Gabriela Mistral – complainte


art: Isabelle Levenez Tout a pris dans ma bouche une saveur persistante de larmes; le repas quotidien, le chant et jusqu’à la prière. Je n’ai pas d’autre métier après celui-ci silencieux de t’aimer, que cet office de larmes, que tu m’ as laissé. Mes yeux serrés sur de brûlantes larmes! bouche convulsive et tourmentée où tout me devient prière ! J’ai une de ces hontes … Continuer de lire Gabriela Mistral – complainte

Bordée par la nuit – ( RC )


peinture:  Arthur Dove « moon & see II »   L’œil blanc est sans expression, et dissémine un clair distant , qui ne rappelle pas les ombres . L’univers est bordé par la nuit . On ne sait pas s’il s’éveillera dans le balbutiement des étoiles . Les entrecroisements des branches se courbent dans une silhouette les confondant avec celles d’autres arbres . La lune pointe parfois … Continuer de lire Bordée par la nuit – ( RC )

Jacqueline Harpman – le cri


  Sculpture  Franz Xaver Messerschmidt   — Et l’unique cordeau des trompettes marines résonne encore en moi. Je suis debout à la pointe de l’île et je tremble de douleur. J’ai entendu la voix qui montait des grands fonds marins, peut-être avait-elle traversé l’univers depuis les plus lointaines étoiles, elle avait parcouru tous les temps qui se sont écoulés, elle portait la trace de la première … Continuer de lire Jacqueline Harpman – le cri

Alain Helissen – ( my life on a horse back ) 10027810


  photo: montage  perso  2014 – n’écoutez pas aux portes le bruit des prépa- ratifs dispersez-vous mouvements des marées le hasard emportait parfois des victimes vous cherchez bien entendu à vous tailler la part du lion à lion lion et demi vous n’avez pas les crocs de l’emploi qui vous a appris ténacité mensonge outrecuidance feintise arrogance calomnie pègre intesti- nale il vous faut beaucoup … Continuer de lire Alain Helissen – ( my life on a horse back ) 10027810

Magnolias de Lady Day – ( RC )


montage – RC — Comment dire en mots, cette voix presque fluette, les magnolias de Lady Day, le blues intemporel, de miss Billie, à l’infinie fêlure : j’y entends toujours, le feu couvant sous les braises, la langueur de vivre, les pages d’amour, déchirées de mots naufragés. Si elle donne corps aux plus simples mélodies, le swing et sa détresse, parfument le jazz, de son … Continuer de lire Magnolias de Lady Day – ( RC )

Catherine Pozzi – Nova


Dillon Samuelson       –  everything Happens to Someone   Dans un monde au futur du temps où j’ai la vie Qui ne s’est pas formé dans le ciel d’aujourd’hui, Au plus nouvel espace où le vouloir dévie Au plus nouveau moment de l’astre que je fuis Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie Mon plus extrême cœur fait du sang que je suis, … Continuer de lire Catherine Pozzi – Nova

Norge – Petit clairon


  Petit clairon de modeste note Tu t’égosilles dans le matin, Dis-moi, petit clairon de parlote Dis-moi pourquoi tu as du chagrin. Dis-moi pourquoi, clairon de faubourg Ton fa dièse a tant de détresse, Dis-moi si c’est le nord qui te blesse Ou si ton mal est un mal d’amour. Petit museau musant grêle et froid, Comment fais-tu pour chanter en berne Et pour jeter … Continuer de lire Norge – Petit clairon

Foroukh Farrokhzâd – il n’y a que la voix qui reste


peinture:  Arpad  Szenes Pourquoi m’arrêterais-je, pourquoi? Les oiseaux sont partis en quête d’une direction bleue L’horizon est vertical L’horizon est vertical, le mouvement une fontaine Et dans les limites de la vision Les planètes tournoient lumineuses Dans les hauteurs la terre accède à la répétition Et des puits d’air Se transforment en tunnels de liaison. Le jour est une étendue, Qui ne peut être contenue … Continuer de lire Foroukh Farrokhzâd – il n’y a que la voix qui reste

Ouvert sur l’infini – ( RC )


  C’est ouvert sur l’infini, d’une belle transparence ; il y a le scintillement des étoiles, une cascade d’astres  ( ils ne tombent pas ) . Cela ruisselle comme une eau, à travers un ciel qui n’a pas de limite. Le regard porte loin, et s’il le faut on s’aide d’engins perfectionnés. Des télescopes qui nous font découvrir, cachés, des mondes palpitant par leurs ondes, … Continuer de lire Ouvert sur l’infini – ( RC )

Nathalie Lauro – Et sur la mer


Regarder au hublot Et ne rien y voir naître, Ni le laid, Ni le beau, Et non plus rien paraître. Regarder sur la mer, Tout est noir, tout est gris, Tout est pluie et minuit, Tout est nuit et ennuie. Regarder le salon, Les gens dorment et rêvassent, Regarder le salon, J’ai sommeil tout s’efface. Mais de là, tu es beau, tu es fort Et … Continuer de lire Nathalie Lauro – Et sur la mer

Une île de douleur – ( RC )


  Une frêle île flottante, une barque malmenée par les vagues chargée jusqu’à ras bord d’abandon et de douleur. C’est  une partie de pays mise en quarantaine, qui espère un jour retrouver la terre ferme. Epuisée des orages, abandonnée par le soleil, à chaque jour son naufrage une barque prisonnière du destin Comme un oiseau dans sa cage livré aux éléments, c’est une île fragile … Continuer de lire Une île de douleur – ( RC )

Samira Negrouche – Illusion


Illusion mon regard s’abandonne sous l’eau cristalline de l’oued en crue flottaison mes sens en arythmie au corps qui se promène sur le cours incertain M’en aller comme feuille d’automne et m’oublier au travers des branches en furie des eaux ravagées de la soif inépuisable des tuiles tombantes de la maison dégarnie m’en venir au petit matin effleurer ton rivage. ( extrait de L’heure injuste … Continuer de lire Samira Negrouche – Illusion

Sylvia Mincès – cauchemar en paradis


Peinture:      Maria Brzozowska         faiseurs de vent flèche ambrée transpirant d’une sève agonisante tandis qu’elle est broyée… Sillon de disque gémissant sous la brûlure su saphir… Prairie de trèfles sanglotant, en proie à une  monstruosité carnassière de tondeuse… Camel entre deux doigts expirant, sitôt ses volutes de souffrance évanouies… La porcelaine, délicatesse lunienne, se contracte sous l’étreinte violente d’un potage d’hiver … Continuer de lire Sylvia Mincès – cauchemar en paradis

L’ép(r)ouvante – ( RC )


peinture – Frida Kahlo —   Epouvante, qu’il pleuve ou qu’il vente, tu t’échappes des contes pour enfants, et ris de toutes tes dents: et si c’était une comptine, on verrait luire tes canines  …    Et encore, l’épouvante , chante comme la cigale de La Fontaine, mais trouves avec peine l’hiver étant venu, ( air connu ), où se loger dans les arbres dévêtus … Continuer de lire L’ép(r)ouvante – ( RC )