voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Ne rien saisir – ( RC )


photo: Jens Schott Knudsen.

 

Chercher et ne rien saisir…
Suivre un chemin, qui se déroule.
N’étant pas une voie tracée.
Bordée de signes semblent nous être destinés.

En fait c’est un langage qui ne s’adresse pas à soi.
Pas à soi en tant que personne…
Un bavardage qui prolifère, et dans les néons, et dans les annonces.
Une voix chuchotante, qui dissimule sa violence
sous l’amabilité, le jovial.
On peut toujours saisir ce qui nous est tendu, offert.
C’est d’abondance,
mais c’est courir le risque du leurre renouvelé.

Il n’y a de vraisemblance qu’à fermer ses yeux ( et donc n’en rien saisir),
la lumière ne s’accrochant aux choses
que pour mieux en cacher l’ombre .
Ainsi Ulysse continue son voyage
en restant sourd au chant des sirènes.

L’éclat des jeux des lumières, les fanfares pour toute occasion
peuvent poursuivre.

Je ne les écoute pas.

 

RC


Jacques Dupin – Romance aveugle


peinture: Philip Guston

peinture:          Philip Guston

Je suis perdu dans le bois
dans la voix d’une étrangère
scabreuse et cassée comme si
une aiguille perçant la langue
habitait le cri perdu

coupe claire des images
musique en dessous déchirée
dans un emmêlement de sources
et de ronces tronçonnées
comme si j’étais sans voix

c’en est fait de la rivière
c’en est fini du sous-bois
les images sont recluses
sur le point de se détruire
avant de regagner sans hâte

la sauvagerie de la gorge
et les précipices du ciel
le caméléon nuptial
se détache de la question

c’en est fini de la rivière
c’en est fait de la chanson

l’écriture se désagrège
éclipse des feuilles d’angle
le rapt et le creusement
dont s’allège sur la langue
la profanation circulaire

d’un bout de bête blessée
la romance aveugle crie loin

que saisir d’elle à fleur et cendre
et dans l’approche de la peau
et qui le pourrait au bord
de l’horreur indifférenciée

[…]


Alain Giorgetti – pourquoi il marche


image:  Street-art        Escif    Valence  -Espagne

image:           Street-art            Escif            Valence -Espagne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un des textes d’ Alain Giorgetti  visible  sur  son site  tumblr …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce qu’on a le droit de demander à quelqu’un pourquoi il marche de la façon dont il marche… Est-ce qu’on demande à quelqu’un pourquoi il respire comme il respire, pourquoi il a ce grain de voix, cette odeur corporelle, pourquoi il dort sur le côté, pourquoi il crie quand il jouit ou pourquoi il ne prend jamais de sucre dans son café… Mais alors, pourquoi donc demander toujours à celui qui écrit peu ou prou, pourquoi il écrit comme il le fait ? Est-ce que ça ne suffit pas, que ce soit là, parce que ça devait sortir et surtout parce que ça devait sortir comme ça ? N’y a-t-il pas que cela qui compte en fait, en réalité et en définitive…

Parce que, dis-donc ! tu ne la trouves pas un peu compliquée toi, la Vie, des fois… Et ta vie-même, la tienne-là ! celle qui s’écrit sous tes yeux sans s’écrire ! est-elle vraiment si simple, ta vie… Ne se nourrit-elle pas de traces confuses, de paillettes morbides, d’illusions kaléidoscopiques et d’ombres et de lumières… Est-ce que tu as déjà regardé de près une feuille de papier, une tache d’encre, un mille-feuille, un marc de café, un morceau de sucre ou la lampe de ta cuisine…

A chaque fois que l’on me parle d’un écrivain tellement si « super » ou « génial » en la raison de sa simplicité, de son accessibilité ou de son art supposé de la belle communication (spécialité du journaliste-culture estampillé France Inter par exemple)… A chaque fois oui ! un malaise insidieux s’empare de moi, dont l’essence m’entre dans l’oreille comme le poison de Hamlet et je ne cherche plus dès lors qu’à m’enfuir au loin, tel un daim au devant des bulldozers autoroutiers… Sans rien demander.

Ah ! que la vie est quotidienne. 


L’alphabet des métaphores – ( RC )


photo: D Erard

photo: D Erard

 
Ecoute le tressage des abeilles
Le bourdonnement  de la ruche,
L’alphabet des métaphores…
Je dois contempler la lumière ,
M’agenouiller  pour regarder
Les gouttes  d’étoiles prisonnières d’une toile d’araignée,

Après  avoir suivi des cours d’eau
Leur course étalée comme les doigts
Ou les nervures d’une feuille sur le sol,
La palette du ciel abrite toutes les nuances du vent

C’est un haut clocher,
On ne peut pas l’atteindre  sans  s’arracher au sol
Et les strates empilées des terres  et rochers

Une colline est une voix à l’intérieur ,
Les arbres essaient  d’en saisir les mystères,
En creusant plus profond encore,
Et dialoguent  avec l’appel des saisons.
Peut-être  y a-t-il beaucoup à lire,
Sous l’écorce de la matière,
Les nuances de l’écriture qui y est cachée,
Passent  de l’anthracite à l’ivoire,
En ne négligeant aucune  couleur de l’arc-en-ciel.

RC- mars 2015


Mario Luzi – Nature


peinture: J Dubuffet

peinture: J Dubuffet

 

La terre et à elle accordée la mer
et partout au-dessus, une mer plus joyeuse
à cause de la rapide flamme des moineaux
et du trajet
de la lune reposante, et du sommeil
des doux corps entrouverts à la vie
et à la mort dans un champ ;
à cause aussi de ces voix qui descendent
s’échappant de mystérieuses portes, et bondissent
au-dessus de nous comme des oiseaux fous de revenir
en chantant au-dessus des îles originelles :
ici, se préparent
un grabat de pourpre et un chant qui berce
pour celui qui n’a pu dormir,
si dure était la pierre,
et si tranchant l’amour.

Mario Luzi, La Barque in Prémices du désert, Gallimard, Collection Poésie, 2005, p. 69.


Aquarium – ( RC )


photo aquarium de Barcelone

 

Tu entends  des sons
Comme  à travers une  paroi de verre :
Ecoute bien …             on dirait la mer .
Les branchies ouvertes  des poissons,

Semblables  à la conscience : palpitantes
A la surface glisse la lumière,
Là où l’eau s’appuie  sur  l’air.
Entre les nuées,       un soleil dilettante…

Prisonnier  de ta  condition,
Regarde un peu plus haut, que ton univers,
Et même si c’est le monde à l’envers,
Attrape au passage, un rayon,

Porte  les mains à tes oreilles,
Courbées  comme des  coquilles  de noix.
Tu entendras peut-être ma voix ,
A nulle  autre pareille .

On peut les boucher, à la cire
Et laisser  s’échapper      bien des paroles,
Qui poursuivent  ailleurs,      leur  envol ,
Ou faire le choix            de les  saisir…

Ecoute bien…         on dirait la mer .
Son ressac incessant  sur la plage,
Cet aquarium est comme une  cage,
Transparente,  mais  amère…

 

RC – dec 2014


Claude Saguet – Détour


 

 

photo         provenance; chinadaily

 

Détour

 

Barbare,

je marche pieds nus

sur la braise.

Je provoque le moment,

la forme et la voix,

Et je nie jusqu’à l’abolir

ce lieu aigu qui m’égratigne

Pour écrire le voyage

infligé par le feu.


Espaces brisés de la salle aux miroirs – ( RC )


 

pris au piège

 

 

Une salle aux miroirs se penche sur moi,
Des rayons de lumière y rebondissent,
Et sont autant de flèches,
Au trou noir de mon souffle,
Perçant la nuit, sans pourtant atteindre,
Au coeur de ta beauté.

Elle concentre l’azur,
Même quand ta voix s’éteint,
Une part d’infini, dans ta main,
Dans ton visage aussi,
Que je ne peux atteindre,
Condamner à errer, après t’avoir trop cherchée.

Je me noie dans un temps,
Et l’idée que j’en ai,
Même parmi les espaces brisés,
Des miroirs enchevêtrés,
Ne me conduisent pas, jusqu’à ta voix,
Aux silences enroués, ni à ton image…

Elle m’est renvoyée , brisée,
Et ne se superpose pas,
A celle du souvenir,
Noyé aussi dans la noirceur,
D’une distance, s’effondrant sur elle-même,
Comme celle d’une étoile déchue.

RC

———– ( c’est  une variation sur le texte  d’un auteur canadien..  que voici)

Il y a dans mes souliers
Des rues inondées
Où je me noie dans ta main
Il y a dans mes yeux
Ta voix qui s’éteint
Cette noirceur dans l’azur
Il n’y a rien d’autre au-delà de toi
Il y a dans la nuit
Des silences enroués
Pour t’avoir trop cherchée

Le temps s’échappe de moi
Déraciné de l’avenir
Pur au coeur de ta beauté
Que je donne à ma peine

Il y a dans mon coeur
Une plaie dans l’air
Un trou noir dans mon souffle
Où tout s’effondre sur moi


Stabat Mater – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "Stabat mater pergolese lesne"

C’est une voix intérieure,
Dont je peine à dessiner la forme,
Puisqu’elle est cachée dans l’âme,
Et le regard de celui
Qui la fait vibrer ,
Trempée dans celle de la musique,
Et ses couleurs en contre-jour,
Inscrite en dentelles d’encre,
Sur une ancienne partition,
… Notre oreille en ignore,
les passages soulignés de crayon.

Une parenthèse ardente,
Celle de la Passion,
Où l’invisible des sons,
Se transmet de nuit aux jours,
En plusieurs siècles au fil,
Quand se donne le chant,
Jusqu’aujourd’hui,
Et bien plus encore,
D’une émotion palpable,
Partagée en frissons,
Et portée par les accords…

Une colonne s’élève ,
Se sépare en volutes,
Peut-être vers un plafond à fresques,
Dessiné par les voix,
Se détachant des portées,
Emplissant tout l’espace,
Puis fuyant sous les voûtes,
Pour que renaisse le souffle,
S’appuyant sur le silence,
Remplacé bientôt par
le tapis dense d’instruments anciens.


( en hommage à la restitution des musiques du passé,
et ici particulièrement dédié à Gérard Lesne,
dans son interprétaton du « Stabat Mater  » de Pergolèse)

RC –  10 novembre 2013


Abdallah Zrika – Les murs vides de mon corps


 

 

 

 

 

LES MURS VIDES DE MON CORPS

Je ne sais pas.

Mais ce que je sais, c’est le jour où j’ai décidé de m’arracher de mon corps. Je ne sais pas comment cela est arrivé.

Mais je me suis trouvé comme ça : j’ai ôté tous mes vêtements. J’ai ouvert un peu la porte. Je ne sais pas comment j’ai fait.

J’ai voulu sortir tout nu.

J’ai voulu tout jeter comme on jette une ordure. J’ai senti à ce moment-là que tous les gens étaient contre moi, que même les mots me fuyaient, que j’étais devenu vide. Complètement vide.

Un vide qui résonne. Et complètement vide de mots. Moi qui avais décidé de ne mettre aucun vêtement, aucun nom, aucune désignation…

J’ai senti que toute chose se détachait de moi, se dissipait, je n’avais pas ôté seulement mes vêtements – leurs vêtements si je puis dire, leurs : je ne sais pas dire autrement – , mais j’ai ôté tout ce que j’ai vécu. Peut être n’ai-je rien à laisser qui m’appartienne, tout leur appartient, même mes ordures. J’ai ouvert encore un peu la porte. J’ai vu le premier mur devant la porte.

Même ce mur m’est apparu tout nu, rasé, chauve. J’ai reculé un peu pour écrire le premier mot qui m’est venu après avoir pris une décision. mais j’ai senti que ma tête était vide, d’un vide incroyable.

Le papier est resté blanc, d’une blancheur presque bleue. j’ai senti que les mots sont comme les vêtements, lourds et suant, que toute chose est lourde d’une lourdeur insupportable et qu’il n’y a que moi à être léger, très léger.

Puis je me suis retrouvé en train d’ouvrir toutes les fenêtres, même le robinet d’eau, et d’allumer toutes les allumettes que j’avais. Plus tard, j’ai entendu frapper et une lettre glisser sous la porte ; une voix suffocante disait : facteur. je ne sais pas pourquoi mes doigts n’ont pas bougé affin de toucher la lettre restée, moitié à l’intérieur, moitié à l’extérieur, sous la porte. Je ne pouvais rien toucher comme si une paralysie totale me prenait. je sentais seulement mes yeux qui bougeaient tout seuls, ou il me semblait qu’ils bougeaient, je ne savais pas.

C’est terrible ce qui m’arrivait, une faim incroyable m’avait prise mais je ne pouvais toucher le pain qui était sur le coin de la table. Puis j’ai vu que le mur était vide, d’un vide que je n’avais jamais vu, que je n’avais jamais senti avant. Et ces jambes – mes jambes – , allongées là, avec des poils lourds, d’une lourdeur que je ne peux supporter. Je n’ai pas su ce qui s’est passé lorsque la nuit est venue. Je n’ai pas allumé la lumière, les heures se sont succédé, et je n’ai pas senti le sommeil.

Et au matin, je n’ai pu distinguer les mots que j’entendais de loin. Je n’ai pas ouvert la porte quand j’ai entendu frapper encore. Et lorsque je les ai entendus, en plein jour, je ne suis pas sorti comme je l’avais décidé le premier jour. Je n’ai pas fait attention à la voix du robinet ouvert. Et je n’ai pas touché – oui, touché – le pain posé sur le coin de la table, je l’ai jeté par la suite afin que la table soit tout à fait vide.

Je ne supportais rien, même pas un tout petit point sur la table. J’ai jeté plusieurs papiers sur lesquels j’avais écrit, avant. J’ai laissé la chaise et je me suis assis sur le froid du sol. Je me suis réjoui de voir le verre vide, les allumettes brûlées jetées ici et là. J’ai éprouvé une joie énorme en voyant une mouche morte. Je me suis vu comme cette mouche, sans mouvements. Les pattes croisées et déformées. Je suis resté comme ça, sans bouger, lorsque j’ai entendu des voix, dehors, et je n’ai pas regardé par la fenêtre.

 

Tout est loin. Loin. Je me sens très petit, d’une petitesse sans égale, et toute chose est plus grande, très grande. Même ce point que je vois sur le mur. Tout est grand, très grand. Comment ne m’en suis-je pas rendu compte auparavant ? Je me sens très détaché de tout, solitaire, d’une solitude terrible.

Même la faim s’est détachée de moi.

Je la sens plus grande que moi, plus grande que cette pièce même. Je ne parviens pas à la distinguer. J’ai vu une lettre posée là, une lettre que je n’ai pas ouverte, là depuis trois jours. Je ne l’ai pas touchée. Je sens que ma tête est vide, complètement vide, et aucune pensée n’est dedans. Rien. Rien.

Ce mot qui résonne vide dans mon vide. Je sens que quelque chose me tient cloué là, entre ces choses qui ne me concernent pas. J’ai encore entendu – ou imaginé – frapper avec insistance à la porte. Ce sont les autres. C’est leur porte.

Ce n’est pas moi, je n’ai aucune porte. Je n’ai aucun mur.

Ce sont les murs des autres. Je n’ai aucune maison. Même ces choses-là leur appartiennent, à eux.

Ce sont eux qui les ont jetées hors de leurs portes à eux, ce sont eux qui m’ont jeté ici. J’habite entre leurs murs et devant leurs portes. Les gens qui frappent à cette porte, frappent à leurs portes, et peut-être me disent-ils de m’éloigner de leurs portes, de leurs murs.

Que vais-je dire ?

Ai-je vraiment quelque chose à dire ?

 

Abdallah Zrika dans Petites proses, éditions de l’Escampette.

 


Les horizons encore, derrière (RC)


peinture: Erich Heckel:        chevaux blancs        1912

Il y a tant  d’horizons encore, derrière la tombe du silence,
Tu peux partir blessée, à déchirer la lune
Et l’image de l’aimé,
T’enfoncer dans les ornières,        et t’égarer en chemin
Les oiseaux de passage, – ils ne te prennent pas ta voix,
Mais de la leur,                      te montrent, au petit matin,
Le jour naissant,                     dans ses habits de rosée,
Et la voie, un chemin ténu
Qui finit bien,                                                      un jour

Par sortir de l’hiver

 

RC –   30 avril 2013

voir le blog de phedrienne:


Il est des paroles précieuses ( RC )


installation:               Michael Heizer

 

Il est                         des paroles précieuses,

De celles qui dessinent un contour inoubliable

A travers l’air, à travers l’espace d’une page.

Il est des voix, qui traversent les époques,

Marquent la peau des mots

De la couleur des choses précieuses,

Et qu’il serait inutile de taire, d’enfermer dans une boîte,

Et de                                      soustraire au monde,

Comme celui qui enfouit son or, sous la terre.

 

Celle-ci a beau garder ses secrets,

Sous l’épaisseur nourricière, parcourue de racines,

On y trouve quelquefois des bijoux, et quelques pièces,

Mais surtout des cadavres,          qu’il est plus décent

De cacher aux yeux des vivants,

Et de cacher aussi les crimes,      des mêmes vivants,

En attendant l’oubli,       – à défaut de pardon

Et le retour à la terre…

 

Sous elle, –                       beaucoup de silence,

De la glaise collante         et des pierres lourdes,,

Mais , des pensées et des voix,                point ;

– Elles ont besoin des vivants

Pour continuer leur course,

De bouche en oreilles,              d’écriture en lecture,

–    De pensées en pensées,         comme ricochant

Sans s’arrêter           sur un fleuve devenu très large,

Que chacun alimente,                           à sa façon.

 

Il est des paroles précieuses,

Marquées de la peau des mots,

Qui coulent de source

Et leur couleur importe aussi ,       peu,

Sans jamais les enfouir

Dans son corps

Ou au creux de la terre.

 

— > Il suffit de les écouter.

RC – 22 avril 2013

écrit  en relation avec un texte  précédent:

« manteau de terre »


Suspendu à ton regard ( RC )


photo:   Lewis Wickes Hine (1931)

 

Suspendu dans le vide,

Quelque part sur les hauteurs,

J’entends crier la voix du vent,

Sous le regard étonné des nuages

— Ne reconnaissent pas mes mots

Au delà des précipices…

 

Ravins obscurs d’où monte une brume

Qui déjà m’enveloppe .

 

Ce n’est pas une corde

Qui serait le fil  me reliant à la vie

Entre deux rochers

Mais juste ton cou que j’entoure,

Suspendu à ton regard,

Au-delà du vertige.

 

RC – 18 avril 2013

photo           Lewis Wickes Hine        – Icare


Comme j’aurais aimé l’écrire -( Par l’entremise de V Hugo ) – ( RC )


photo:             Bruno Monginoux

 


texte proposé à partir de quelqu’un qui a dit – à propos des vers de Hugo ci après

 » comme   j’aurais aimé l’écrire »:

Ecoute l’arbre et la feuille
La nature est une voix
Qui parle à qui se recueille
Et qui chante dans les bois

Victor Hugo

———————-
( Comme j’aurais aimé l’écrire…
Et faire aussi beau
Qu’un texte de Hugo…. )

Si tel est ton désir,
Pour faire un recueil,
Prélève donc une feuille

Tresse une couronne
Des ors de l’automne
Chante d’une voix pure,

Et conduis l’écriture…
– Elle viendra à toi
Suggérant à travers bois

Le récit qui allume
Le parcours des plumes
Au travers des roseaux

Et le chant des oiseaux
Grandira, se fera lecture
A travers ta nature

RC – 15 janvier 2013


Lucien Suel – Sombre Ducasse 7 ( suivi de ma « réponse » ) – ( RC )


montage  perso  de deux photos perso:  nature morte aux  sables

montage perso       de deux photos perso:                      nature morte aux sables de la Bléone

Sombre Ducasse (version justifiée) 7

si le point de départ vient à changer

aura-t-on le même point au final ceux

qui utilisent des bandes coulissantes

sur trois magnétophones n’anéantiront

plus le complexe comateux bande bande

bande blue stardust jack off moi j’ai

tout fait j’étouffais alors quel sera

le numéro silence silence silence ces

dispositions hétéroclites ces séances

particulières datent sans doute de 23

ans avant la dernière guerre nous les

détruirons les erreurs surtout celles

qui consistent à croire que les moins

grands sont les plus jeunes ou que le

plus grand est le plus vieux détruire

toute la hiérarchie serait saugrenu à

moins de placer les petits les moyens

les grands contre un mur de manière à

déclencher le feu des fusils à canons

sciés le sens de l’écriture a orienté

tout pour tous de manière ignoble les

maladresses ont été nombreuses il y a

eu trop de ça tout au long des années

des siècles à venir ceci n’allait pas

tout seul il faudra placer des garde-

fous plus rigides sur les limites des

manières de vivre aujourd’hui séparer

mettre à l’écart les cas gênants nous

avons trop peu de renseignements tous

nos souvenirs brillants de la seconde

guerre mondiale s’estompent déjà dans

les vents froids et foireux les vieux

partis au diable vos vers sont séchés

soumis à la question trop souvent ils

ne sont plus que d’anciens modèles de

voitures reproduits sur carte postale

 —-

Le texte  de Lucien Suel,  extrait de « silos »,  est visible directement  sur  cette page…, l’auteur, en m’autorisant à republier  son texte, me  renvoit  aussi à sa version 2, ici

 

Je ne suis pas là, je ne pourrai pas t’accompagner

dans la course, et découper le temps avec des

ciseaux,ainsi la musique se déroule, et les chevilles se coulent,

sans hiérarchie, sur la piste, il y a le parquet qui brille, les passages le frottement de la lumière,

et la musique de Coltrane, my favourite things, qui me rappelle, mais j’ai vérifié, c’était autre chose,

le film de Pierre Etaix,Yoyo… j’ai encore dans les yeux la fumée des usines qui rentre dans les cheminées, plutôt que d’en sortir, tu vois, j’ai sans doute égaré bien des souvenirs, en route, en semant trop de cailloux blancs – pour écouter le silence

je me suis un peu perdu, sur des chemins qui s’égarent.

Oui, j’aurais eu besoin de garde-fous, enfin, si on veut, si on parle de fous,

car justement, ce sont des voix d’hiver ( diverses), qui permettent de trouver la sienne,

les chemins de traverse, comment se repérer faire que sa voie soit la sienne et sa voix personnelle…

J’ai traversé des tableaux sépia , croisé Francis Bacon à Paris,

pianoté un peu, et caressé la lumière qui se posait sur mes toiles.

Les vers séchés ( comme les lombrics égarés après une forte pluie), composent mes poèmes,

que je triture volontiers, en sautillant à cloche pied, varier les appuis, les cases de la marelle

pour aboutir à la case « ciel », j’écoute les voix diverses, je m’enrichis de ta voix…

et finalement j’ai laissé tourner les bandes magnétiques, laissé les ciseaux à d’autres,

mon univers est de la couleur et de l’argenté.

Passent  d’anciens modèles  de voiture reproduits sur les magazines….

RC  14 décembre 2012


Miguel Veyrat – Je n’aurai pas peur de la mort


 

dessin:           Albert Dürer                     le trophée de Bohème.       Vienne

 

 

 

JE N’AURAI PAS PEUR de la mort
lorsque s’achèveront les mots,
car ma voix s’anime
au vent qui donne la vie,
qui s’agite
ou qui brille en sombre majesté,
et qui parfois frémit.
C’est plus fort
que l’amour et que la peur,
et plus fort
que la mort tout entière. (Un coq
chantera lorsque s’achèveront
les mots
—mystère: Moitié rêve
et moitié miroir l’aiguillon, silence).
Je serai enfin réel: je mourrai
en train d’agir, en train de vivre.

 


poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )


peinture perso: maternelle  age  5 ans  (  j'ai probablement  été fortement aidé...  toujours est-il que j'ai  toujours cette peinture,  d'un format 50x65 cm)

peinture perso:            maternelle                   age 5 ans          ( j’ai probablement été fortement aidé…                 toujours est-il que j’ai toujours cette peinture,    d’un format 50×65 cm)

Feu

 

« Feu que les hommes regardent dans la nuit, dans la nuit profonde,

Feu qui brûles et ne chauffes pas, qui brilles et ne brûles pas.

Feu qui voles sans corps, sans coeur, qui ne connais case ni foyer,

Feu transparent des palmes, un homme sans peur t’invoque.

Feu des sorciers, ton père est où ?      Ta mère est où ?       Qui t’a nourri ?

Tu es ton père, tu es ta mère, tu passes et ne laisses traces.

Le bois sec ne t’engendre, tu n’as pas les cendres pour filles, tu meurs et ne meurs pas.

L’ âme errante se transforme en toi, et nul ne le sait.

Feu des sorciers, Esprit des eaux inférieures, Esprit des airs supérieurs,

Fulgore qui brilles, luciole qui illumines le marais,

Oiseau sans ailes, matière sans corps,

Esprit de la Force du Feu,

Ecoute ma voix :                 un homme sans peur t’invoque »

Poème Bantou

(traduit par Léopold Sedar Senghor)


Walt Whitman – Chant de moi-même


 

 

 

 

Chant de moi-même (extrait)

Je me célèbre moi,
Et mes vérités seront tes vérités,
Car tout atome qui m’appartient t’appartient aussi à toi.
Je paresse et invite mon âme,
Je me penche et paresse à mon aise . . . . tout à la contemplation d’un brin d’herbe d’été.
Maisons et pièces regorgent de mille parfums . . . . les étagères débordent de parfums,
J’en respire moi-même l’arôme, je le connais et je l’aime,
Cette quintessence pourrait m’enivrer à mon tour, mais je saurai lui résister.
L’air n’est pas un parfum . . . . il n’a pas goût de cette quintessence . . . . il est inodore,

Il s’offre éternellement à ma bouche . . . . j’en suis épris,
Je veux aller sur le talus près du bois, j’ôterai mon déguisement et me mettrai nu,
Je brûle de sentir son contact.
La buée de mon propre souffle,

Échos, clapotis et murmures feutrés . . . . racine d’amour, fil de soie, fourche et vigne,
Mon expiration et mon inspiration. . . . . les battements de mon cœur . . . . le passage du sang et de l’air
dans mes poumons,
L’odeur des feuilles vertes et des feuilles sèches, du rivage et des rochers sombres de la mer, du foin
dans la grange,
Le son des mots éructés par ma voix . . . . mots livrés aux tourbillons du vent,
Des baisers à la dérobade . . . . quelques étreintes . . . . des bras qui enlacent,
Le jeu de la lumière et de l’ombre sur les arbres aux branches souples qui ondulent,

Traduction Éric Athenot de l’édition de 1855 éditions José Corti

Walt Whitman

 


Claude Esteban – Blanche


 

 

 

Art: Käthe Kollwitz    auto-portrait  1903

 

 

Blanche.

Elle divise le temps
en deux
Sceptre et cilice.

L’écume ne meurt pas

lèvres ouvertes
aux lèvres.

Blanche

Emmurant l’oiseau.
Tranchant le nerf fragile des coquilles.

Sans que la voix
revienne.

Nue dans le sel.

 


Norbert Paganelli – Lait et lumière


 

 

 

installation Wolfgang Laib: Pierre de lait

Lait et lumière

Il n’y a guère de lumière
Tout en haut de la montagne
Il y a ce lait blanc
Que nous buvons chaque matin
Nous le buvons lorsque femme se peigne
Et le soir lorsqu’elle se dénude

Du lait oui mais de lumière point

Vous pourrez la débusquer derrière les rives
Ou sous la mousse lisse et claire
Chantant en cachette d’une  voix presque éteinte

Elle peut aussi être ici sur les pages blanches
Jamais écrites et jamais imprimées
Oui à coup sûr vous pourrez la surprendre
Au cœur du conte qui murmure
Entre deux sourires à peine esquissés

Et puis il faut dire que certains jours
Lorsque l’appétit fait défaut
La lumière inonde le lait
Mais alors
Ce n’est plus du lait
Il est passé de sa claire apparence
À la promesse d’une haute renommée

 

installation Wolfgang Laib: cinq montagne s qu’on ne peut escalader ( pollen de dent de lion 1994 )

 
Lati è lumu

Ùn ci hè tantu lumu
In punta à la muntagna
Ci hè stu lati biancu
Chè no biimu ogni matina
U biimu quand’è donna si pittina
È a sera quand’idda si spodda

Lati iè ma lumu mancu di stampa

U pudareti truvà da daretu à i ripa
O sottu à u murzu lisciu è chjaru
Cantendu à l’appiattu à boci quasgi spinta

Pò essa dinò quì sopra à i pàgini vèrgini
Mai scritti eppò mai stampati
Iè di sicuru quì u pudareti scuntrà
Inchjudatu in a fola chì sussura
Inquattratu à surisi chì spùntani

Eppò veni à dì chè certi ghjorna
Di pocu manghjà
Lumu si metti ancu in u lati
Ma tandu
Lati ùn hè più
Hà scambiatu a so chjara condizioni
Pà una prumessa d’alta rinumata

N Paganelli

ses textes  sur la Corse, et en langue corse, peuvent être lus  sur son site Invistita

 

Né en 1954, Norbert Paganelli a poursuivi des études de droit et de science politique avant de conduire des séminaires de formation dans plusieurs entreprises. Sa passion pour l’écriture poétique le conduit à collaborer à plusieurs revues et à publier un premier recueil « Soleil entropique » en 1973.
Il s’engage ensuite dans le mouvement culturel insulaire en publiant plusieurs recueils en langue corse qui ont tous été favorablement accueillis.

 

Il est l’auteur de   » invistita – le livre » ,  et   » Canta à i Sarri – le livre« 


Claude Roy – Pour L


peinture: Alberto Giacometti – l’atelier

POUR L.

Une pensée sans mot   pensée sur la pointe des pieds
entre sourire d’amitié   caresse inachevée   silence heureux
A peine l’éclair vif d’une truite au torrent
La trace s’effaçant d’une étoile filante
ou l’esquisse du chant d’un oiseau très petit

Une pensée de toi m’a effleuré
en chuchotant      Je ne fais que passer

C’était ta voix
ta voix de vent léger sur les dunes de pin
la mer qui souffle bas sous une lune pâle
voix de pieds nus   de feu de bois de citronnelle
de la mousse d’écume aux crêtes de la vague

ta voix traverse-temps qui tisse mon espace

FOR L.

Thought without word, a thought on tiptoes
between smile of friendship  unfinished stroke,  happysilent
Hardly bright flash of a trout stream in
Erasing the trace of a shooting star
or the outline of the song of of a  very small bird

A thought of you touched me
whispering       I’m just passing through

It was your voice
your voice of light wind  upon pine dunes
sea ​​blowing down   under a pale moon
voice of  barefoot   wooden  lemongrass fire
foam to foam crests of the wave

your voice weaves through time-my space

Claude Roy (Le Haut-Bout, vendredi 1er janvier 1993
Herbes au vent, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard


Claude Esteban – Blanche


peinture d’artiste russe ( non identifié) XIXè siècle

 

Blanche.

Elle divise le temps

en deux.

Sceptre et cilice.

L’écume ne meurt pas

lèvres ouvertes

aux lèvres.

Blanche.

Emmurant l’oiseau.

Tranchant le nerf fragile des coquilles.

sans que la voix

revienne.

Nue dans le sel.

 

 


Béatrice Douvre – Habiter la halte brève , la rive avant la traversée


peinture: Arnold Bocklin, Odysseus & Calypso 1882

Habiter la halte brève
La rive avant la traversée
La distance fascinée qui saigne
Et la pierre verte à l’anse des ponts

Dans la nuit sans fin du splendide amour
Porter sur l’ombre et la détruire
Nos voix de lave soudain belliqueuses
L’amont tremblé de nos tenailles
Il y a loin au ruisseau
Un seuil gelé qui brille
Un nid de pierre sur les tables
Et le pain rouge du marteau
La terre
Après la terre honora nos fureurs
Ô ses éclats de lampes brèves

Midis
Martelés de nos hâtes
Tant d’éphémères mains, tant de vent
Ce soir
Tarde la magique lueur
Et ton nom est incertain
Parmi de pauvres roses
Ton nom défait les fleuves où la lumière nage
J’ai patienté pour accueillir
Longue ta voix le long des longues herbes
Mais tu es seul parmi la pierre des étoiles
Ta voix prolonge la source des vivants
J’attends pour te reprendre de n’être qu’un langage

L’aube étincelle dans l’herbe des vigueurs
Souffle mûr mêlé du sang des hommes
Tu marchais réinventant le pas du sol comme une soif
Dans le vent neuf
Je te regarde tu courais
Geste habité du voeu de naître
Auprès des croix
Qui font parfois les pierres profondes

Le visage traversé
Dans des jardins à jambes de verre, et de roses
Quand recommence la mer tendue
Des lampes, et le froid
Et que l’on tient, dans les mains, le dernier monde
Rêve, et à l’avant du rêve un corps l’éclaire
J’ai peur de ces troupeaux dans le progrès des lampes
Peur de la terre des pas
Près de la porte où penche
La nuit lourde de l’aile
Il y a ce péril
Des lampes dans la maison
Ce désir
Comme un taureau dans l’or
Un feu de bois de rose
Coupé par l’hiver

La voix changée m’emmenait dans ses tours
Je dérivais au son des campagnes
Dont l’été meurt
Marcher maintenait une lampe
Des lacets d’oiseaux noirs de songes
Cherchant farouchement le ciel
D’un bord à l’autre
Comme une voix changée qui chante
Qui refuse
Marcher maintenant m’éclairait

Des mains brunes ce soir ont recueilli
Longuement l’eau patiente du soir
Du vent passait
Dans le vent des doigts
Amers des fileuses
Et au-devant
Les troupeaux sont la pierre même
Etrangement
Debout dans la paille limpide
Venue
Des mains fidèles des fileuses
Aux fronts de vent.

Regarde-moi courir, m’éloigner dans l’apparence
Vers les rires bleus de l’air
Immense
La soif divisée
J’ai l’appétit fermé par le malheur
Comme ces bêtes au front silencieux
Ont mille morts mille hontes légères
Un vent du sol entier
Parcourt mes membres, leur perfection
De sable froid
Soulève encore une piste de pas
Et d’autres pas se perdent sur la mer
D’autres mains, doucement infinies
J’ai l’âge travesti des forêts, mais je danse.

La part du jour froissée d’oiseaux
Jusqu’aux fatigues
Nos pas
Relancés en lueurs
Déjà
L’air élargi
Là sous le volet lourd
Ô d’heures encore chaudes
Jusqu’à l’ouvert où vaincre
L’inanité
De nos demeures

Femmes pleines de nuit, aux voiles vierges et noirs, vous saignez dans les ports et vos
barques sont sèches.
Le silex de vos mains taille des regards de diamant aux enfants qui vous pendent.
Il vous faudra perdre le vent de vos cheveux et revenir aux Villes. Mendiantes au ventre
lourd, vous dressez des drapeaux avec vos âcres jupes odorantes.
L’acier de vos paupières ressemble aux grands radeaux qu’on voit sur les tableaux de mer.
Rires, et l’évidence de vos pas nus sur le marbre des pelouses ; indifférentes aux grandes croix
qui trouent le ciel bas et mauve.
Je bénis vos épaules que creuse un sein maudit, et vos bras matinaux, blancs de draps,
comme un lait de montagne.

BEATRICE DOUVRE


Thierry Metz – extraits de Terre


photo- montage Raphaëlle Colombi

 

 

 

J‘entraîne mes pas.
Dans une demeure que je n’attendais pas,
si frêle
où ma voix
comme une torche
s’éteint.
Ne s’entend plus
que sur un bûcher.

 

Mais la voix revient, chargée de foin :
Où sommes-nous ?
Quelle heure est-il ?
Il n’est que maintenant. Et c’est le livre. Et je n’ai rien trouvé d’autre. Mais je sème. Tout ce que je suis. Pour qu’il y ait un chemin au croisement de nos voix.
Je me tais.
J’écoute.
Un oiseau s’est posé sur moi.
Quelqu’un dans la haie a
ouvert un livre
                   malgré les épines

 

Thierry Metz

 

 


Karen Dalton ( RC )


Karen Dalton

 

 

 

-( C’est un hommage à la voix de la chanteuse des années 70..(lien Youtube)..
pas si connue  que cela aujourd’hui,  et dont j’ai essayé de traduire
la sensation éprouvée…)

Elle me parle…

Je ne sais

Comment dire, comment la dire

Etre happé par la musique

Et le déroulement sans heurts

D’une mélodie douce

Mais cette voix

Ecorchée, rouge et triste

Qui dit

Comme le son du cor.

Du vécu , qui s’étire

Le blues

Des raisons du vivre   *

Un sentier, de failles

Et ses feuilles  desséchées, fondues avec le sol,

Offertes, en fragilité ,et cassures,

Et la parole saupoudrée

Franchissant les années

Sans la nuit  couvrant la terre

Et vibrant , avec en pensée Lady Day  *

Dans un même espace

La tunique serrée autour du corps du monde

Et l’émotion, avec

Etrange chose  que sa voix

Qui m’emporte au loin…

 

RC  10 juin 2012

 

*  Lady Day  est le surnom donné à Billie Holiday, dont il y a effectivement
beaucoup d’affinités  –  voir  ma parution précédente  sur  « Strange fruit »

* Raisons de vivre est un des titres  de Karen Dalton