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Colporteur du temps – ( RC )


peinture perso sur enveloppe – mail art – acrylique sur papier 2004

Le colporteur du temps
N’a pas sa montre à l’heure
Et a laissé se faner les fleurs
Des rendez-vous d’avant

En semant les traces à tout vent,
C’est tout un champ d’enfants
Qui grandissent en chantant
Déposés en sommeil, on les oublie souvent

Lorsque le hasard nous amène
A revenir sur nos traces
Les souvenirs reviennent,       et nous embarrassent
Le temps avait figé, – quel phénomène – !

un geste dans l’espace
La terre humide, qui fume
Le village, perdu dans la brume
Et de lointains ressentis passent

Ton sourire d’avant                           est resté le même
Dans mon souvenir;                                      il est ce défi
Que me lance encore,                         ta photographie
Les fleurs d’antan ,                                 pour ce poème

Sont encore fraîches,   et la couleur
Que n’a pas retouchée le colporteur
Du temps, qui s’est étiré,     sans toi.
Couleur du bonheur,             en papier de soie.

25-01-2012

issu de la création de Pantherspirit: le colporteur du temps


Conte soufi – La cithare du bonheur


Résultat de recherche d'images pour "cithare"

 

C’était un homme droit et sincère
qui cherchait le chemin du bonheur,
qui cherchait le chemin de la vérité.
Il alla un jour trouver un  vénérable maître soufi
dont on lui avait assuré qu’il pourrait les lui indiquer.

Celui-ci l’accueillit aimablement devant sa tente et,

après lui avoir servi le thé à la menthe,
lui révéla l’itinéraire tant attendu :
« C’est loin d’ici, certes, mais tu ne peux te tromper :
au cœur du village que je t’ai décrit,
tu trouveras trois échoppes.
Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

 

La route fut longue.
Le chercheur d’absolu passa maints cols et rivières.
Jusqu’à ce qu’il arrive en vue du village dont son
cœur lui dit très fort :
« C’est là le lieu ! Oui, c’est là ! »

Hélas ! Dans chacune des trois boutiques
il ne trouva comme marchandises
que rouleaux de fils de fer dans l’une,
morceaux de bois dans l’autre et pièces éparses de métal dans le troisième.

Las et découragé,
il sortit du village pour trouver quelque repos
dans une clairière voisine.

La nuit venait de tomber.
La lune remplissait la clairière d’une douce lumière.
Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie
sublime.

De quel instrument provenait-elle donc ?
Il se dressa tout net et avança en direction du musicien.
Lorsque, stupéfaction,

il découvrit que l’instrument céleste
était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal
et des fils d’acier qu’il venait de
voir en vente dans les trois échoppes du village.

A cet instant, il connut l’éveil.
Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse
de tout ce qui nous est déjà donné,
mais que notre
tâche d’hommes intérieurs
est d’assembler tous ces éléments dans l’harmonie.

 

Conte soufi.


Guy Goffette – Famine


Certains dimanches d’été, le ciel descend sur terre et tire au cordeau des routes pour les familles sans auto, les chevaux sans maître, les filles gommées des calepins.Sans bouger, chacun voyage à son rythme dans un pays rendu d’avance, jusqu’à ce que, le soir tombant, il faille se lever, rentrer le banc qui fraîchit, passer la barrière, le seuil, le jeu des ombres, son propre corps et retrouver enfin son visage dans la glace comme cette toile depuis des siècles dans la chambre du peintre.
Le comptable a fermé le dernier guichet tiré la grille et peut-être un instant pensé à devenir voleur,  à céder au poids de la clé brûlante dans la poche tandis que le soleil aux plis de sa nuque verse la rouille des jours perdus à supputer la chance d’une fenêtre dans ces visages minés  à contre-jour par la pioche infatigable du temps

Les villages de schiste sombre et froid laissent courir aussi des filles aux lèvres peintes et souvent le poing des vieux laboureurs s’écrase sur la table de l’unique bistrot élargissant d’un coup l’espace de l’attente où la lumière se rassemble, frileuse et comme prise au piège d’une lampe

mais il est midi à peine et dans la rue un chat guette une proie que personne ne voit

Derrière la haie le poste à transistors susurre le cauchemar de l’Histoire tandis que l’homme au bras huileux fend à la hache un bois récalcitrant dont le sang atteint le ciel au menton comme s’il voulait porter à notre place la croix alourdie du présent

La maison à veilleuse rouge dans l’impasse tu attendais de grandir, le cœur et les doigts tachés d’encre pour y chercher des roses

A présent qu’une route à quatre bandes la traverse tu es entré toi aussi sans savoir dans la file qui fait reculer l’horizon où cet enfant t’appelle qui n’a pas pu grandir portant jour après jour en ses mains sombres le bouquet rouge au fond du ciel que tu n’as pas cueilli

Comme le visage à vif du boxeur aveugle après la troisième chute tu n’entends plus les coups mais ton cœur entre ciel et terre qui répète sans se tromper le nombre exact

Le soir qui tombe sur tes épaules enfonce les clous un peu plus bas

Minée par quelle mer la ville puisque les taupes n’y harcèlent pas le printemps sans racines

Peut-être est-il venu le temps de croire que Jonas est vraiment sorti de la baleine et que c’est lui ce vide au carrefour que tous rejettent en accélérant
Les yeux jaunes des voitures le soir tu les voyais déjà, enfant détourer le pied des immeubles et tu faisais pareil à table avec la mer et les ciseaux dorés ajustant patiemment sous la lampe l’image à sa légende obscure.

A présent tu sais lire et tiens ferme la barre de ta fenêtre sur le monde où les immeubles s’écroulent l’un après l’autre dans l’incendie découvrant peu à peu la ligne sous laquelle il te faudra descendre descendre encore, paupières closes, pour joindre les bords extrêmes de ta vie.

Hopper Circle Theatre 1936, Private collection.jpg

peinture  edw Hopper

Lui qui avance les mains nues les paupières scellées sur la scène déserte et sous les projecteurs le temps ne l’arrête pas ni le vide, il marche depuis des siècles vers un mur connu de lui seul comme l’arbre qu’un ciel obstiné tire vers l’horizon et s’il s’écarte parfois c’est pour laisser à sa place une fenêtre ouverte où quelqu’un appelle invisible et chacun croit l’entendre dans sa langue
La nuit peut bien fermer la mer dans les miroirs : les fêtes sont finies le sang seul continue de mûrir dans l’ombre qui arrondit la terre comme ce grain de raisin noir oublié dans la chambre de l’œil qu’un aigle déchirant la toile enfonce dans la gorge du temps
La nuit a volé son unique lampe à la cuisine piégé dans la vitre celui qui se tait debout dans la tourbe des mots

Il brûle à feu très doux l’obscure enveloppe du silence (comme ces collines sous la cendre réchauffent l’aube de leur mufle) et pour la première fois peut-être son visage d’ombre est toute la lumière et parle pour lui seul.
Un peu du plâtras des murs rien qu’un peu et rendre à la jeune putain son sourire de vierge

(Aimer ô l’infinitif amer dans la nuit des statues et dans le jour qu’écorchent les bouchers)

Visage impossible à saisir avec ce ciel collé au bout des doigts quand la femme unique sur toutes les fenêtres aveugles de la terre roule des hanches et passe .

Ce peu de mots ajustés aux choses de toujours ce questionnement sans fin des gosses dans la journée ces silences plus longs maintenant, à l’approche du soir comme le soleil traversant la chambre vide sur des patins,

tout cela qui se perd entre les lames du parquet, les pas, les rides a fini par tisser la toile inaccessible qui drape chacun des gestes du vieux couple lui donne cet air absent des statues prenant le frais dans la cour du musée

et nul ne voit leurs ombres se confondre enjamber le haut mur du temps mais seulement l’échelle aux pieds de la nuit l’échelle sans barreaux ni montants d’une vie petite arrivée à son terme.


Joseph Brodsky – le cadeau béni, pour l’athée


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Dans les villages,
Dieu ne vit pas dans les coins
comme pensent les sceptiques.
Il est partout.
Il bénit le toit,     il bénit les plats,
il tient ouvertes à moitié les doubles portes . 

Il est surabondant. 

Dans le pot de fer ,  là.
Cuisinant les lentilles le samedi.
Il se dandine doucement et fait des craquements dans le feu,
il me fait un clin d’oeil, son témoin.
Il assemble une clôture, il marie la douceur du coeur au bûcheron.
Ensuite, pour faire une blague, il fait tomber le garde-champêtre juste à côté de chaque tireur ciblant un canard qui passe.
La chance de regarder tout cela de près,
tandis que l’automne siffle dans la brume,    c’est, pour l’athée,
le seul cadeau béni qu’il y ait dans les villages .

 

tentative de traduction  ( RC )

 

In villages God does not live in corners as skeptics think.

He’s everywhere.

He blesses the roof, he blesses the dishes,

he holds his half of the double doors.

He’s plentiful.

 

In the iron pot there.

Cooking the lentils on Saturday.

He sleepily jigs and bops in the fire,

he winks at me, his witness.

He assembles a fence,

he marries some sweetheart off to the woodsman.

Then for a joke he makes the warden’s every potshot

fall just short of a passing duck.

The chance to watch all this up close,

while autumn’s whistling in the mist,

is the only blessed gift there is in villages,    for the atheist.


Henri Pourrat – Le clos au levant


wallpp (3).jpg

Lorsque le soleil se lève,
Il se lève sur un clos :
La fraise y vient sous la fève,
Le cassis sous le bouleau.

Loin des fumées du village
Et des jardins en casiers,
Un clos qui sent le sauvage,
Plein d’ombre et de framboisiers.

J’entends le vent des collines
Qui m’apporte son odeur
De cerfeuil et de racine,
Son goût d’herbe de senteur.

Juste un toit pour notre couette
—    Les nuits sont fraîches, l’été —,
Et puis, comme l’alouette,
Y vivre de liberté.

 

Henri POURRAT « Libertés » in « Anthologie des Poètes de la N.R.F. »


Villages morts – figures d’un exode rural – ( RC )


Un hameau abandonné entre Alés et Saint Ambroix (Vallée de la Cèze)

En traversant,  l’espace d’une  déchirure,

Certains  diraient « cauchemar »,

Des villages  désertés,

Où la vie  s’est repliée,

Desséchée.    –

Certains,

Où se multiplient les vents,

Et battent  portes et volets ,

Sur les façades des maisons vides.

Et risquant mes pas,

Sur l’absence,

Le cataclysme passé,

Dont on ignore les vraies  causes…

Le foudroiement lent,

Du défilé des années,

L’impossibilité de continuer,

A subir les assauts de l’hiver,

Où il est juste question de survivre,

Alors que l’avenir n’est est plus un,

Que les sources se tarissent…

Et aussi,        l’exode vers les villes,

Font,        que,           petit à petit,

La vie se déplace,

Et qu’ici,          seuls restent,

Accrochés à leur passé,

Les arbres,

Qui font le lien,

Entre le ciel et la terre,

Si ,        plus personne ne vit ici.

Seuls reviennent,

Le temps  de quelques mois,

Les vacanciers,

Epris de paysages champêtres,

Fuyant le bruit et la fureur,

Des banlieues grises,

Des appartements  étroits,

Et des parkings payants.

Mais ce sont des temps d’illusion,

Dont on revient vite,

En faisant la queue, sur les autoroutes.

Car le pays réclame son dû,

Et reprend ses droits

Il ne peut pas  être regardé,

Comme une  simple carte postale,

En couleurs,       et seulement  en été,

Quand les saisons, sont là,

Comme ailleurs,

Et le gel et la boue,.

Et que les ronces prolifèrent,

Dans les maisons abandonnées,,

Aux toits effondrés…

Et sans bétail,    les champs aux herbes folles.

RC –  20 novembre  2013

note: ces « villages morts »  sont aujourd’hui une  réalité,  dans les zones  « reculées », où l’accès y est difficile…

…  d’autres  sont  restaurés mais sont sous  « perfusion »,  d’une  vie  artificielle,  quelques  semaines  dans l’année,  et fermés  le reste  du temps, en particulier dans les  zones  touristiques, où seul le « loisir en boîte », fait recette,.

C’est bien là que  s’exprime de façon évidente ,   un paradoxe, entre l’apparence,  et la vie  authentique, symbolisée par l’existence même de ces villages .


Maurice Fickelson – Pratique de la mélancolie – sur la colline


peinture: Frida Kahlo  : The Brick Ovens  1954

peinture:           Frida Kahlo :          The Brick Ovens           1954

 

 

 

SUR LA COLLINE

Curieuses gens que ceux du village de N. : ils ont pour le soleil un attachement excessif, singulier, maniaque.

Et quelle façon de le démon­trer !

S’ils habitaient l’une de ces froides et lointaines contrées du Nord que l’hiver enténèbre pour de longs mois, cela s’expliquerait, à la rigueur.

Mais ici… Je m’efforce de les comprendre, et même de m’identifier à eux en partageant leur mode de vie, en adoptant leurs manières, leur parler, leurs habitudes de table, tout ce qui peut marquer leur différence       , leurs tâches qu’ils accomplissent avec une efficacité que l’on pourrait donner en exemple.

Le village de N. a eu la bonne fortune de se voir gérer par une suc-cession d’hommes remarquables, intuitifs et enthousiastes, soucieux du bien public et suffisamment avisés pour le faire entrer dans le siècle avec un peu d’avance, de sorte que la population, au lieu de décroître comme alentour, s’est maintenue, avec un niveau de vie rarement atteint ailleurs. Des experts suisses et Scandinaves viennent le visiter et s’inspirer de ses méthodes.

Ils repartent avant le soir pour aller se loger en ville.

Moi, je suis là à demeure. Je me plais dans cette ruche qu’est le village de N., où l’on a créé des ateliers d’une haute technicité, où il est aisé de trouver à la bibliothèque municipale l’ouvrage que l’on cherche, où il est toujours possible de rencontrer quelqu’un avec qui parler d’art, de littérature ou de cosmogonie.

Oui, tant que le soleil brille encore assez haut dans le ciel.

La plupart des gens de N. ont une qualification et leur emploi au village.

A les voir au travail, on ne pressent rien de ce qui va venir. Mais vers la fin de l’après-midi, ils changent : distraits, taciturnes, bientôt fébriles.

Ils suspendent le geste qu’ils vont accomplir, lèvent la tête, pareils à des animaux inquiets avant l’orage. Mais le ciel est pur. Rien n’altère la plus belle lumière du jour à son déclin. Et pourtant… Ils suivent des yeux le disque du soleil maintenant au bord de l’horizon. Alors, comme à un leurs comptes, et, par petits groupes, ils s’assemblent, avec l’air décontenancé de ceux qui ne savent quelle résolution prendre dans leur détresse.

Ils restent encore un moment immobiles, le visage rougi par les feux du couchant, puis, subitement, se mettent en marche. Ils marchent de plus en plus vite, ils grimpent en courant la colline, anxieux d’en atteindre le sommet avant que le soleil sombre définitivement.

Ils arrivent en haut juste à temps pour le voir disparaître, et lorsqu’il n’est plus qu’une mince trace de lumière plus vive dans le rougeoiement du ciel, ils sautent, ils sautent, pour un dernier regard, une dernière vision.

Comme ils sautent !              signal, ils abandonnent leurs instruments, leurs machines.

 

Après  « soir de mai », c’est  le deuxième extrait de ce livre, paru chez Gallimard,  dont on peut  trouver une analyse ici.

 

 


Ara Babaian – l’autre visage


photo:          pbgalerie

Ara Babaian: The Other Face

Today I am thinking of
The tender arms of history.
Not the bloody pogroms or the conquerors.
Today I am thinking of
A village woman
Baking bread,
Bread so soft that I
Want to rest my head
Against its flesh
And let its heat
Warm me.

L’autre visage
Aujourd’hui, je pense
Aux bras tendres de l’histoire.
Non pas aux pogroms sanglants ou aux conquérants.
Aujourd’hui, je pense
A une femme du village
La cuisson du pain,
Pain si doux que je
Souhaiterais poser ma tête
Contre sa chair
Et que sa chaleur
Me réchauffe.

Ara Babaian, est  un auteur arménien,  que l’on peut  retrouver (  et quelques  textes  ont des traductions en français) sur le site de poésie arménienne, ici.

 

 

 

 


Nadia Tueni – En montagne libanaise


photo perso: montagne du plateau de Lassithi ( Crète)... n'étant jamais allé au Liban... mais je suppose qu'il y a - dans la sécheressse, - des points communs

A la découverte  ( en voletant  cueillir  du pollen ), l’abeille  que je suis  découvre « encres du monde », – de Claire-Lise

dont j’extrais ce  beau texte

En montagne libanaise, un poème de Nadia TUENI (Liban)

———

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière ;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton de coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait notre âge ;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.


L’armoire, porteuse d’histoires (RC)


La vieille armoire, celle qui prend feu
A abrité longtemps des piles de draps
Des trousseaux inutilisés, mangés par les rats
Autres générations , autres enjeux

Tante Ernestine est morte
Un jour d’hiver fardé
Auprès de son feu, attardée
Un jour ,  a cédé sa porte

Et les piles des habits d’antan
Les parures et les dentelles
Napperons de belle vaisselle
N’ont pas attendu les petits enfants

Partis ailleurs  émigrer
Se chercher, loin du bercail
Une raison de vivre, un travail,
Evidemment de leur plein gré

La maison d’Ernestine est vide
Personne n’est revenu au village
Lui rendre un dernier hommage
Aux maisons barricadées, arides

Il a fallu extraire les meubles pesants
Du pays de la famine
Rongés par la vermine
La vie d’antan, du modèle paysan

image: — combinaison informatique, — production personnelle —- dec 2010

Le feu qui maintenant
Dévore le bois craquant du sapin
Se nourrit des volutes du destin
De l’exil, des déserrements

Alors que,  patient témoin gris
L’olivier au feuillage argenté
Décrit le temps des ancêtres arrêté
Sans s’en montrer davantage aigri.

RC