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Jackson Pollock – ( RC )


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Ce sera comme une ivresse,
la tête vidée, informe,
et l’univers à soi,
qui tourbillonne.

La toile est déroulée sur le sol,
tu peux te permettre de la fouler aux pieds,
d’y lancer des éclats,

qui finissent en nébuleuses,
le noir combattant le blanc
à la manière d’un furieux yin et yang..

La main a le prolongement de peinture,
celle-ci goutte, jaillit,
à mesure que tu danses.

Tu perds la notion d’équilibre :
le haut et le bas peuvent s’inverser .
L’espace est un univers
d’une douzaine de mètres carrés,

et tu flottes au milieu
les gestes te répondent à peine,
tout ce qui arrive,
t’échappe des doigts .

Un vide à l’intérieur , et personne
ne comprend pourquoi tu tombes,
sans pourtant chuter

pourquoi les figures se dissolvent ,
pourquoi les lignes se nouent et se recouvrent,
presque à ton insu.

Et si c’est un excès, une fatigue
elle dépasse le ciel par sa transe,
dans une myriade d’éclaboussures.
Une fois jetées, violemment extraites du pot,

elles s’éparpillent comme des étoiles, :
un big bang renouvelé ,
des éclats figés sur la toile,
que personne ne peut rattraper.


RC – nov 2016

 

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François Cheng – le vide


La notion de vide, comme principe dynamique  est développée   par l’écrivain chinois  François Cheng.

Comme le moyeu d’une roue dont tous les points sont en mouvement  à l’exception du centre, le vide occupe une position centrale dans la pensée chinoise.

Il prend une valeur positive lorsqu’il est lié à la notion du souffle, car selon cette pensée, l’ordre de la Vie qu’est le tao, « voie », a été rendu possible lorsque du vide originel a jailli le souffle primordial qui anime désormais toute entité vivante. Le mot « vide », {tl en chinois, évoque un vase vide ou un tertre inhabité. Sa prononciation xu (hsii) sugère )ustement un expir, un souffle qui passe.

Le vide positif est donc à percevoir comme l’espace où se génère et circule le souffle, le lieu par excellence où s’effectuent les transformations.

dessin calligraphique de Chu-Ta

Ni principe abstrait, ni catégorie vague, le vide est dynamique, intervenant au sein même de la vie courante. Pour ce qui est du fonctionnement du souffle lié au vide, on distingue, à la base, trois souffles qui agissent en concomitance : le Yin (douceur réceptive), le Yang (puissance active) et le vide-médian.

Ce dernier prend place lorsque le Yin et le Yang sont en présence; il a le don naturel d’entraîner les deux souffles dans l’interaction, et par là dans le processus de la mutation réciproque.

Et à propos des oiseaux,  voir  les posts de février 2012:

suivre l’empreinte de l’oiseau

suivre le poisson, suivre l’oiseau