S’il fallait que le jour confisque la nuit ( RC )


– S’il fallait que le jour Confisque la nuit, Et la maintienne  close Dans un bocal en verre , Il y aurait alors Tous les rêves du monde, Ses comètes et ses nocturnes Que l’on ne verrait plus , Car nous serions bus Par la lumière, A tourner sans faim Autour de la terre, Et nous ignorerions, Derrière le masque Des reflets du verre, —  … Continuer de lire S’il fallait que le jour confisque la nuit ( RC )

Esther Tellermann – Voix à rayures


          VOIX À RAYURES Pour Henri Dans le nom du troisième et sa boucle j’emplissais le monde d’épilobes de socles de gneiss et de doubles reflets et sur l’ancienne mer là où l’homme avait pris la couleur j’attendais le faucon la ville de douze étoiles. ** Rêve maintient le rêve   si ne sommes trop lourds inventons une noce une couche animale … Continuer de lire Esther Tellermann – Voix à rayures

Voyageur des frontières ( RC )


–   Il va, dans l’encaissement des vallées, Des villes qui débordent, Du gris et de la rouille, Et quelques ponts sur la rivière, Il y va Sur ces voies, Où les banlieues cèdent du terrain, Vers des parcelles en pente. Il va, Dans la campagne abandonnée, D’herbe pelée, Le bois humide et des pierres anciennes. Il va, C’est un espace étroit cerné de montagnes, … Continuer de lire Voyageur des frontières ( RC )

Amin Khan – Inédit Passager


–   Un des textes  que  l’on peut  trouver  dans  marsa-Algérie-Littérature…   publié dans Algérie Littérature/ Action. N°69 – 70     Or solitude rêvée de mon quartier de l’ombre derrière les persiennes rouges la cour vide des cris au fond assise la femme à demi-nue à la peau de son ventre laiteux rêvé de leur vie à eux et à l’amour et au désir … Continuer de lire Amin Khan – Inédit Passager

Sous le ciel, sans partage – ( RC )


–                   Sous le ciel, sans partage,        j’hésite Il y a toujours du monde qui s’agite, Beaucoup s’échangent du papier contre des choses,   De la monnaie contre des roses, Du travail pour un peu de loisir, Des caresses , pour un peu de plaisir. – Toute chose que l’on peut voir Et qu’on embrasse du regard, … Continuer de lire Sous le ciel, sans partage – ( RC )

Théo Léger – Perdu dans la Montagne un soir de novembre


        Perdu dans la Montagne un soir de novembre     Amples demeures des morts. La sourde. L’endormie. J’entends se déchirer la caresse des branches contre sa pierre énorme j’entends la violente larme des torrents. Je rôde sur une rive de fumée. J’éveille une barque l’eau neutre les roseaux. Je trouble à peine leur silence. Je passe et ne laisse aucune ombre. … Continuer de lire Théo Léger – Perdu dans la Montagne un soir de novembre

Tania Langlais – Ma peur ne sera pas secourue


MA PEUR NE SERA PAS SECOURUE ma peur ne sera pas secourue j’ai ma belle robe rien n’y paraît faite de toutes petites boîtes rejetées par la mer quand je prendrai le monde ça fera joli © Tania Langlais – extrait de:  » Kennedy sait de quoi je parle  » Éditions Poètes de brousse, Montréal 2008 – Continuer de lire Tania Langlais – Ma peur ne sera pas secourue

Une « Marianne » de Lichtenstein- ( RC )


– Tes yeux se posent sur moi, Mais ne regardent pas, Ou alors loin, si loin, ….. Tête de mannequin, – Avec blonde tignasse, et ta trombine, Tu fais une nouvelle Marylin… Mythe entêté, Statue de la Liberté, – Attendre que le temps passe, Et faire du sur-place… Ne reste pas seule ….Pénélope Aurait pu être l’icône du « pop » – En un coup d’avion, Tu … Continuer de lire Une « Marianne » de Lichtenstein- ( RC )

Tim Lilburn – La chirurgie contre l’angélisme


art :           Alessandro Bavari – La chirurgie contre l’angélisme Définir une couche de graisse du pâturage de feu dans la poitrine de la chaleur du moteur, le sein caressant mouvement contre le parfum de répandant de la maladie gonflée de volts d’inhalations. Laissez la. Ce fléchissement de la chaleur pour un repas à moitié dévoré pas soi-même, laissez-le manger tiges,copeaux de fer, pierres vertes, morts … Continuer de lire Tim Lilburn – La chirurgie contre l’angélisme

Je suis parti pour un voyage ( RC )


– Je pars un peu, laisser derrière moi hautes collines et ravins d’ombre, à compter la distance, je suis les flèches blanches, – Elles scandent les espaces, les forêts sombres… laissent place aux prairies, aux cultures, et enfin aux villes, le long de la route qui penche, virevolte, agile , – S’élance et voltige, viaducs et ponts d’audace, défiant le vertige, s’appuient sur monts et … Continuer de lire Je suis parti pour un voyage ( RC )

Aux rêves, il n’est plus d’absence ( RC )


– Le matin tire sur la corde des rêves ;                                 A la lumière naissante, Le papier             absorbe l’encre, Comme la mer vient lécher la grève. – Si,                  absente en ton sommeil,                    Tu voyages dans le noir, Et s’il n’est de mémoire,                 Que le vent des soleils, – Au-delà des montagnes…,                           Il n’est plus d’absence, Je comble le vide de la distance                 … Continuer de lire Aux rêves, il n’est plus d’absence ( RC )

Gisela Hemau – Représentation


  Acrobate: Chapiteau roman de l’église d’Anzy-le-Duc ( Bourgogne) –         L’acrobate monte dans un coffret Tout d’abord il faut être si petit Qu’on y trouve de la place dit-elle et nous offre sa fourrure Puis entre les bestioles du corps de la mort et des adieux   elle montre l’ascension de son propre bras Nous sommes là pour la vue Mais … Continuer de lire Gisela Hemau – Représentation

Ca n’ vaut pas un concert – ( RC )


– Bien, — ça n’ vaut pas un concert, Avec plein de guitares, Un orchestre et un synthé , – Mais y en a pas ce soir – – Avec un son d’enfer, Un micro nasillard, Les amplis esquintés, La voix de bluesmen noirs. – Ou la chanteuse d’opéra, La dame aux camélias Ses hautes vocalises, Et puis … plusieurs rappels, – Projecteurs et caméras, … Continuer de lire Ca n’ vaut pas un concert – ( RC )

Au pied du mur ( RC )


Au pied du mur ( RC) – pour Richard Serra Richard Serra:          dessin: Coltrane –      1999 – Au pied  du mur Je m’enroule en volumes Le corps penché Entre les plaques rouillées de Serra… Mise en oeuvre de la masse D’un labyrinthe noir de rectangles qui  n’en sont pas D’où je perds ma présence En vain, géométrisé D’équilibre le dessin s’assoit Et de simplicité ajustée La … Continuer de lire Au pied du mur ( RC )

Sans choisir forcément la couleur – ( en évoquant Bukowski ) – ( RC )


– Sans  choisir forcément la couleur, Tu serais  là, au volant d’une vieille Chevy, Avançant            – comme il se doit – Sur l’asphalte,    qui n’en finit pas. Sans  choisir forcément la couleur, Il se trouve          que tu es né blanc, C’est un bon choix aux ZétatsZunis, >               En dehors des imprévus. Ainsi va la vie,             … Continuer de lire Sans choisir forcément la couleur – ( en évoquant Bukowski ) – ( RC )

Pierre Torreilles – Où je suis


    Où je suis ——– Ordre de ce qu’ont tu le grand désordre évanescent, l’oubli déchiqueté d’une mémoire souveraine, je suis le Décillant. Chaque épave , gravide, laisse à mes doigts l’écho. …je sculpte le silence ,parole improvisée, la montagne sonore. L ‘oiseau est ma ponctuation. Voici le grand ressac, l’ absence écrite, sur l’ épaule du jour la terre, en suspens, ô bannissement … Continuer de lire Pierre Torreilles – Où je suis

Marina Tsvetaieva – Ma maison


– Ma maison Sous ses sourcils froncés, Maison de ma jeunesse, Comme si j’y étais retournée : Bonjour, voilà, c’est moi ! Si reconnue, si familière Sous son manteau de lierre, Cachant son front, comme gênée D’être si grande et fière, […] Des yeux sans chaleur Loin du bruit de la rue, Des fenêtres le verre Sans reflet. Toutes nues, Contemplant un jardin Depuis cent … Continuer de lire Marina Tsvetaieva – Ma maison

Méfies-toi quand tout dort ( RC )


– Méfies-toi quand tout dort, Quelque chose guette, dans les airs, Méfies toi quand tu sors, L’oeil fixe de la chouette, La menace des oiseaux, Plane sur la nuit muette, Et osbtrue la lumière, Vautours et corbeaux ,   Cache bien tes faiblesses, Tes blessures et tes plaies, Tu serais Prométhée, Enchaîné au rocher, Montré du doigt aux gens, Vampires de perverses lois, Avides de … Continuer de lire Méfies-toi quand tout dort ( RC )

Albertine Sarrazin – Nous nous étions…


–     Nous nous étions promis retour à la Saint-Jean Pour marier d’amour nos routes vagabondes Tu me reviendrais pâle avec les lèvres blondes Toute peine finie avec le long printemps Sous ma tranquillité cachant le bel émoi Je m’étais maquillée à l’air des longs voyages Mais au bar le miroir dénonça nos visages Lorsque tu m’apparus debout derrière moi La joie étincela au … Continuer de lire Albertine Sarrazin – Nous nous étions…

Lutte contre le chaos ( RC )


– Par le plus grand des hasards, tu es là, A lire cet aujourd’hui, Et si ta vision illumine l’instant, Cet instant fragile, De deux étincelles, Ayant pu n’être ( naître ) ailleurs… Deux espèces d’espaces Ils se croisent, Avant que l’ombre, Ne boive la mienne, Ou rejoigne les millénaires d’ombres, Des couches de fatigue, L’enchevêtrement, en tout sens, des pensées, En épaisses strates, L’humus … Continuer de lire Lutte contre le chaos ( RC )

Miguel Veyrat – Une falaise,une bougie ( Acantilado A trasluz)


– UNE FALAISE UNE BOUGIE Si tu brilles Au matin silencieux Et commences à frissonner Un autre silence attend Que celui de la mer. Aux dons tranquilles. Le double Silence et la mort d’un midi calciné Et quand tu te retournes Le phare de l’âme d’Allan Poe Une tour de tes rêves Ce double silence De la mer et de la plage D’une double conscience. … Continuer de lire Miguel Veyrat – Une falaise,une bougie ( Acantilado A trasluz)

Tu me parles encore tard, le soir ( RC )


Tu as découpé des morceaux de brume Pour que je reçoive la confusion du ciel Les ornières d’où la lumière N’en sort que poussières Aux après-midi lentes Où tu élèves de néfastes serpents De discours prolifiques Se lovant à mes pieds En nœuds maléfiques Tu me parles encore tard, le soir M’étirant jusqu’à la fuite du jour Et aux ombres de la nuit venue Vient … Continuer de lire Tu me parles encore tard, le soir ( RC )

Georges Lisowski – Promenade


  – PROMENADE Indifférent je passe à côté des futurologues qui scrutent le cristal des braillards qui tirent leur rien de rien des garçons et des filles sans mystères du coeur et du sexe des travestis barbus sans âge qui entourent la fontaine je détourne les yeux de crainte qu’ils n’apparaissent nus et sans barbe je traverse l’exposition de mes cubistes adorés qui m’ennuient qui … Continuer de lire Georges Lisowski – Promenade

Gué de tes îles – ( RC )


– Traverse l’espace, le gué des îles, jetées sur le hasard, Léchées par l’aube, – Elle s’épanouit – Sous mes mains en corolle, Les vagues les entourent, Et je vais, Nu parmi les encres sèches, Avant de retourner à la boue, * Equilibre instable sur ce gué, Oiseau des augures ayant perdu Ses ailes, A parcourir, Sous ton regard liquide, Les chutes du silence. A … Continuer de lire Gué de tes îles – ( RC )

Jean Daive – Nommer ?


–     Nommer ? Le nom ne se répétait plus. Dans l’espace cinq rayons superposés réduisaient les astres, les mers, les ciels à diverses égalités. Un germe formulait les lois d’un univers magique, lumineux par les cris poussés dans des souffles de morts hors d’un monde habité. Jean Daive in  » 1, 2 de la série non aperçue – Continuer de lire Jean Daive – Nommer ?

Le défilé des images ( RC )


– En suivant les traces du temps Comme des empreintes laissées dans la boue, Il y a,                         sur ce fil, Le défilé des images De celles qui marquent un instant Et finissent par pâlir, Cartes postales oubliées au fond des tiroirs, Restes d’affiches de campagnes électorales, Catalogues fournis pour produits d’antan, Et aussi … Continuer de lire Le défilé des images ( RC )

Esther Tellermann – pour sérier l’absence


  Je le fis neige hospitalière craquelures jardins lavés d’Europe reste d’un chant ancien. Je le fis association de l’air sillon qui n’ensevelit dépose dans sa force. Là j’ai croisé Les eaux musicales. Brumes enveloppaient   nos promenades Nous étions rameurs    nous promenions l’archet sur les mondes creux devenus plus légers nous maintenions le rêve nous nous fîmes pluie pour sérier l’absence.   – Esther Tellermann … Continuer de lire Esther Tellermann – pour sérier l’absence

Ph.Marvejols – Préboréales


– Préboréale Il fait chaud et la terre est alors sans blés mûrs Les fleurs se tapissent sans ombre et les oiseaux Picorent l’orange du vent. A l’aurore du monde les fumerolles S’accrochent à l’air, passent les arbres et s’envolent Les carbones s’accouplent sous l’azur Et dans l’immensité de jours géants Et sans encor nymphées ni paysages La terre veut promettre des beautés éternelles. Le … Continuer de lire Ph.Marvejols – Préboréales

Adonis – Damas


  Damas, tu m’as fait signe Je suis venu à toi, voix orpheline Se nourrissant Tissant sa parole crépusculaire d’une langue maudite Qui tapisse l’univers Arrache la porte de sa sagesse ancienne. Je suis venu, porteur d’une étoile d’un feu éloquent Etoile, rends-moi les rois mages Et toi, feu, dévaste cet univers de feuilles et de vent. Damas Nombril de jasmin gravide Qui déploie son … Continuer de lire Adonis – Damas

Nuit carmine ( RC ) – « réponse à Lamber Sav »


Fleurs de sang, Je ne vous connais , Sous la peau, – sous ta peau Que lorsque s’ouvre, Le tranchant d’une blessure… J’entrevois le sommet d’une vague Et parfois aussi son bruit . Mon souffle a l’inflexion de la nuit, Et cette nuit carmine, Je la porte en toi. Se suspendre aux nuages, Est une méprise, Les couleurs et lavis, Ne sont intenses Qu’au fond … Continuer de lire Nuit carmine ( RC ) – « réponse à Lamber Sav »

Jacques Charpentreau – L’air en conserve


_ Dans une boîte, je rapporte Un peu de l’air de mes vacances Que j’ai enfermé par prudence. Je l’ouvre! Fermez bien la porte Respirez à fond! Quelle force! La campagne en ma boîte enclose Nous redonne l’odeur des roses, Le parfum puissant des écorces, Les arômes de la forêt… Mais couvrez-vous bien, je vous prie, Car la boîte est presque finie: C’est que le … Continuer de lire Jacques Charpentreau – L’air en conserve

Seyhmus Dagtekin – extraits de Au fond de ma barque


–                       Tandis que je mange la terre La terre me recrache L’eau me démange pour remonter à nos frémissements Premiers Comme ce liquide qui passe Sans s’arrêter à ses tourbillons Toi aussi, laisse-toi aller Et goutte Goutte à cette douceur Avant qu’un crapaud ne t’avale Avant qu’une mouette N’avale le crapaud Dans les sables … Continuer de lire Seyhmus Dagtekin – extraits de Au fond de ma barque

Du hasard est né cécité – ( RC )


photo  Polly Chandler : lay your head where my heart used to be – Et si je prends à rebours  d’autorité A  jeter les  dés autrement ( sans y être invité) Et  décideront  d’un autre parcours –  de notre vie C’est l’avenir qui balbutie  –  et qui change  d’avis Le hasard prodigue en surprises, peut avoir des revers Et le soleil peut faire place à … Continuer de lire Du hasard est né cécité – ( RC )

Yahia Lababidi – Interstices


        Interstices – Mes heures ont peur de mes jours Une méfiance pour disposer leurs pieds en bas Doutant de trouver un point d’appui tic toc ,à la pointe des pieds de sa propre conscience. Mes journées ont peur de mes années jamais capables d’avoir pu s’oublier dressées autour lors que j’essaie de dormir déplaçant leur poids, traînant leurs craintes Dans les … Continuer de lire Yahia Lababidi – Interstices