Bassam Hajjar – tes mains contiennent mon corps


        Petites sont tes mains, mais elles contiennent mon corps tant il s’est amenuisé, tant tu es présente dans mon absence.   Je n’ai pas peur à présent qu’un rêve gris m’emporte vers un gouffre sans fond, je sais que la paume de ta main droite m’ouvre une porte vers le double de la lumière, et que mon visage conserve, comme un … Continuer de lire Bassam Hajjar – tes mains contiennent mon corps

Oslo Deauville Ailleurs mathématiques – 2 voix


    –   Oslo Deauville          Ailleurs mathématiques – 2 voix Cette bouche (close): un son (antérieur) peut-être. Sur cette pente, sur ces mains, un corps dans un temps qui se meurt. Il coule dans l’interstice de nos visions, exulte de lenteur. (Problème) Sachant que nous sommes ici, (si)tue moi dans cet espace aux prismes (in)définis, à la croisée des champs audibles. (Démonstration)      le v(i)oleur … Continuer de lire Oslo Deauville Ailleurs mathématiques – 2 voix

Corne de brume ( RC )


– A l’écoute indécise, Tu entends les  vagues, En tendant l’oreille A la conque de soleil Et la vie s’enroule, Se love sur elle-même, Aux ressacs,  sur les  rochers, Elle donne  son écume… Ainsi mes doigts joints Autour de ton attente Qui forment la coquille Portée dans ta main. Tu es sur le sable Etendu sous la lune Les algues enroulées  sur tes pieds Intensément, … Continuer de lire Corne de brume ( RC )

Florian Vesper – Sans titre


– je bois avec ardeur ton haleine unique, déserte, une unique à en frémir j’avale cette gorgée telle cette gorgée d’azur frémissant plus intériorisée plus emplie qu’un glacier quelconque où l’eau est venue à geler mais toi ce millier de blocs de sel dissous te désignent je suis le désir sucré de ce sel cette combinaison telle cette venaison ensemble vérité bouddhique oui toute chaîne … Continuer de lire Florian Vesper – Sans titre

Mobile ( RC )


    – Il y a des perles  rouges Que l’on suit à distance   Et des étoiles de lumière Filant de l’autre côté   Avec leur traînée blanche Qui balaie un instant la route   En courbes pointillées, Du contour des collines.   La nuit est tombée doucement, Enveloppant le parcours,   L’habitacle,  une bulle bercée Du ronronnement  du moteur…   Les kilomètres  s’alignent, … Continuer de lire Mobile ( RC )

poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )


– Feu   « Feu que les hommes regardent dans la nuit, dans la nuit profonde, Feu qui brûles et ne chauffes pas, qui brilles et ne brûles pas. Feu qui voles sans corps, sans coeur, qui ne connais case ni foyer, Feu transparent des palmes, un homme sans peur t’invoque. Feu des sorciers, ton père est où ?      Ta mère est où ?       Qui … Continuer de lire poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )

Luis Cernuda – Cimetière dans la ville


        Derrière la grille ouverte entre les murs, la terre noire sans arbres, sans une herbe, les bancs de bois où vers le soir s’assoient quelques vieillards silencieux. Autour sont les maisons, pas loin quelques boutiques, des rues où jouent les enfants, et les trains passent tout près des tombes. C’est un quartier pauvre.   Comme des raccommodages aux façades grises, le … Continuer de lire Luis Cernuda – Cimetière dans la ville

A l’intérieur du marbre ( RC )


        – A  l’intérieur du marbre Elle occupe tout l’espace Ne laisse que peu de distance Entre deux passages  d’oiseaux. Un blanc liquide Qui prélève le regard Et ne le rend pas. Elle ôte aussi le relief Et les ombres … Il n’y a plus d’épaisseur Palpable Que celle  que parcourent Les doigts hagards Livrés à eux-même – et sans limite A … Continuer de lire A l’intérieur du marbre ( RC )

Emily Dickinson – moment critique


–                                                 C’était le moment critique. Tout au long jusqu’alors Avait eu lieu un temps atone, un temps muet… Alors la seconde hésita, stoppa, frappa son dernier coup. Une autre avait commencé Et simultanément une âme Etait partie sans qu’on la vît. … Continuer de lire Emily Dickinson – moment critique

Claude Chambard & Juliette Thomas – Il dit qu’un homme peut mourir d’une lettre perdue


– Au bord de la mer Je ne me bâtirais pas de maison (mon bonheur exige même que je n’en possède pas!). Mais s’il fallait que je le fasse, Si je renonce, la cabane ne sera pas. Si je renonce, je n’aurais nulle part où aller. Si je renonce, où me coucher le soir, où fermer les yeux pour ne plus voir le monde ou … Continuer de lire Claude Chambard & Juliette Thomas – Il dit qu’un homme peut mourir d’une lettre perdue

La plume vagabonde ( 2 ) – ( RC )


J’ai  récupéré un morceau de papier qui m’attendait là,      où on n’attend plus                        qu’un remous originel, …  et parfois longtemps, qu’il fleurisse …  Mais en quelle  saison était-ce déjà ?                     Le don de la lumière la couleur qui s’annule,    en flocons, … Continuer de lire La plume vagabonde ( 2 ) – ( RC )

Marseille, crépuscule ( RC )


– L’or n’est plus dans les banques, Il s’étale sur les façades . Le vent souffle par saccades ; Il dévale de l’Ouest vers les calanques. Dans la journée, les rocs jouent du blanc, Mais se fatiguent de la pose En tournant sur le rose Au cours d’un parcours lent. La mer est un miroir, Les maisons se ceignent Des paillettes du soir, Avant que … Continuer de lire Marseille, crépuscule ( RC )

Chaudes embrassades ( RC )


        Aux chaudes embrassades Les bras  élastiques, Un corps  qui bat la chamade   S’enroule  tout en rythme Et puis, quand il se penche Participe à l’écriture…   L’espace ondule des hanches, Mots rayés et mouchetures, Justifie, s’il le faut, la tendresse   Par une  danse improvisée…. Défaite, la chevelure, retenue en tresses, Vous pouvez vous manifester par un baiser   Au … Continuer de lire Chaudes embrassades ( RC )

Faire – défaire ( RC )


 dessin : P Picasso:  l’étreinte – A faire  et à refaire A lire et à relire C’est  toute une affaire Ainsi s’attirent, Les contraires par paires, Les joies et le rire, En un repas solaire Comme  c’est  l’écrire L’entre deux ,     au dessert A refaire  et parfaire L’accord des soupirs… – Et comme défaire Est souvent mourir, Le corps souffert Grain de délire … Continuer de lire Faire – défaire ( RC )

Vahagn Davtian – De pierre ici tout un pays


– De pierre ici tout un pays… De pierre ici tout un pays, d’eau en furie Murmure d’herbe ici dans la teinte du bleu Corne des rocs dans les hauts monts hissés vers Dieu Dans l’abîme jeté, pénitence de pierre. Tout un pays où blanche et de glace est la plainte Dans le fond des ravins, question des tempêtes Vers le bas de la rive … Continuer de lire Vahagn Davtian – De pierre ici tout un pays

Rainer Maria Rilke – Presque une enfant


Presque une enfant, et qui sortait de ce bonheur uni du chant et de la lyre, et brillait, claire, dans ses voiles printaniers et se faisait un lit dans mon oreille Elle dormait en moi. Tout était son sommeil. Les arbres jamais admirés, et ce sensible lointain, et le pré un jour senti, et tout étonnement qui me prenait moi-même. Elle dormait le monde. Dieu … Continuer de lire Rainer Maria Rilke – Presque une enfant

Thierry Metz – Je suis tombé


        Je suis tombé dans mes pas jusqu’à les suivre. Jusqu’à ne plus dormir. Les mères étaient trop loin et je n’avais qu’une torche à peine pour me conduire assez  pour  passer  sous  chaque mot. Et seul, me consumer. Puis j’ai fait un signe d’au-revoir. Il n’y en a eu qu’un pour me dire : Oui, tu peux sortir de la maison … Continuer de lire Thierry Metz – Je suis tombé

Jean-Jacques Ampère – Urania


              Urania.Adieu ce beau soleil de la terre amoureux,Esclave de ses fils et se levant pour eux,Qui n’avait d’autre soin dans toute la natureQue de lui faire au ciel reluire une ceinture !Adieu la Terre enfin, paresseuse beauté,Se berçant sur son lit dans l’espace arrêté…Plus de ciel ! il n’est pas. Son azur est un mensonge.Plus rien qu’un vide … Continuer de lire Jean-Jacques Ampère – Urania

Pierre Silvain – les chiens du vent


–   Sous la poussière il retrouve L’ardoise d’enfance fêlée Avec les griffures intactes Proclamant sa détresse d’être Celui qui toujours demeure Au seuil du monde déchiffrable Dans l’attente d’une aveuglante Révélation ou d’un anéantissement Rien n’a changé Tout continue de se refuser Là derrière Lueur tremblante et louche Au fond de la nuit d’encre C’est la fenêtre du logis De l’ogre perdu dans les … Continuer de lire Pierre Silvain – les chiens du vent

Pierre La Paix – Sublime retour


Sublime Retour (écho du poème « Sublime Regain »)* par Pierre La Paix Ndamè, samedi 15 octobre 2011, – – Les déserts des bonheurs oubliés, Si larges, si veufs… si neufs ! J’ai cherché dans la nuit de l’oubli, Des sourires tiens Que l’absence avait emportés. Le silence imprudent de ton départ A balafré sur les atomes des jours Les regrets fanés, Les secrets profanés Que le temps … Continuer de lire Pierre La Paix – Sublime retour

la dame à la baguette (RC )


– Il y a toujours Sur les billets de banque Des portraits de héros Sauveurs des nations, Des princes et des savants Et quelques faits marquants Partagés en histoire , Légendes  du pays. Et pourquoi pas bientôt De super- héros Ceux des bandes dessinées Les Mandrakes  et hommes araignée Qui nous serviraient De papier monnaie… — Il y a quelquefois Dans les livres  d’images Des … Continuer de lire la dame à la baguette (RC )

Ismaël – la page de Tunis


            la page de tunis                par ismaël Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant, opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. … Continuer de lire Ismaël – la page de Tunis

La machine, s’est égarée quelque part ( RC )


La machine,  s’est  égarée  quelque part, Entraînée  par les  courroies  complices, Elle s’est mise  à penser Ce qui n’est jamais bon signe Pour un destin en droite ligne ….  De machine  ( marchant au pas  cadencé) Si de ce quelque part – On peut dire  qu’elle  s’égare Les  rouages, n’en font qu’à leur  tête Donnent  de  la voix, c’est la voie Ouverte  à l’épopée  rebelle, … Continuer de lire La machine, s’est égarée quelque part ( RC )

Brigitte Tosi – Un jour la mer ne viendra plus


                  –   Un jour la mer ne viendra plus Frapper à la porte de mes yeux   Je battrai des paupières, Oscillant sur la vague De mon humeur vitrée, Croyant retenir, encore, Un peu de vie et de lumière   Le vent coudra ma bouche, Cette fissure du visage, Ce rouge murmure, Cette pâle plainte De … Continuer de lire Brigitte Tosi – Un jour la mer ne viendra plus

Eric Dubois – entrelacs


ENTRELACS Tu as fait                    Des bains de mémoire                       Dans les souvenirs Tu t’es noyé              Imperceptiblement                             Dans les non-dits Tu as perdu              Des amis            Tu as glissé               … Continuer de lire Eric Dubois – entrelacs

Aron Kibedi – beauté nue vérité nue ( d’être mot )


            beauté nue vérité nue pauvreté image des excès rebelles opiniâtres corps faux-semblant faux-semblant de l’esprit de l’existence images hypostases du nom précis de falsification des images débauche monotones des manuels utiles et des pronoms  il est question de noms prénoms dans l’ordre la harpe de David le coursier du grand Alexandre les soldats de la liberté devant le peloton … Continuer de lire Aron Kibedi – beauté nue vérité nue ( d’être mot )