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Enrico Testa – des temps concordants


peinture  John Singer Sargent - les gros rochers  du Simplon

peinture            John Singer Sargent –      les gros rochers du Simplon     aquarelle

dans des temps concordants, l’été,
bien qu’en des lieux différents
du même Apennin,
nous avons essayé, enfants,
de remonter les torrents
pour en trouver la source.

Il y avait une obscurité de sous-bois,
des fougères, un vert à peine plus intense,
un peu de mousse
et des pierres ruisselantes
et rien d’autre :
la déception de l’origine

elle suit un mouvement fluide et vertical
cette montée de la colline
tournant après tournant
vers le soir.

Même les assassins disent
que le vent de septembre est doux :
il nous pousse
parmi les oliviers et les cyprès
et il nous défend
jusqu’à l’anse neutre du balcon
qui sous le ciel gris clair
s’ouvre face à la mer.

Mais à présent, dans le noir,
nous sommes encore en quête
de ton aide :
nous t’appelons du jardin
cachés, par jeu, derrière le mur

sur le terre-plein de la voie ferrée
longeant le bois
les troncs des acacias
sont noirs après la pluie
comme des traits d’encre qui s’écartent.

Pâques est désormais le papier d’argent,
poussiéreux et pâli,
des oeufs, suspendu
aux branches des cerisiers.
Rubans qui miroitent dans le vent
et devraient tenir à distance
le peuple envahissant des merles

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .(Pasqua di neve, Einaudi, 2008)

-Enrico Testa, comme   un certain nombre de poètes italiens  intéressants  –  et méconnus –  peut  être retrouvé  sur le blog d’une  « autre »poésie  Italienne…


Claude Chambard – le chemin vers la cabane-


Claude  Chambard est un écrivain, que j’ai découvert  grâce à Anne-Françoise  Kavauvea,  (  voir  son site « de seuil en seuil »…),  et particulièrement  son article  sur Claude Chambard

 

C’est avec  « le chemin vers la cabane », un recueil de textes  courts,  poétiques  ou récit,  dont voici une  « parcelle »,que j’en donne une  petite idée…  il est édité au   » bleu du ciel  »

photo; Ghedolo

 

 

 

 

 

 

un jour j’ai marché

le long d’une voie ferrée

aucun train n’est passé

 

rien ne voulait de mes guenilles

(ritournelle)

 

 

Claude  Chambard

(un nécessaire malentendu III  )                                                     ed le bleu du ciel    Juin 2008


Eugène Durif, – L’étreinte, le temps 01


Eugène Durif, plus connu pour  sa production de dramaturge,  est aussi l’auteur  de ce texte poétique  que je décompose  en plusieurs parties

 

 

 

 

Le chemin descendait suivant la voie ferrée,

le jardin n’avait pas de limites,

caténaires à fond perdu.

Cela sous le regard,

images abandonnées,

bleu-nuit dans l’absence.

Etait-ce toi près de cette bâtisse

et l’haleine de l’ aube sur tes lèvres,

des caresses échangées furtives