Wislawa Szymborska – Quatre heures du matin


Wislawa Szymborska QUATRE HEURES DU MATIN Heure de la nuit au jour Heure du flanc droit au gauche Heure pour avant la trentaine. Heure balayée sous le chant des coqs. Heure où la terre semble nous chasser. Heure où nous glace le souffle des étoiles éteintes. Heure de qu’est-ce qui restera-bien-de-nous. Heure vide, sourde, aride. Fond du fond de toutes les autres heures. Personne n’est … Continuer de lire Wislawa Szymborska – Quatre heures du matin

Rémission ( l’oeil du serpent ) – ( RC )


– Tu descends dans un tourbillon sable mouvant de sable, De mes mains , je brasse l’air à grands coups de couleurs fauves ; – Elles marquent le passage des minutes vers une agitation solaire. Avant que tu ne t’enfonces, dans une étendue                        morne comme l’ennui. – La devanture de l’aube ruisselante , est témoin … Continuer de lire Rémission ( l’oeil du serpent ) – ( RC )

Anna Jouy – Prendre le cahier dans le sens de la largeur….


( visible  sur le site d’Anna Jouy « Mots sous l’aube »  )                           Prendre le cahier dans le sens de la largeur. Prendre le large. Évaser. S’évader par les marges. Glisser dans les coulisses de la page. Repousser les bords pour qu’ils dévoilent plus de blancheur pour la nuit, plus de drap propre pour … Continuer de lire Anna Jouy – Prendre le cahier dans le sens de la largeur….

Dominique Sampiero – La voix


    photo: Joan Bardeletti      « la voix s’empare du corps s’ouvre en deux comme un fruit, une fontaine, quelque chose comme ça. Mais ça ne se voit pas. Le corps est dans sa verticale et ruisselle par la bouche. Les mots que l’on n’a pas dits montent dans tes yeux, et ce n’est plus être seul, mais être. Plus encore, un être nous envahit … Continuer de lire Dominique Sampiero – La voix

Une ouverture sur l’infini – ( RC )


–   Prends ce morceau de ciel,     emporte-le chez toi,    installe-toi en contre-jour, et revêts ta tenue d’ange. Fixé dans un recoin, le temps s’immobilise.         Il se déroule et s’ennuie. Il faut mettre un terme à l’expérience car même si le bleu est ta demeure,    il faudra inscrire tes ailes dans l’espace, et plonger dans l’abîme : N’aie pas peur, … Continuer de lire Une ouverture sur l’infini – ( RC )

Bassam Hajjar – tu n’es rien et ta parole est passagère


peinture :        Ad Gottlieb –  sons  dans la nuit   1948   Ils ne s’appellent pas des tombeaux car personne n’y repose de simples signes celui qui passe, rapide dans sa voiture, tourne la tête vers eux ou bien celui qui marche à côté d’eux, distrait, pas d’arbres hauts et plaintifs pour les entourer et les ombrager pas de pierres debout pas de noms pas de … Continuer de lire Bassam Hajjar – tu n’es rien et ta parole est passagère

Marc Exavier – L’espoir est un soleil impair


                      Lithographie:           Georges Braque:        soleil et lune II  ( 1959) ( extrait des  « chansons pour amadouer la mort)     L’espoir est un soleil impair Un frisson volé aux miroirs L’espoir est une ruche folle Une ruée de clignements Une rumeur aux gras de sel Une marée … Continuer de lire Marc Exavier – L’espoir est un soleil impair

A tous ces mots, leur peine, leur joie … ( RC )


image: provenance                le blog du web design     A tous ces mots leur peine, leur joie, leur vie propre, et leur coeur battant, même s’ils sont issus de catalogues d’objets rutilants, d’anciens grimoires, souvent cachés derrière des double-sens, comme protégés par une carapace. On peut en dénicher en haut des armoires, dans de lourdes encyclopédies, … parfois … Continuer de lire A tous ces mots, leur peine, leur joie … ( RC )

Rainer-Maria Rilke – Changement ,être et visage


photo:          sculpture anthropomorphe aux jardins Bomarzo   « Nous ne sommes que bouche. Qui chantera le cœur lointain que rien n’atteint, qui règne au plus profond de toutes choses ? Sa grande pulsation se partage entre nous en pulsations moindres. Et sa grande douleur, comme sa grande exultation, sont trop fortes pour nous. Ainsi, nous ne cessons de faire effort pour nous … Continuer de lire Rainer-Maria Rilke – Changement ,être et visage

Patrizia Valduga – Cette neige


photo Luis Fernandez – Toronto   XVI. Sur le blanc du givre en lents flocons se perd un peu de neige silencieuse, tu avais une ombre noire au front,     chaque jour t’enlevait quelque chose… Il fait si froid, je couvre tes jambes tu suis ton ombre mystérieuse, ce papillon noir vif t’afflige tu ne l’as même pas vue, cette neige.     Cet écrit … Continuer de lire Patrizia Valduga – Cette neige

Sous le masque du clown – ( RC )


Sous le masque du clown, le sourire élargi, la bouche énorme pâteuse, imagine celui          crispé de l’homme politique. Il cache         sous l’aspect jovial, le puits sans fond d’un cynisme, la pratique de la surenchère, une pantomine de clins d’oeils vers l’extrème droite avec ce qui paraîtrait de l’humour  ; –  mais à y regarder de plus près, … Continuer de lire Sous le masque du clown – ( RC )

Gaspar Jaén i Urban – A l’amour actuel


                                                   photo perso … tirage argentique   1988 A l’amour actuel De Del temps present /Du livre Du temps présent (Edicions Bromera, Alzira) à J.V.P. Je voudrais tant que tu sois tous ceux Pour qui j’ai écrit une fois un poème, Avoir vu avec toi des villes du Nord de l’Italie, Des hivers, des automnes de l’Europe centrale, Et lors des nuits rougies au feu, d’aube … Continuer de lire Gaspar Jaén i Urban – A l’amour actuel

Une chapelle comme une nef échouée – ( RC )


 Chapelle  contemporaine  du Mont Lozère.                          Architecte: Jean Peytavin       ( toutes  photos perso –  réalisées  en  2006 ) – On ne s’attend pas,  quelque part, Dans un repli de la montagne, A trouver là, Une nef,               immobilisée, Qui s’est échouée un jour, La quille prise dans les  sables. C’était comme  aujourd’hui, … Continuer de lire Une chapelle comme une nef échouée – ( RC )

Tout gravite sur l’immobile – ( RC )


voir  article de « la montagne » —- Chaque ville  a ses particularités..Là,        tout  gravite  sur l’immobile,Derrière des rubans noirs et argentés,Un échantillonnage  complet d’urnes en file.Ambiance propice à la concurrence  entre deuils,Chacun vante la qualité des cercueils,juxtaposés sur les  rayonnages,quelquefois empilés, faute de place à l’étalage.Leur confort capitonné,       – bien tentantLe choix des étoffes, allant du cru :– des couleurs intenses pour ceux … Continuer de lire Tout gravite sur l’immobile – ( RC )

trop haut dans le cerisier – ( RC )


photo Ludovica     J’ai couché ces orties, pour atteindre le cerisier, les fruits étaient trop haut, je suis monté dans l’arbre, la branche a cassé . Les cerises , comme des grains rouges  répandus par terre, autour de ma tête, un filet de sang courant au sol, rouge aussi, et mon regard, avant de s’éteindre, t’a aperçue,  flottante dans l’azur, tenant un panier vide. … Continuer de lire trop haut dans le cerisier – ( RC )