l’étoffe des fleurs a longtemps attendu notre retour – ( RC )


image – texte Susanne Derève, sur une peinture de Denis Laget L’étoffe des fleursa longtemps attendunotre retour,-ces roses au velourssi fragile-devant l’arbre nuaux branches dresséesdans le ciel , solitaire…Quand nous sommes revenus,un tapis de corail à nos piedsc’était déjà l’hiver, l’espoir d’une renaissancetout à coup ralenticomme la sève du marronnierdont nous ne verrons plus les fruits, car le gel nous a devancéset a tout pris … Continuer de lire l’étoffe des fleurs a longtemps attendu notre retour – ( RC )

Après la brume, les gouttes de pluie reflètent le monde à leur portée – ( RC )


Après les brumeset le silence qui plane,épais – après le passage du train,les gouttes de pluiese précipitent,elles griffent les vitresde leurs pointillés,où se reflèteune part du mondeà leur portée….Il me reste beaucoup de tempsà tuer avant le passage du prochain,qui vient pourtanttoujours trop tôtavant que j’aie terminé le récit. Pendant ce tempsl’esprit voyageet prend de vitessela course des nuages,surtout après le vin chaudque j’ai emportéavec … Continuer de lire Après la brume, les gouttes de pluie reflètent le monde à leur portée – ( RC )

Seamus Heaney – Tourbière


à T Flanagan Nous n’avons pas de prairiesQui découpent un grand soleil le soir-Partout l’œil s’arrêteAux empiètements de l’horizon, Se laisse courtiser par l’œil de cyclopeD’un lac. Notre pays sans clôturesEst une tourbière qui ne cesse de se craquelerSous les visées du soleil. Ils ont sorti de la tourbeLe squelette du Grand ÉlanIrlandais, et l’ont érigé,Quelle stupéfiante caisse pleine d’air! On a retrouvé blanc et … Continuer de lire Seamus Heaney – Tourbière

les roses de corail prolifèrent sous les tropiques – ( RC )


Dans la tiédeur des mers des tropiquesles roses de corail prolifèrentet les animaux marinsse glissent entre les vaguescomme des éclairs d’argentque même le regardne parvient à saisir,c’est un festival de couleurssous nos piedsdans la transparence de l’ondeoù la vie se multiplie. L’attrait turquoisedu bénitier à la coque entr’ouvertey est plus à sa placequ’au sein d’une cathédrale engloutiedans le sable aussi finqu’une farine collant aux pieds: … Continuer de lire les roses de corail prolifèrent sous les tropiques – ( RC )

Comme si la couleur avait été volée au Plat Pays – ( RC )


peinture Elinga Pieter Janssens De ces eaux trop tranquilles,qui dorment et attendent;des canaux se perdent, jusque dans le ciel,la campagne est trop verte,et s’étend , plate,même en-dessous de l’horizon. Les canaux d’Amsterdamsont des miroirs immobiles,où se mirent les façades en escalier ,comme pour embellir le décor;chantant leur vie silencieuse,même au coeur de la ville . Les eaux sont si lisses,qu’elles ont l’allure d’un miroir,aussi dense … Continuer de lire Comme si la couleur avait été volée au Plat Pays – ( RC )

Marcela Delpastre – pauvre Natanael


peinture Lucia Mendès (…) Suis-je assez pauvre ? Assez seul, assez nu. Suis-je vidé suffisamment de ma mémoire. Suis-je assez sombre. Assez obscur. Et dans cette ombre enfin peux-tu germer, lumière. Et dans l’humide de mon cœur prendre racine. Et croître dans ce corps, musique. Peux-tu monter de moi, murmure. Chant qui n’est pas mon chant, mais que je chante, à travers moi peux-tu fleurir ! À travers … Continuer de lire Marcela Delpastre – pauvre Natanael

Blanca Varela – les choses que je dis sont certaines


peinture auteur non identifié – Les choses que je dis sont certaines Un astre éclate sur une petite place et un oiseau perd ses yeux et tombe.Les hommes autour de lui pleurent et voient arriver la nouvelle saison.Le fleuve coule et emporte dans ses bras froids et confus la matière obscure accumulée des années durant derrière les fenêtres. Un cheval meurt et son âme s’envole … Continuer de lire Blanca Varela – les choses que je dis sont certaines

L’œil du corbeau ne peint que du noir – ( RC )


peinture Guenter Ludwig L’œil du corbeau ne voit que du noir il m’a peint à son imagesur une toile où s’accroche un peu de lumière égarée dans l’espace closoù les sillons ne pourraient se poursuivreque dans les perspectives de champs brûlés On remarquera quelques tiges bruniesqui émergent de temps à autreet ne retiennent qu’un gris affadi( on penserait à une neige ancienne ,persistante accrochée aux … Continuer de lire L’œil du corbeau ne peint que du noir – ( RC )

revenir sur la confusion des paroles et des rêves – ( RC )


image – montage RC Les vagues souvenirsfont partie d’un toutque l’on emportesans s’en apercevoir,comme les oiseaux perchésemportent les imagesdes pays traverséssur le toit des églises. Esquisses de l’estompe,avant que la mémoire ne s’effacele carnet de poèmesa tout du sommeil de l’enfanceinterrompu inopinémentmais vers lequel on retourne,en feuilletant ces cahiersoubliés dans le carton.. C’est revenir fréquenterla confusion des paroles et des rêvesrevenir sur les hivers,les arbres … Continuer de lire revenir sur la confusion des paroles et des rêves – ( RC )

les traces du vieux bondissant cachalot – ( RC)


ce texte prend pour base un extrait d’un long poème de Jacques Réda ( qui suit ), et qui provient du recueil  » la nébuleuse du songe » Tu me sais bien trop lourdpour flotter sur le dosde la trajectoired’une comète…à la rigueur un cachalotaurait fait un détourjuste pour aller me voirdans l’espace sidéral: cette idée me trotte dans la tête,( aller assister à la naissancedepuis … Continuer de lire les traces du vieux bondissant cachalot – ( RC)

Neige sur le dos de pierres – (RC )


– Le dos de pierresCourbé dessousLe tas de cendres,Et puis l’été,Et puis la colline, Vautrée sous le passage de l’orage.Demeurent, parmi les restes de murs,De la petite ruine,Les éclats d’ardoise,Que le feu a révélés… Les mauvaises herbes, en tas,Agressives,Avaient pris possession des lieux,Et les orties, étaient chez elles.Sur le dos de pierres,  de la voûte écroulée, –          C’était il y a … Continuer de lire Neige sur le dos de pierres – (RC )

Face obscure, galbe d’une tête ronde – ( RC )


peinture Tina Berning Diary 01/11/17  Face obscure ,galbe d’une tête ronde:ce n’est pas la luneaprès la nuit les notes aigües sur la terrene donnent pas de blésau jour jalouxle sourcil répété à l’envi et le baiser gelé de l’hiveraura la bouche ferméedouble aspect du visageinstallé sur fond cerise avec une neige précoceun crépuscule de papiers collésrassemblés par hasardsoulignés de traits noirs l’aube de ton regardet … Continuer de lire Face obscure, galbe d’une tête ronde – ( RC )

Lisse, le monde se mire – ( RC )


Le monde se mireau-dessus des flotsalors que j’habite dans les eaux,ces eaux silencieusesoù je ne suis qu’un simple galetloin des rideslente ondulation suivant la pirogue. Je ne parle qu’avec les pierres voisines,les écrevisses et nénufarset quelques fois avec l’ombre légèredu saule pleureuraux feuilles qui s’agitent doucementsous la poussée du vent… Continuer de lire Lisse, le monde se mire – ( RC )

Guy Goffette – on ne connaît pas le secret d’avance


peinture perso – reprise en aquarelle ( une des étapes de la reprise ) Brest 2022 « on ne sait pas ce qu’on peint, ce qu’on écrit. On n’en connaît pas le secret d’avance. On se fie aux couleurs, aux lignes, aux mots, mais ce qu’on veut faire reste caché. Ce n’est que bien plus tard que le sens tout à coup apparaît. » Continuer de lire Guy Goffette – on ne connaît pas le secret d’avance

Essai de mesure par lâcher de nuage – ( RC )


Celui qui arrive à cernerla géométrie flouene s’attache qu’à mesurerun lâcher de nuages,l’allongement des filins de brume,le débordement des cimesqui ne se traduit pas en écrits,. Il en est ainsi de toutes les mersqui proposent à l’imaginaire,le débordement des idéesperdues dans le lointain et le grand large. A peine quelques mots surnagentdans la fuite des images,portées par le courant.Un courant qui se joue de l’esprit,de … Continuer de lire Essai de mesure par lâcher de nuage – ( RC )

Dominique Sorrente – une seule phrase pour Salzbourg


Amour, verse les gouttes de collyresur ces pierres parlantes.Les légendes marmonnent encoreavant de frôler les feuillages.Mets au miroirces mots qui font échardequand ils passent une autre lumière.Et toi Salzbourg, remue sept fois ta langue. C’est bien là-basoù les battants du jour se détachent.Des pièges d’escalieraux murs nus de la chambre,déjà le livre invite à son oubli.Une huile nous met à l’œuvre; pour elle,nous irons dans … Continuer de lire Dominique Sorrente – une seule phrase pour Salzbourg

La barque inversée du quotidien – ( RC )


boîte artistique: Joseph Cornell La barque inversée du quotidienremonte le cours de la nuit.Il s’agit d’une enfanceà laquelle je souris,qui n’a ni porte ni fenêtres, une nuit de l’éveil qui ne connaît pas encore tout les soleils, et ne sait pas être,en tout cas pas comme on le pense:un refuge au cœur de la rosede petits trésors dans une boîte verteun tas de petites chosesdes … Continuer de lire La barque inversée du quotidien – ( RC )

Un paysage en suspension – ( RC )


Derrière les arbres, une sève blanchâtre , laitance de brumerenvoie à la distance, à la sobre ébriété des collines, pensives…. La lumière est diffuse… elle vient d’un ailleurs, d’autres bordsoù la clarté se dissipe.Heures indolentes frappées d’immobilité, l’impatience n’est pas de misel’écho des voix se cherche, au détour de chemins incertains : On apprend le paysage en suspension, comme nous le montrentles peintures chinoises à … Continuer de lire Un paysage en suspension – ( RC )

leur offrir l’éternité aux portes du désert – ( RC )


peinture François Louis Joseph Watteau – la bataille des pyramides- Du haut de ces pyramides,quarante siècles nous contemplentdisait celui qui prétendait étendre son ombresur les contrées lointaines, se les approprier,alors que le vent lui disait qu’il n’était pas le bienvenuqu’il ne serait jamais chez luiqu’avec la poussièrela poussière des tempsqui réduit à néant les royaumes,l’arrogance des puissants, érodent lentement les pierres,la gloire et les tombeaux … Continuer de lire leur offrir l’éternité aux portes du désert – ( RC )

À la manœuvre dans le ciel de la peinture – ( RC )


peinture Marc Chagall – le cheval violoncelliste À la manœuvre dans le ciel de la peinture,ce qui passe pour irréelsurgit de mon univers:des nuages à la démarche solennelleeffacés par erreurdes personnages à la tête à l’enversse décident à apparaîtreapprivoisant chèvres et volatiles. Tout est alors possible…le rêve se fraie alors un cheminhors de toute pesanteuroù se cantonnent les êtresprisonniers de leur natureet de leur destin… Continuer de lire À la manœuvre dans le ciel de la peinture – ( RC )

Didier Pobel – A FONTFROIDE AU MOIS D’AOUT


Ce qu’il y a de toscan icic’est l’herbe et les arbres etleurs feuilles dont chaque nervureévoque en réductiondes vitraux mal plombés c’est la montagne aussi avecses vignes et ses ocres l’abbayeaux clochers pâles comme des ruchesson toit-terrasse s’inclinantvers le cloître où Giotto rôde ce qu’il y a de toscan encore c’estla teinte des tuiles un peu passéepar endroits comme le rouge à lèvresdes femmes quand … Continuer de lire Didier Pobel – A FONTFROIDE AU MOIS D’AOUT

Une vitre derrière laquelle ton image s’inscrit – ( RC )


C’est une vitre derrière laquelleton image s’inscrit.Tu presses ton fontà travers les grilles… je crois voir encoredes fleurs blanches et pourpres,le ciel plombé d’un proche orage,un mur avec les mots que tu y a écritspartiellement recouvertsd’un blanc de chaux. Repentir de phrases inachevéesque le temps n’a pas encore effacées.Pense à la lumière qui s’enfuitet que nous ne pourronsjamais rattraper…. Continuer de lire Une vitre derrière laquelle ton image s’inscrit – ( RC )

Patrick Berta Forgas – dérives


Nancy Grossman  » Chiron » Si sombres les joursqu’ils dérivent de terre en terres… Comme lumières larguéesau lointain de la mer. Récifs du tempsépaves de l’arche de l’horizonqui transportait l’aveniret ses sources de solution. Les tempêtes sont sans pardon. Épilogue des conquêtesou destin de perte… Tout est vaguequand les débrisconstituent un terrible continent. Et que les rois fous délirentà dessiner les frontières. Continuer de lire Patrick Berta Forgas – dérives

égaré dans le salon funéraire – ( RC )


Aux premières phrases de la saisonles journées d’orremplacent la tristessepar la penséed’une future renaissance l’automne étale son tapis de feuillesles roses viennent de perdreleurs pétales,on croirait que le deuilrepose avec le silence,( aux tombes le rituelorangé des chrysanthèmes…) j’ai rendez-vous avec l’absencemais la permanence de ta voixrésonne encore en moi,où se love ton âme légèretout au long du poème Si tu m’entendaisje pourrais encore te … Continuer de lire égaré dans le salon funéraire – ( RC )

Yannis Ritsos – retour


Qu’est-ce qu’une ampoule dans la nuit sinon une cage de verre l’intérieur de laquelle se trouve un canari méditatif ? Aussi, quand je coupe le courant, c’est comme si j’ouvrais la petite porte d’une cageet que je sentais s’échapper à l’air libre, par la fenêtre, un oiseau jaune.Même les meubles de ma chambre que la lumière emprisonnait dans leur forme se libèrent alors et marchent … Continuer de lire Yannis Ritsos – retour

Pourquoi aimer les mots – ( RC )


nature morte – G Morandi – 1959 Pourquoi aimer les mots,pourquoi les sortir de leur cachette,les extraire du vocabulaire,comme on le ferait d’un sac à surprises…Pourquoi les courber, les faire se parler,les faire dialoguerleur attribuer une existence,eux qui attendaient, sagement alignés,entre les pages d’un dictionnaire. Les voilà habillés de phrases,donnant de la voix, selon l’expression » un mot plus haut que l’autre « ,ou comment les faire … Continuer de lire Pourquoi aimer les mots – ( RC )

Barbara Bigot-Frieden – Tesson


J’ai mis la clef de solSous la porteMon piano a fait failliteQuand la portéeN’eut plus de notes Les barques volentDétrônent les oiseauxLa lagune est sur le dosLes gondoliers ont inverséLe ciel et l’eau de Venise Éclats de couleur pourpreDans les yeux de l’aïeuleL’arbre à soie est mort Peau de chagrinAutour du nousLe temps s’en va (textes parus dans la revue « Lichen » septembre 2018 ) Continuer de lire Barbara Bigot-Frieden – Tesson

le monde concentrique de Gavrinis – ( RC )


photo – intérieur du site de Gavrinis – Morbihan un monde concentriqueoù pénètre seulementle rayon obliquedu solstice d’hiver dans le secret des pierres dressées:assemblée presque humainecachée aux yeux des vivants. Le visiteur comme un intruspourra progresser à tâtonsen se guidant seulementpar le mainset les spirales d’un langagequi nous échappeencore aujourd’hui mais il parle pourtantdu sentier ténude nos originescar leurs ombresgravées au plus profondde la matièrenous … Continuer de lire le monde concentrique de Gavrinis – ( RC )

Claude Chambard – je t’écris –


photo R Chabrière – dunes Ste Marguerite, Finistère nord Je t’écris.Je suis ivre. Après soixante-douze heures passées à boire.Je t’écris, tenté par la méprise. Le malentendu.Un tumulte près des tempes.Une étape dans ce qui nous rejette. A peine une virgule.Il n’y a pas de petites décisions comme celle de n’être pas près de toi.Tu es là. La plupart du temps.Je traverse tous tes voyages.Je t’écris … Continuer de lire Claude Chambard – je t’écris –

Charles Pennequin – l’écoute , la pensée et l’attention


…Lors des lectures par les écrivains, les poètes, il n’est jamais possible d’écouter totalement quelqu’un.Être à l’écoute comme quand on lit. Écouter vraiment tout ce qu’un lecteur va dire, car à un moment donné celui qui reçoit la parole va s’échapper par sa pensée, il va partir ailleurs.Il est beaucoup plus difficile de maintenir son attention que lors d’une lecture à voix basse d’un livre. … Continuer de lire Charles Pennequin – l’écoute , la pensée et l’attention

Les oiseaux blancs – ( RC )


Les oiseaux attendentvêtus de leurs habits blancs,sur la grande scène. On ne saura jamais ce qu’ils pensent ,s’ils iront frotter leur têteaux horloges de la nuit. Mais quand tu auras appristous leurs secrets ,tu pourras penser comme eux ils te diront ce qu’ils saventet t’emmèneront dans leur nid ,d’un seul coup d’aile. Tu pourras contempler le mondedu haut des arbresoù les chiens ne pourront pas … Continuer de lire Les oiseaux blancs – ( RC )