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Samira Negrouche – courir sans regarder derrière soi


 

 

- -Michael Borremans 8453309289.jpg

peinture Michael Borremans

 

Avant que l’aube n’apparaisse, courir sans regarder derrière soi

les fleuves évaporés et les paroles effritées des sages de légendes.

Avant plus avant le soleil est d’une douceur clémente

m’apprend d’autres caresses et je deviens un poteau électrique

dans une plaine humide et je passe aussi vite qu’eux

sur le parcours d’un TGV pressé de rejoindre

ses rendez-vous parisiens à huit heures tapantes

Et je disparais.


Suzanne Derève – Monsieur


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Monsieur savez-vous que la prose
Que sur ces pages je dépose
Est née d’un hasard ce matin
En effeuillant le romarin
Sur une volaille de Bresse
Que j’ai vidée comme à confesse
Engrossée d’ail et de thym
En rêvant d’un alexandrin
Et que ce soir dans ma cuisine
Me sont venues ces quelques rimes
En bardant un rôti de porc
Et puis ce fut un oxymore
Cette innocente Pénélope
Devenue icône interlope
(car je fais et défais mes vers
En épluchant les pommes de terre)
Monsieur qui lorgnez mon corsage
Je vous confie le repassage
Car il me vient tout un sonnet
En mettant le linge à sécher
Je vous passerai le plumeau
Le temps d’aligner quelques mots
D’y glisser une métaphore
Je conçois bien quelque remords
De vous voir ainsi au fourneau
A la lessive et aux carreaux
Mais ainsi va la poésie
Et je vous rejoindrai au lit
Le coeur léger sous vos caresses
Je vous dirai que rien ne presse
Car cette soirée libertine
Vaut bien qu’on fasse une comptine
 —

Théo Léger – Beauté des temps révolus


Portrait-de la marquise Luisa Casati (1908)

 

Peinture: Giovanni Boldini

Elles traversaient les profondeurs de l’argent des miroirs.
D’une fragrance de chevelure aux parfums érotiques,

d’une jaillissante malice de dentelles couvrant leur chair
où luisaient les globes fragiles soumis aux caresses de l’homme,
de leur murmure d’éventails, de leur secret de bagues
dont les fourmis laborieuses ont mémoire au musée
sous les racines d’un monde vert

qu’est-il resté ? Rien.           Ton seul sourire :
un papillon de cils battant contre une lèvre d’amant
la crispation de doigts malhabiles.

Sur les draps de la nuit était-ce
cris de naissance ou de mort? Cela, les horloges l’ignorent.

Théo Léger      (1960)


Laetitia Lisa – En habits d’oubli


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peinture  rupestre    grotte de  Chaturbhujnath Nala, Inde, environ  10,000 av JC

 

Je longe le champ de blés verts

hâtant le pas dans l’herbe haute

pour recevoir encore

un dernier baiser du soleil

avant qu’il ne se couche

en draps ocre et dorés

 

demain la pluie

demain le froid

 

pour l’heure la douceur du vent

le chant des grillons et les hirondelles en formation

 

avec elles je me baigne en le ciel

allongent les brasses lorsque les courants frais

effleurent mes bras nus

 

avec elles je reste immobile un instant

sous les caresses des courants tièdes

 

je plonge

dans le bleu des montagnes

jusqu’à ce que la nuit revienne parfaire l’esquisse

de ses gris colorés

 

je ne peux rien contre le froid et la grêle

tueurs  des promesses si près d’éclore dans mon verger

je ne peux rien contre le feu du soleil

tueur des promesses si près de porter fruit dans le tien

 

sur le dos de quelques mots ailés revenus nous chercher

nous dansons en habits d’oubli

ourlés de nuit  .

 

————

plus  d’écrits  de L L ?    voir  son site-blog


Jean Pérol – À mes côtés


 

Ne donnez plus rien
aux courages lâches
tenez écartées
les fêtes pourries

j’attends que la nuit
tire sur tout sa bâche
et d’autres caresses
que de ses furies

j’attends le dirais-je
les cieux plus légers
sur tous les vergers
la musique en plis

j’attends la lumière
des blancs d’avalanche
les masques tombés
les pardons en pluie

la douceur des mains
des lèvres fidèles
un cœur sans calculs
la farce effacée

un Japon des mers
des chants d’îles mauves
un matin charnel
entrer dans les villes

quand plus rien n’importe
franchir le portique
le démon aux portes
l’ange à mes côtés

 

 

extrait du recueil:

Libre livre

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Frédéric Angot – Lune sang amour


peinture: Max Ernst; forêt d'arêtes de poissons

peinture:            Max Ernst;          forêt d’arêtes de poissons

 

LUNE SANG AMOUR

 

 

-Cette nuit là, un râle d’Amour, tel un châle,

s’envola si haut et si bien qu’à la lune il

parvint.                  En ce si beau ici-bas, dans

d’érotiques ébats, s’aimaient deux êtres.

L’Idéal semblait paraître, quand, la lune d’or

esseulée, délaissée du soleil récemment,

plongea, comme pour se venger, les jeunes et

purs amants dans une ténébreuse obscurité en

s’éclipsant…

Dès lors, les caresses cessèrent, le doux vent

d’été, les arbres fruitiers, les grillons

s’enfuyèrent, les halètements et souffles

ardents firent place aux cris de terreur.

La lune, jalouse et outragée, ainsi les tint

toute la nuit dans le chaos et la noirceur

jusqu’à ce qu’apparaisse dans sa splendeur le

beau Rê lumineux de chaleur.

Seulement, pour les deux amants, le lever fut

absent.

Leurs corps, jadis pleins de vigueur s’étaient

figés dans une éternelle torpeur… la peur,

trop forte, avait soufflé la lueur de leurs coeurs.

Ainsi, je vous le conte, la lune maligne

retourna l’écho de leurs râles!

Seul demeurait de cette nuit, un léger châle

de lin, de lune doré, de mort taché.


Anna Akhmatova – Rupture


photo  Gilbert Garcin:           la rupture

 

 

Rupture

Voici le rivage de la mer du Nord.

Voici la limite de nos malheurs et de nos gloires,

— Je ne comprends plus : est-ce de bonheur,

Est-ce de regret que tu pleures,

Prosterné devant moi?

Je n’ai plus besoin de condamnés,

De captifs, d’amants, d’esclaves ;

Quelqu’un que j’aime et qui soit inflexible

Partagera seul mon toit et mon pain.

Automne baigné de larmes, comme une veuve,

En vêtements noirs;   le coeur est embrumé…

Elle se remémore les mots de son époux,

Elle ne cesse de sangloter.

Il en ira ainsi tant que la neige silencieuse

N’aura pas pitié de la malheureuse lasse…

Oublier la douleur, oublier les caresses —

On donnerait pour cela plus que sa vie.

1921


Ventre du vertige ( RC )


peinture: Richard Diebenkorn-

peinture:            Richard Diebenkorn-

 

Les rêves se croisent  et décroisent,

Comme tes mains

A la rencontre des miennes

Et tes paupières persiennes

Au regard du destin

D’où filtre la lumière

Le songe ailé qui se cabre

Sous les caresses

Qui nous emmènent loin

Au creux des fleurs ouvertes

Si loin que  l’esprit s’égare

Et perd pesanteur,

Aux veines et aux  racines ;

On ne sait plus ce qui s’échange

Et est toi ou moi

Nous sommes du voyage

Et loin de la terre

Sur les ailes  des anges,

Au centre du vertige,

Matière amante confondue…

RC  27 février 2013


G M Chenot – Au toucher ou à l’ouïe


photo perso:             marché de Guelwongo, Burkina Faso,  village  frontière avec le Ghana

 

 

 

AU TOUCHER OU A L’OUÏE

 

 

L’Afrique en bandoulière

Et les yeux émerveillés

Par de tant de couleurs

Ou de nuances de noir

 

La lumière en héritage

Comme la douceur d’un fardeau

Qui s’évapore en souriant

Dans l’ombre des frondaisons

 

Et cette voix de femme ensorceleuse

Dont on fait des miracles

Des baisers ou des caresses

Dans la saveur de l’instant

 

 

écrit provenant du riche  blog poétique  de GMC

 


Eugène Durif, – L’étreinte, le temps 01


Eugène Durif, plus connu pour  sa production de dramaturge,  est aussi l’auteur  de ce texte poétique  que je décompose  en plusieurs parties

 

 

 

 

Le chemin descendait suivant la voie ferrée,

le jardin n’avait pas de limites,

caténaires à fond perdu.

Cela sous le regard,

images abandonnées,

bleu-nuit dans l’absence.

Etait-ce toi près de cette bâtisse

et l’haleine de l’ aube sur tes lèvres,

des caresses échangées furtives