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Ivan V. Lalic -Lieux que nous aimons


photographe non identifié

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Les lieux aimés n’existent que par nous,

L’espace détruit n’est qu’apparence dans le temps durable,
Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner,
Les lieux aimés ensemble, ensemble, ensemble.
Et cette chambre est-elle chambre ou caresse,
Et qu’y a-t-il sous la fenêtre : la rue ou les années ?
Et la fenêtre n’est-elle que l’empreinte de la première pluie
Que nous avons comprise, et qui sans cesse se répète ?
Et ce mur n’est-il pas la limite de la chambre, mais peut-être
de la nuit
Où le fils vint dans ton sang endormi,

Le fils comme un papillon de feu dans la chambre de tes miroirs,
La nuit où tu eus peur de ta lumière.

Et cette porte donne sur n’importe quel après-midi

Qui lui servit, à jamais peuplé
de tes simples mouvements, lorsque tu entrais

Dans ma seule mémoire, comme le feu dans le cuivre;

Quand tu es absente, derrière toi l’espace se referme comme l’eau ;

Ne te retourne pas : il n’est rien en dehors de toi,
L’espace n’est que temps visible d’autre manière;

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner.


Ivan V. LALIC
« Temps, feu, jardins »      (Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1973)


Ivan V. Lalic – Lieux que nous aimons


peinture: Chardin: cruche, verre et eau 1760

 

 

Lieux que nous aimons

Les lieux aimés n’existent que par nous,

 

L’espace détruit n’est qu’apparence dans le temps durable,

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner,

Les lieux aimés ensemble, ensemble, ensemble.

Et cette chambre est-elle chambre ou caresse,

Et qu’y a-t-il sous la fenêtre : la rue ou les années ?

Et la fenêtre n’est-elle que l’empreinte de la première pluie

Que nous avons comprise, et qui sans cesse se répète ?

installation: E Kienholz 1964 l'anniversaire

 

Et ce mur n’est-il pas la limite de la chambre, mais peut-être de la nuit

Où le fils vint dans ton sang endormi,

Le fils comme un papillon de feu dans la chambre de tes  miroirs,

La nuit où tu eus peur de ta lumière.

Et cette porte donne sur n’importe quel après-midi

Qui lui servit, à jamais peuplé

de tes simples mouvements, lorsque tu entrais

Dans ma seule mémoire, comme le feu dans le cuivre;

Quand tu es absente, derrière toi l’espace se referme comme l’eau ;

Ne te retourne pas : il n’est rien en dehors de toi,
L’espace n’est que temps visible d’autre manière;

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner.

 

Ivan V. LALIC   « Temps, feu, jardins »  (Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1973)

photo perso 2004 - Languedoc


N’ayant pas égaré ma plume – (RC)


 

 

peinture-dessin: reproduction aquarellée de mail-art- production personnelle

 

N’ayant pas égaré ma plume, au clair de la brume,

Dans mes forêts , mon marécage, toi ton bocage

Je n’ai pas oublié que le pouvoir des mots

Aidait chacun à sortir de sa cage,

Du désert, ou de l’urbain étalage de bitume

Les mots sont l’aide d’un bruit silencieux,

Ceux ci nous disent l’exister, et l’approche des lieux

La vie, comme souffle , paroles et partage

Au delà des contraintes et orages.