Miguel Veyrat – derrière ta voix


    peinture : Don Van Vliet   —raison qui s’embrase parmi les rires et les jeux, dans l’espace de lumière noire je cherche À renaître —ou bien à naître sans mourir, comme au moment fragile de ton esprit où tu me conçus Et que devint soudainement chant la nuit infinie —ta propre peur, ma propre crainte de prononcer ton nom. Continuer de lire Miguel Veyrat – derrière ta voix

la musique a été transportée ailleurs – ( RC )


peinture: Paul Delvaux J’entends le silence, comme un souffle en négatif, .. et c’est la nuit. Evidemment la musique est toujours là. Mais elle a été prélevée, et se trouve ailleurs en-dehors de la ville, dans une petite pièce où deux femmes en miroir lisent un petit livre, accompagnées dans leur pensée par la mélodie du chalumeau. ( vous savez, cette toute petit flûte qui … Continuer de lire la musique a été transportée ailleurs – ( RC )

Rabindranath Tagore – Au petit matin


  photo       Nicolas Grandmangin   Au petit matin on murmura que nous allions partir en barque, toi seulement et moi, et qu’aucune âme au monde ne saurait jamais rien de notre pèlerinage nous menant éternellement vers un autre nulle part. Sur cet océan sans rivages, devant ton sourire attentif, silencieux, mes chants s’amplifieraient en mélodies, libres comme les vagues, libres de la servitude … Continuer de lire Rabindranath Tagore – Au petit matin

Entre-deux ( Susanne Derève)


          Milton Avery  (Green Sea)        Les étoiles naissent-elles  pour nourrir              les rêves   de  ceux qui se déploient dans des  enclaves de bord de mer gardées du vent et des regards   hors des dérives buissonnières, hors le temps,   nés d’un hasard chanceux  d’une bonne fortune   un  entre-deux libre d’entraves   comme on saute à cloche … Continuer de lire Entre-deux ( Susanne Derève)

Guy Goffette – le jardin d’enfance


        dessin – association du clos du Nid, Lozère     Peuplé de voix et de couleurs, le jardin d’enfance persiste en nous, royal malgré la chute et l’exil du roi ; il rafraîchit les déserts traversés de l’âge, rattrape l’aveugle dans la musique, le sourd dans la contemplation. Toujours ce qui manque à nos vies, cet innommable vide tout à coup … Continuer de lire Guy Goffette – le jardin d’enfance

Annie Salager – Encore les grands transparents


  Jean Messagier ( des fleurs pour l’Asie)       Invisibles par fonds clairs réfractés seulement dans les plis d’eau au hasard des courants   Ohé du bateau ! Envoyez le passeur ! Quand tout le monde fut à bord l’un colla un coquillage à son oreille pour écouter. Qu’ils sont beaux ! dit un autre Je les vois ! cria-t-on Je les veux ! dit quelqu’un   Que … Continuer de lire Annie Salager – Encore les grands transparents

Une île d’écriture – ( RC )


  Il y a bien un moment, où le bateau, à force de dériver, accoste à une île. Je suis d’abord méfiant,   puis y risque quelques pas, on ne sait quel sera l’accueil. >                      Je laisse passer du temps. On apprivoise l’île et ses occupants, animaux, végétaux et humains ( s’il y en a ). Inversement l’île apprivoise, on dirait qu’elle veut m’inclure dans elle, … Continuer de lire Une île d’écriture – ( RC )

Hugues Labrusse – indésirable , le seuil


photo  Brett Weston     à Gaston Puel     Encore Aveugle La paupière close, ne sachant s’éveiller. Les jambes collées au corps. D’un coup de ciseau, d’un souffle sur les membres à l’entour. Et le miel de granit s’achemine…     Seuil S’affranchir, se répétait l’oiseau morcelé sous les sables. Il assaille son azur. La dame avant de venir me regardait. La dame marche … Continuer de lire Hugues Labrusse – indésirable , le seuil

Ahmed Mehaoudi – Le matin s’éveille


photo Berenice Abbott —   Le matin s’éveille sur un temps nuageux, les choses de la vie circulent banalement, et même dans un cadre urbain triste et monotone , la place Carnot dans son vert bouteille , son kiosque à musique,  ses terrasses bondées de consommateurs , ce tout le monde qui chuchote , les furieux klaxons angoissants , la ville s’enfonce dans le jour   … Continuer de lire Ahmed Mehaoudi – Le matin s’éveille

Joseph Brodsky – Dédicace à Gleb Gorbovski


Quitter l’amour, dans le soleil de midi, sans retour, et le chuchotement de l’herbe sur les pelouses qui s’enfuient. Dans le nuage brûlant du jour, dans le crépuscule assoupi l’aboiement des chiens de la nuit traverse les allées obliques. Il faut résister à notre époque sombre et courir au-delà de ces années, il faut oublier à chaque souffrance nouvelle l’infortune d’hier, accepter à chaque instant … Continuer de lire Joseph Brodsky – Dédicace à Gleb Gorbovski

Eugenio de Andrade – J’entends courir la nuit


J’entends courir la nuit par les sillons Du visage – on dirait qu’elle m’appelle, Que soudain elle me caresse, Moi, qui ne sais même pas encore Comment assembler les syllabes du silence Et sur elles m’endormir. . . . « Il n’y a pas d’autre manière d’approcher de ta bouche : tant de soleils et de mers brûlent pour que tu ne sois pas de … Continuer de lire Eugenio de Andrade – J’entends courir la nuit

La buée que fait la nuit- (Susanne Derève)


        Dériver   ce soir à  la  remorque des nuages,   suivre leur course  grise, ponctuée d’un  vol d’oiseaux    aile ivre qui  s’élance                                    sur l’horizon des champs pâlis s’éparpille et s’enfuit au-delà des coteaux    Attendre qu’il fasse tout à fait noir poser les lèvres sur la vitre pour  y goûter la buée que fait   la nuit y écouter le bruit qu’elle fait … Continuer de lire La buée que fait la nuit- (Susanne Derève)

James Joyce – musique de chambre – IV


photo  Chris  Wage   IV L’améthyste du crépuscule mue Et vire en un bleu toujours plus profond, Sous la lampe les arbres de la rue S’emplissent d’un vert et pâle rayon. Le vieux piano compose un air, Mélodie gaie, lente et légère ; Courbée vers les touches jaunies, Sa tête penche par ici. Chastes pensées, grands yeux inquiets, Et mains qui errent à leur gré … Continuer de lire James Joyce – musique de chambre – IV

Sylvia Mincès – empoisonnement


Un peu de concentré d’amour pour aromatiser votre vie ? eh bien, je ne dis pas non ; la chicorée, voyez-vous, c’est délicieux mais son usage reste limité… cependant, je désirerais en choisir le parfum ! Rien de plus facile : consultez votre cœur puis traduisez-m’en le vœu, car vous savez, je ne suis que vendeur !.. …D’une part, outre-océan d’une autre : coloré à … Continuer de lire Sylvia Mincès – empoisonnement

ThomasPontillo – Ce qu’a dit la beauté – 01


photo    Pentti Sammallahti — Je veux dire, avec l’humilité d’un ciel qui se propose, la lumière qui n’est que du présent qui pense, l’avancée du rêve parmi les vagues discrètes d’un jour, plus beau à mesure que l’air sur mes lèvres délivre l’hiver qui hésite au loin dans le chant des brumes. Dire, et avec ce qui tremble au plus profond de l’âme, célébrer … Continuer de lire ThomasPontillo – Ce qu’a dit la beauté – 01

Jean-Pierre Andrevon – Élie


photo Ayashok     Élie   Mon ami le petit Élie juif est mort à Paris cet été dans son lit le petit Élie n’était plus si petit il avait mon âge à peu près je l’avais connu en mille neuf cent quarante-quatre nous avions trois ans ou quatre nous habitions la même maison moi au premier lui au dernier une seule pièce sous les … Continuer de lire Jean-Pierre Andrevon – Élie

Raymond Queneau – Quand les poètes s’ennuient


    Quand les poètes s’ennuient   Quand les poètes s’ennuient alors il leur ar- Rive de prendre une plume et d’écrire un po- Ème on comprend dans ces conditions que ça bar- Be un peu quelque fois la poésie la po- Ésie     Ousqu’est mon registre à poèmes                                 … Continuer de lire Raymond Queneau – Quand les poètes s’ennuient

Tempête d’Iroise – ( Susanne Derève)


–   Bernard BUFFET – Tempête en Bretagne . Ces nuages qui courent entre ciel et mer au-delà des grues immobiles, nuages porteurs de la nuit qui s’annonce, poussés par un vent d’Ouest qui charrie les feuilles mortes par brassées   . Morne solitude des tempêtes d’hiver La rade comme un pinceau de moire grise sous les rayons rasants . et tout là-bas, au loin, … Continuer de lire Tempête d’Iroise – ( Susanne Derève)