Thierry Metz – Je n’emporte rien


Je n’emporte rien puisque tout tient dans l’intime et immense espace du regard.Des instants de ciel sous les pas. *Tout ce que je pense n’a peut-être plus d’importance. On dirait qu’il ne reste plus que les outils – que l’instrument.Un instrument pour chercher.Un instrument pour construire.Mais je suis en direction de ce qu’il n’y a plus à comprendre, pour ainsi le comprendre, y laisser de … Continuer de lire Thierry Metz – Je n’emporte rien

Tes mots revenus – ( RC )


J’ai emporté les mots que tu m’as glissé à l’oreille, je les ai confiés aux airs , afin qu’ils voyagent, et qu’ils les racontent à leur façon… Je suis le passeur des phrases, celles qui sont dites, et celles qui ne le sont pas. Un jour, comme je l’ai vu, ( ou plutôt, comme je les ai entendus, les mésanges sont venues frapper à ma … Continuer de lire Tes mots revenus – ( RC )

Sylvia Mincès – Andante de poussière


    photo perso  2017   Un limbe de musique s’unit à ma peau ;         cette greffe sonore m’hypnotise, le temps d’un fa bécarre éternel,      pour m’habiller en grain de sable ou de pollen. Fécondée, je deviens fleur       et puis sentir, de toute la couleur de mes pétales étonnés, ces sarabandes de tierces bleues qu’éclaboussent des quintes d’or. … Continuer de lire Sylvia Mincès – Andante de poussière

Blés des causses – ( RC )


photos perso :causses  Méjean & Sauveterre Les petites sorcières de la nuit, se cachent entre les pierres, présentes et toujours immobiles , même dans la brume du jour. En silhouettes inanimées , elles activent leurs ombres , endossant leur poids de silence.           Leur échappant , des vagues vert-jaune ondulent au sol ,          caressées par le vent. … Continuer de lire Blés des causses – ( RC )

Albert Aygueparse – les plaies de l’âme


photographe non identifié     Tu m’accompagnes partout dans ce monde mal fait Ton poids est plus léger que la buée du premier jour Je te respire par tous les pores de ma peau triste Et ton sang reconnaît sans effort le dédale brûlant de mes veines Dans cette saison de fer je ne me sens plus seul Car tu me donnes la force d’être … Continuer de lire Albert Aygueparse – les plaies de l’âme

Jean-Pierre Paulhac – Une voix


Une voix Comme un sourire Une voix Comme un soleil D’océan indien Une voix Comme un horizon bleuté Vers lequel voguent mes mots Aspirés d’espoir J’entends Des rires de palmiers qui se tordent de musique Des pas de danse qu’invente une plage espiègle Des chants qui montent sur des braseros ivres Des crustacés qui crépitent leur saveur pimentée Ici C’est le silence gris des bétons … Continuer de lire Jean-Pierre Paulhac – Une voix

Le bestiaire – ( RC )


Tu ne les as jamais vus mais tu t’en fais une idée à ce qu’on t’a colporté :         Ils ont tendance, à leur insu à se cristalliser pour prendre consistance, se construire une existence, et se matérialiser. Ce sont des récits épiques avec des animaux hors norme aux curieuses formes :           des bêtes fantastiques… que l’on … Continuer de lire Le bestiaire – ( RC )

Quand nous nous séparions… (chanson populaire chinoise )


photo: Lee Jeffries   Quand nous nous séparions, les feuilles étaient vertes, Maintenant tu reviens dans les neiges d’hiver. Je songe malgré moi que la vieillesse approche Et que dans tes cheveux paraissent des fils blancs.   Chanson populaire chinoise in « Mesures »  n° 1     15 janvier 1936 Continuer de lire Quand nous nous séparions… (chanson populaire chinoise )

Georges Drano – une longue histoire qu’on abat d’un coup


photo: Ansel Adams     A l’étrave d’obscures forêts l’arbreest entré dans le récit du voyageur.Il a ouvert son royaume de cimeet de vertiges qu’il avance dans ses ramures jusqu’aux bords des routes.Il monte à la lumière qu’il accrocheau ciel avec des cris d’oiseaux . A lalisière tremblante de l’ombre il setient par les branches au-dessus duvide. Il a des feuilles pour chaquejour, il remonte les … Continuer de lire Georges Drano – une longue histoire qu’on abat d’un coup

Susanne Dereve – Offrande


nécropole rupestre – Abbaye de St Roman – Gard De charogne ou de cendre le jour où Elle viendra choisissez un bon bois de chêne, lisse au toucher, robuste et clair,  gardez-moi des vaines offrandes, ces urnes que les us épandent en sombres paraboles abandonnées au vent, aux rumeurs infécondes et sourdes du levant et qu’un bras malhabile se devrait de répandre au-delà du silence comme on boit … Continuer de lire Susanne Dereve – Offrande

Des étoiles miniatures – ( RC )


Et la nuit s’étend partout, sur les collines, les rivières, les forêts et les déserts. Je m’étends sur le sol. Les herbes devant moi oscillent dans la fraîcheur du matin, à peine visibles dans le ciel de velours noir. Il y a toujours des astres qui scintillent et dansent dans leur feu d’artifice. Elles semblent soudain si proches, qu’on pourrait les croire à portée de … Continuer de lire Des étoiles miniatures – ( RC )

Henry Bauchau – le voyage


Le voyage Tu pars, tu vas quitter la durée de la neige Pour un autre temps plus actif, on dit là-bas que l’Histoire s’accélère. Pourra-t-elle produire une raison paisible, une femme née de la terre Éclairée de pensée vivante par la voyance, la claire audience de son corps. Tu es dans la saison de la simplicité, quand la vue baisse on ne voit que les … Continuer de lire Henry Bauchau – le voyage

Marina Tsvetaiëva – combien de tristesse noire gronde sous mes cheveux clairs


  Si vous saviez, passants, attirés Par d’autres regards charmants Que le mien, que de feu j’ai brûlé, Que de vie j’ai vécu pour rien, Que d’ardeur, que de fougue donnée Pour une ombre soudaine ou un bruit… Et mon cœur, vainement enflammé, Dépeuplé, retombant en cendres. ô, les trains s’envolant dans la nuit Qui emportent nos rêves de gare… Sauriez-vous tout cela, même alors, … Continuer de lire Marina Tsvetaiëva – combien de tristesse noire gronde sous mes cheveux clairs

Rien ne peut repousser la nuit – ( RC )


Elaine Sturtevant d’après  Marcel Duchamp :  » fresh widow » – Il y a cette fenêtre : Les ténèbres s’y prélassent . Peut-être est-ce le jour qui ne peut rentrer : Ma chambre, comme ma tête, est close de rideaux noirs, fermée sur sa blessure, où se sont dissoutes les joies , que m’offrait ton visage si loin dans le temps, que je ne rappelle plus … Continuer de lire Rien ne peut repousser la nuit – ( RC )

Guy Goffette – Famine


Certains dimanches d’été, le ciel descend sur terre et tire au cordeau des routes pour les familles sans auto, les chevaux sans maître, les filles gommées des calepins.Sans bouger, chacun voyage à son rythme dans un pays rendu d’avance, jusqu’à ce que, le soir tombant, il faille se lever, rentrer le banc qui fraîchit, passer la barrière, le seuil, le jeu des ombres, son propre corps et retrouver … Continuer de lire Guy Goffette – Famine

L’abandon des cuirasses – ( RC )


Des décombres et poutres fumantes, les restes des samouraïs que l’on voit après la bataille et, contre toute attente perdus au milieu de champs magnétiques . Le masque de quelqu’un a occupé la place, et se cache derrière leur face – un sourire énigmatique – . De quelle espèce, de quelle famille … ? une trace que l’existence imprime, le regard indécis de l’anonyme, comme … Continuer de lire L’abandon des cuirasses – ( RC )

Isabelle Debiève – Dis-moi mon coeur…pourquoi bats-tu?


peinture: Jim Dine   Dis-moi mon coeur… pourquoi bats-tu?   Aurais-je à ce point tort  de t’entendre battre pleurer rire te tordre et battre encore Vivant tu es!   En toi un mot écrit En toi une parole se dit  En toi le geste se languit En Toi Je suis   fr       (« Mascarades ») Continuer de lire Isabelle Debiève – Dis-moi mon coeur…pourquoi bats-tu?

Rainer Maria Rilke – Automne


Les feuilles tombent, tombent comme si au loin se fanaient dans le ciel de lointains jardins ; elles tombent avec des gestes qui se refusent. Et dans les nuits la lourde terre tombe de toutes les étoiles, dans la solitude. Nous tombons tous. Cette main tombe. Et vois, cette chute est dans toutes les autres mains. Et pourtant il y en a  Un qui retient … Continuer de lire Rainer Maria Rilke – Automne

Vous ne vous imaginiez pas modèle – ( RC )


  peinture : D Velasquez   Bien sûr, c’est un mystère qui se construit petit à petit, sous mes yeux ébahis. Je vois la peinture se faire L’ange poser ses ailes : Vous êtes ainsi alanguie Sommeillant sur le lit Vous êtes celle qui lentement se révèle à la caresse des pinceaux : suivent la courbe de votre dos (vous ne vous imaginiez pas modèle )… Du … Continuer de lire Vous ne vous imaginiez pas modèle – ( RC )