Kenneth White – Lettre à un vieux calligraphe


    Cent jours passés par les grèves et les montagnes   à l’affût du héron et du cormoran   puis écrire ceci à la lisière du monde   dans un silence devenu une seconde nature   et connaitre à la fin  dedans le crâne, dedans les os   le sentier du vide.     Un monde ouvert  Anthologie personnelle  nrf Poésie /Gallimard Continuer de lire Kenneth White – Lettre à un vieux calligraphe

Passagers de la nuit – (Susanne Dereve)


    La nuit dérivait lentement pas une nuit d’argile ni de mousse ni de la froide clarté des constellations de Juillet ni de l’ombre des pins , noire , où balançait le vent ni du roulement des vagues ou de celui du temps perdu , éperdu , amassé  – telles ces piécettes d’or miroitant sous l’eau des fontaines – Une nuit d’étreintes et de … Continuer de lire Passagers de la nuit – (Susanne Dereve)

Le musée dans la piscine – ( RC )


C’est un endroit curieux( généralement le cas des muséesque l’on fréquente encore habillé )où l’on voit des demi-dieuxinterrompant leur mouvement ,bien conscients du danger,avant d’aller plongeravec leur accoutrementdans la piscineévoquant de très loinla mer qui se souvientdes marées ( et ici, piétine ). C’est une eau stagnanteoù personne ne se risquecar la vie se confisquedans une mort lente .Quelques émanations perfidesauxquelles on ne s’attendait guèreont … Continuer de lire Le musée dans la piscine – ( RC )

Détourner la douleur vers un peu de sourire – (RC )


Tant d’années à se direà se lire , à déchirer les ténèbresde tant d’heures,pour que la lumière vienne,et rebondisse sur les fleursdont la tête penche ;Elles n’égarent pas leurs couleurs,car elles restent vivantesdans le tableau. Je suis derrière,je ne sais si tu me reconnaîtras,car j’ai un peu changé,et ma voix est chargéede mes pas égarésdont l’immobilité rejointcelle la pierreLe silence serait-ilde la même nuance qu’hier ?. Je … Continuer de lire Détourner la douleur vers un peu de sourire – (RC )

Thomas Vinau – Sun/sun


C’est pour ça que des hommes parlent fort.Hurlent. Courent.Et travaillent.S’épuisent chaque soir.C’est parce que c’est vide et c’est noir dedans.C’est pour ça qu’on a appris à lire.À écrire et à compter.À souder et à conduire.C’est pour remplir le noir dedans.C’est pour ça qu’on court après un ballon.Qu’on escalade une montagne.Qu’on répertorie les papillons.C’est pour ça que des hommes ont inventé dieuet les ampoules électriques.Ont construit … Continuer de lire Thomas Vinau – Sun/sun