(Norbert Paganelli / Robert Desnos) LE DERNIER POÈME
J’ai tellement rêvé de toi
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.

 

( et sa version en langue corse )

 

T’aghju sunniatu cusì forti
Aghju tantu marchjatu, tantu parlatu,
Tantu amatu la to ombra,
Ch’ùn mi ferma più nudda di tè,
Mi tocca à essa l’ombra mezu à l’ombri
D’essa centu volti più ombra chè l’ombra
D’essa l’ombra chi vianara è rivinarà
In la to vita assuliata.

 

 

Voir aussi beaucoup d’autres textes, orientés principalement  sur la poésie  d’origine corse ( mais pas que)..  dans Voxpoesi.

 


Marina Tsvetaieva – Mes vers écrits à l’aube de ma vie


 

peinture: Jerôme Bosch

peinture: Jerôme Bosch

 

 

 

 

 

 

 

Mes vers écrits à l’aube de ma vie de poète,

Lumière vive, telle la queue d’une comète,

Jaillis comme l’onde d’une fontaine,

Brutaux démons, feux impatients

Forçant silence, dignité et encens

Des temples ordonnés, bienséants,

Poèmes d’amour, de sang, de vie,

Vers de passion, de joies, éclairs perdus,

Oubliés aux recoins de vieilles boutiques,

Enfermés, poussiéreux, jamais lus, :

Tels de grands vins au fond de leurs barriques

Sauront attendre le temps de leur précieux prix.

 

(Moscou, 1913.)

 

– extrait des  « écrits de Vanves »

 

 


Dominique Daguet – être seulement


photo: Philippe Morel

 

Cette vie ne coule pas.

Chaque heure est une conquête,

dans chaque geste.

Car l’eau, le sable, le vent ne se laissent dominer que dans la patience,

avec lenteur.

Dominique DAGUET –           ÊTRE SEULEMENT


Marc Bonnefoy – Poèmes à travers l’infini.


 

 

 

 

 

peinture  Raoul Dufy: les moissons   1930

Poèmes à travers l’infini.

…Mort et désert, à quoi pourrait servir un monde?
Dans l’espace il n’est point de planète inféconde :
Qu’un astre soit brillant, éteint ou rallumé,
Le germe de la Vie est en lui renfermé.
Le rapide soleil, l’étoile la plus lente,
Tout ce qui trace au ciel sa course étincelante.

Eternellement vit, meurt, revit tour à tour,
Et, s’il n’est pas peuplé, le sera quelque jour.
oui, la Vie est partout : c’est une loi suprême
Regarde : trouve un coin de la Terre elle même
Où ne pullulent pas des flots d’êtres vivants !
Tout n’est-il pas fécond, les bois, les mers, les vents !

Sous l’herbe et dans le sol, sur l’arbre et sous la feuille,
Dans la fleur qui s’entouvre ou le fruit que l’on cueille,
Grouille la vie, au fond des eaux, en haut des airs..
Et maintenant veux-tu que des astres déserts,
Lorsque de se peupler tous les cieux sont avides,
Roulent dans l’Infini comme des berceaux vides !

 

Marc Bonnefoy. recueil  » Poèmes à travers l’infini »        1895

 


Miguel Veyrat – J’ouvre les yeux et meurs,


DESSCONTdessin extrait d’un catalogue  du musée des Beaux Arts de Lyon

 

 

ABRO los ojos y muero,
memoria que camina miedo
de otro exilio rescatada.
Acaso dios aterrado
como el niño que me mira —vi
da perdida.
(De « La Voz de los poetas », 2002)

 

 

 

 

 

 

 

J’ouvre les yeux et meurs,

mémoire réchappée d’un autre exil

qui parcourt la peur.

Peut-être un dieu atterré

comme l’enfant

qui me regarde

—vie perdue.


René Char – pressé d’écrire


peinture;  Leonora Carrington:  auto-portrait  avec cheval blanc

peinture;                  Leonora Carrington:     auto-portrait avec cheval blanc

tu es pressé d’écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s’il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance….
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.
René Char, Commune présence (extrait)

Chaudes embrassades ( RC )


 

 

 

 

photo: Alanah Collier

Aux chaudes embrassades

Les bras  élastiques,

Un corps  qui bat la chamade

 

S’enroule  tout en rythme

Et puis, quand il se penche

Participe à l’écriture…

 

L’espace ondule des hanches,

Mots rayés et mouchetures,

Justifie, s’il le faut, la tendresse

 

Par une  danse improvisée….

Défaite, la chevelure, retenue en tresses,

Vous pouvez vous manifester par un baiser

 

Au coin d’une page pliée…

Trace de rouge ,sur la joue  déposée,

De l’étage, franchir le palier,

 

Quelques phrases bien dosées…

Finis les propos mièvres,

Tu n’as  qu’à ouvrir la bouche,

 

Donner du corps  à tes lèvres,

Un emportement farouche,

—  Et s ‘il faut qu’on se grise

 

Laisse toi donc approcher

Suivant les préceptes  de l’église,

De l’originel empêcher,

 

Distinguant les parties nobles et dignes,

D’autres, à faire des envieux.

En suivant les  consignes

Approuvées par Dieu

 

Mais en revenant sur la terre,

On peut s’en remettre à Saint Fouquin,

Pour soupeser les commentaires,

– (  dont on ressort un bouquin )

 

….  tu peux  toujours le lire …

» Peccato non Farlo » est le thème

Le conseil,  serait d’agir,

Sans  recourir à l’anathème,

 

Encourager les  fidèles,

Et aussi favoriser l’éclosion….

A couronner leur  zèle,

Avec bénédiction.

 

Il faut encourager la natalité

Si l’on reste alité

Et que les  sexes se rencontrent…

–  ( tu veux  que je te montre  ? )

 

Ainsi jaillissent les  étincelles

Entre les amants ravis…

Seront bientôt parents

D’enfants en ribambelle

 

Nouveaux papas et mamans

Se transmettent le flambeau de la vie…

C’est un cadeau de prix,

 

Et celui-ci,   selon le prêtre,  en reste honnête

Au père, le fils  (  et le  Saint-Esprit )

…  s’il faut repeupler la planète….

 

 

RC  – 6 novembre 2012

 

PS: Peccato non farlo  se réfère  à un article  publié  dans  courrier international,  que l’on peut lire  à cette  adresse:  http://www.courrierinternational.com/article/2005/02/10/allez-et-multipliez-vous

 


Catherine Pozzi – un seul signe de l’univers


mouette de Vancouver –    montage perso

Un seul signe de l’univers
Ne passe le seuil de la vie
Mais il n’existe pas de vie
Qui n’ait reçu mille univers.

Catherine Pozzi,    Très haut amour

peinture: d’après une peinture de Van Gogh, les Alpilles et champ d’oliviers, aquarelle perso


Léopold Sédar Senghor – Goutte de temps


image – montage perso .   Juillet 2012

Je ne sais en quel temps c’était, je confonds toujours l’enfance et l’Eden

Comme je mêle la Mort et la Vie ? un pont de douceur les relie.

 

Léopold Sédar Senghor

 

 


Jean-Baptiste Tati-Loutard – désirs et songes


photo: Florence Henri

Nos désirs se sont accomplis dans les songes ;
Les lits, les rues, les mémoires restent vides.
Déjà ta vie s’incline :
Au-dessus de toi, elle s’épaissit
En un ciel de sauterelles.


Sang-luisant, comme une vie (RC)


 

D’après « pas trop vite », de Cribas

 

dessin: Marcel Duchamp: un fort et un vite

 

ce qui me permet ici de sortir un peu du phrasé  « classique »,  que j’ai adopté ces derniers temps…

 

 

Il faut être sang

Luisant comme une vie

Il faut être lent ,vite

Pour que le temps évite

En dents de scie,parfumées à la menthe

Allangui, sans vie violente

A faire de l’après, l’avant

Et surtout prendre le temps

D’être à peu près compris

C’est toujours ça de pris

Prendre sur soi,  juste à temps

Etre à soi, pourtant

 

RC  avril 2012


Margherita Guidacci – visage intérieur


 

 

Installation - sculpture: Markus Raetz ' Anjou

 

VISAGE INTERIEUR

Cela voulait dire
une fois délaissé l’art de dessiner la vie
ne pas poser de questions à celui
qui te couvre de dons, et blesser
l’offrande entre tes dents

” le dernier cercle de la pierre jetée dans le lac,
le cercle qui est de l’eau déjà, qui a oublié
ses frères et s’engloutira lui-même “

 

 


Cribas – Allons enfants du paradis


Allez au diable! (Allons enfants du paradis…)

 

Par Cribas le samedi 24 janvier 2009,

Depuis 2006,  Cribas  publie  ses poésiphonies, et sensations…

lesquelles constituent  une  base  de  textes  impressionnante, sans concession,

voir  son site

J’aurais maudit le monde

Que ça n’eût rien changé

D’ailleurs je l’ai maudit

 

J’aurais vécu ma vie

Que ça n’eût rien changé

D’ailleurs je l’ai vécue

 

J’aurais pleuré mon âme

Que ça n’eût rien donné

D’ailleurs je l’ai vendue

 


André Velter – La poésie ne peut être coupée ni du sacré


La poésie ne peut être coupée ni du sacré ni du réel.
Elle n’est pas un réservoir de mots d’ordre.
Elle a du souffle et pas de frontières.
Sa langue lui appartient, mais elle appartient à la rumeur des langues.
Opaque à tout populisme, elle n’a pas à craindre d’être populaire.
Si elle est vécue, elle change la vie.
André Velter
extr  de   » la poésie  en dansant »

Dessin, Henri Matisse, étude pour le Danse


Jean Baptiste. Tati-Loutard – la révolte gronde –


peinture: Francis Bacon – Portrait of George Dyer Crouching, 1966

 

Jean  Baptiste. Tati-Loutard, que l’on peut  retrouver  dans un post récent  sur  terre de femmes, est un poète congolais, décédé  en 2009, une page de discussion,( de francopolis )  d’où est extrait le présent poème, est visible  ici

LA REVOLTE GRONDE

 

Nous avons rompu avec le soleil :
Au point du jour seuls les oiseaux s’en vont
Vers les collines accueillir ses rayons.
Que se passe-t-il ? Quelles voix étranges
Craquellent le silence aux quatre coins de la ville ?
Quelle race oubliée dans les décombres du siècle
Surgit des masures où la misère traîne
L’herbe comme un chien jusqu’aux pas des portes ?
A-t-on vu jamais (hors saison) le ciel
Se joindre à la terre ?
Voici que les nuages descendent du Mont-Soleil
Pour fleurir une foule qui hisse au bout des lèvres
Des cris aigus comme des couteaux de jet.
La ville regarde à travers un masque blème
La marche des Cavernicoles. La peur gagne :
Même le temps s’effarouche dans le clocher ;
On l’entend s’enfuir, sonnant aux pieds
Ses anneaux de bronze.
La révolte monte la Révolte gronde.

 

 

J.-Baptiste . Tati-Loutard   –  voir  aussi la publication de juin 2012