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Matin (Susanne Derève)


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     CHUTA KIMURA, Landscape

 

 

Se réveiller heureux un matin blanc

Il y a si peu de vent

 

Les arbres se diluent

dans un semblant de brume

comme une estampe japonaise

un vert grisé

où vacille un halo de lumière incertaine

 

 

Un brouillard qui s’étend jusqu’aux franges

de l’être

un demain dont on ne saisirait pas le contour

dont on se dit que l’amour peut s’y glisser

peut-être ou bien s’en évader

aux premières vendanges

par la fenêtre

 

 

L’oiseau qui se pose, replie ses ailes  et s’ébroue,

le sait-il, où le mèneront les transhumances

En perd-il pour autant l’insouciance

du jour

 

 

Se rendormir heureux un matin blanc

Attendre que le rideau se lève

Faire semblant

 

 


L’aube est pour demain – ( RC )


Paul Nash, We Are Making a New World, 1918

peinture: Paul Nash   –   We Are Making a New World,       1918

 

Dans un paysage lunaire,
il se trouve encore,
dans le jour qui s’éteint,
des troncs solitaires :

c’est ce qu’il reste d’arbres,
dont le tronc a été brisé,
les branches calcinées,
noires sur un fond gris,
au milieu
du désastre de la terre .

Ces troncs sont des témoins,
brisés mais restant debout,
à la façon de temples dévastés ,
aux colonnes solitaires ,
ne portant rien qu’elles-mêmes ,
absurdement dressées vers le ciel.

C’est une forêt après la tempête,
empêtrée dans l’hiver.
Mais celui-ci répond
au cycle des saisons,

et on peut distinguer,
si on s’en donne la peine ,
quelques silhouettes d’animaux ,
qui dénichent déjà
des jeunes pousses
qui prendront bientôt leur essor :

l’aube est pour demain .


RC – dec 2017


Viktor Kagan – je réapprendrai à parler


 

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peinture: David Bates –        Anhinga   1986

 

 

Je réapprendrai à parler .
Mais pour l’instant je commence ma vie à zéro,
ne me permettant pas encore de savoir
que je vais marcher, parler, rire
comme je le faisais hier et le jour d’avant
et toujours, mais sachant seulement que demain sera différent.

Laisse moi être…
Mais si vous pouvez simplement
vous asseoir à côté de moi et m’écouter
re germant de moi-même,
à une larme roulant sur ma joue,
à mon ombre mesurant le temps
comme si je ressortais de moi-même –

simplement ne rien dire et écouter –
alors s’il vous plaît restez.

I shall learn to talk again.
But for now I begin my life from scratch,
not yet allowing myself to know
that I will walk, talk, laugh
as yesterday and the day before
and always, but knowing only that tomorrow will be different.
Leave me be…
But if you can simply sit next to me and listen
to me sprouting from myself,
to a tear rolling down my cheek,
to my shadow measuring time as I grow out of myself —
simply saying nothing and listening —
then please stay.


Penthi Holappa – La prochaine fois que je viendrai au monde


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La prochaine fois que je viendrai au monde
ici je transcrirai chaque minute dès le début.

Je n’en consommerai pas une seule sans réfléchir d’abord, 

et le cas  échéant j’arrêterai le temps
afin qu’il attende ma décision.

Je choisirai les jours de calme, le travail,
les nuits ardentes,
les proches les plus sages,
mes amours les plus belles et les plus fidèles.

Avant la scène de l’amour, pendant et après,
ni mon partenaire ni moi-même ne devrons nous sentir
étrangers.

Jamais, si la vie dépérit et avec elle toutes les choses,

je ne me dirai que demain il sera trop tard.


Gilles Vigneault – Paysage


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photo DL Ennis

 

La lune a posé sur la plaine
L’argent d’un verglas sans pareil
À rappeler la porcelaine
D’une mer où dort le soleil.

Ah! Que la neige était plus belle
Aux saisons dont je cherche encor
La mystérieuse escabelle
Qui manque au coeur de ce décor

Pour que le jeu se recommence
Avec le splendide attirail
Du pays à la neige immense
Où la fenêtre était vitrail.

Ah! Que la neige était plus blanche
Et plus mélancolique aussi
Sa calme et paisible avalanche
D’un ciel au jour mal obscurci…

La lune a posé sur ma peine
L’éclat de son calme glacé.
Mon enfance ne fut pas vaine.
Voici déjà demain passé…

Gilles Vigneault


Puits de la mémoire – ( RC )


photo Dina Bova

photo Dina Bova

Voila que je me penche
Sur le bord de ce qui entaille
La mémoire.

Ici le soleil ne se reflète pas,
Car le miroir des eaux,
Est si loin de la surface,

Que même se perdent les traces,
De notre enfance, de nos premiers pas.
– L’envers de notre destin.

J’ai beau tester la distance,
En lançant quelque objet,
Le bruit de l’impact s’absente,

Comme si le temps même
Se perdait dans l’écart
Des défaites de la conscience.

Me penchant au-dessus
De ce puits de mémoire,
Que rien n’éclaire,

Et dont je ne peux percevoir que la nuit,
…..         Aux rives de l’oubli,
Elle prend possession      de tout .

– Il faut que j’invente le jour,       et
La matière dont je serai fait,     peut-être

Demain.

RC-  8 novembre 2013

avec une citation qui rejoint le sens du texte ci-dessus;

« Ce n’est pas tout de naître, il faut encore naître une seconde fois à soi-même et au monde »——— Le ravissement :  in Le cantique des cantiques


Ciels amnésiques – ( RC )


photo nb provenance flickR auteur inconnu

Quel regard oubliera
les ciels amnésiques
oublieux des brillances
Et du partage  de la lumière ?

Quel cœur ne regretterait pas l’émotion  de la  palette délaissée
D’ un peintre au baroque monochrome
Qui n’aurait de symphonie
Qu’un gris  ayant éteint toutes les couleurs

En dehors des saisons,
En dehors d’un avenir de lumière et fulgurance
Si aujourd’hui est semblable à demain…?
Comment  continuer, à clore les yeux  et l’âme

Sans l’exhaltation des possibles
Qui portent ce pas et le suivant  *
La nuit juste avant la clairière
Vers de meilleurs lendemains?

RC    8 juin 2012

*  ( ce pas  et le suivant, est la titre d’un ouvrage  de Pierre Bergounioux).

–  sur l’incitation  du  regard  sur l’automne,  de H Soris-

Marie Hurtrel, dont je viens de visiter  les  écrits,  , nous communique un de ses textes, qui présente quelques affintés…

L’ivre livre

par Marie Hurtrel, lundi 12 mars 2012,

Il y avait trois mots qui voulaient se perdre

entre un ciel inutile

et la terre roulant ses étreintes

 

Comme revient une hirondelle

quand le vent se lève sur l’horizon

c’est parce que j’ai vu tes sommets sous les nuages

que son vol couche la saison

 

Et dans le lit des doutes se relie la route

près de là-bas

par ce sol qui m’enterre à m’attendre

la route au désert

et la source entre ses pages

c’est un livre qui attend

 

D’une terre un ancrage

il y a demain de là

une ode rouge entre les veines

et mon sang sans arrimage

au silence recompose la voie

 

© Marie Hurtrel

 

Une Réponse

  1. Emma /Mj

    Très beau poème pour cette symphonie en gris .


Blanche ( revue petite )


peinture: Richard Smith

peinture:   Richard Smith

 

 

 

 

J’ai vécu, Blanche, dans la fascination
des choses simples

(dans le transport
des nuages et des feuilles,
de. Peau repliée, sur l’amande de la
soif.)

J’ai mesuré le néant

dans l’absence
où l’ombre devient chair.

Tout ce temps dans mon dos
me pousse vers demain,
ma tête bleuie
sur l’épaule du jour.

 


Songe en tourbillons ( RC )


Sculptures –       Marina Abakanowicz  – Chicago

 

Songe en tourbillons,

Comment extirper de sa gorge

La brûlure  du chagrin,

Et parcourir on le sait,

Seul encore,

La traversée du désert,

Où rien n’est dit de demain..

 

Il est une bouche béante

Qui boit la conscience

Et qui nous questionne

Nous dit

Que la joie s’est éteinte

Que le chemin n’est plus là

Et qu’on s’est perdu

 

Au milieu de nulle part.

On ne reconnait plus

Dans les humains

Que des statues debout

Sans regard, ombres

Marchant, courbées

Vers leur destin.

 

Ils semblent savoir

Où portent leur pas

Peut-être suivent,

Ou cherchent , leur étoile.

Moi je n’en ai pas,

Et je reste , immobile

Dans le temps arrêté.

 

RC  – 18 janvier 2013

 

 


Quai – douleur- Je ( RC )


 

 

Je,  ( lui ),  n’attends  rien
Sur le quai d’une  gare
Une valise  triste
Un voyage  de peut-être.

Je ,  un ciel obscurci
posé  sur les  épaules
Le manteau offert aux assauts du vent
L’intime  et l’étranger

Je,    en pensées
Futur  en douleurs
Se projette demain
Le train qui portera, loin

Je,   le petit jour
L’estomac noué
Vers un inconnu,
aux  routes d’exil.

RC  –  20 septemre 2012

 

 


Un pied devant l’autre ( RC )


photo – auteur inconnu – carte postale

J’ai oublié les charlatans,
les acharnés, les magiciens, mécaniciens et les fortiches
Remisé les clefs.
Peut-être perdues,         qui sait ?

Et fait qui , d’un grand  voyage, sur un fil suspendu
Et sans assurance
En laissant sur place,  les vieux objets  et bateaux  rouillés
Autres  que ma confiance,
Si tout se déglingue  et moisit,
Je mets un pied  devant l’autre
Et c’est le vide dessous  qui me sourit,
Je n’ai plus soif

L »amour rajeunit,
Tout va venir,
Et l’aube encore,
Et demain,
Sera dans mes bras.

RC – 18 juillet 2012


Poussières en gravité – (RC)


peinture:  Julio Larraz  -  rêve de jour  ( Day Dream)

peinture: Julio Larraz - rêve de jour ( Day Dream)

 

 –

Peu de chose

Juste tourneboulé,           sans gravité

Sens                                   de la gravité,

Grave  , et tes

Bras, tête, tout çà

Avoir la tête dans

 

En désordre, se retrouver

Reconstruire, et rire…

 

Laisser, coeur, poussière – s

En gravité, étoiles

Poussières  d’étoiles

Etoiles poussives

Trajectoires en sac

En l’espace courbe

 

De l’espace

On se cherche-on se trouve

Centripète- centrifuge

Centrifugeuse

Tout comme   –  refuge

On est  « tout chose »

 

Et        ce quelque  chose,

La petite étoile du matin

….         – c ‘est avec elle,

Que j’emmène  demain…

RC   Mars 2011,  modifié  26 avril 2012


Si le bonheur et dans l’après (RC)


chapiteau roman: cloitre roman Santa Maria de l'Estany Catalogne

 

 

Si le bonheur  et        dans l’après

En médecine  avec   stéthoscope

Ce que nous dit          l’horoscope

C’est  toujours , de se tenir prêts

 

A  sauter dans les  étoiles

Choisir son thème astral

Pour jongler sur le banal

Et puis mettre les voiles

 

C’est ainsi,             à mille lieues

Toujours aller voir           là-bas

Et vivants             dans l’au-delà

Pour             parler au bon Dieu

 

D’une mort annoncée

L’extinction des feux

Ce qui n’est pas peu

Si l’heure  est avancée

 

Faut pas  rêver  d’hier

Mais viser l’avenir

Pour toi qui veux en finir

A genoux et en prières

 

Les vitraux          en couleurs

Sentence et       grand  décret

Bonheur promis dans l’après

Et finies,          les  douleurs  !

 

D’angoisses et de sueurs

Et les peines  de coeur !

Même sous le couperet

Si t’as  ton chapelet…

 

Cà peut  toujours servir

Tout en ordre , avant de partir

Après, …     mais c’est  demain

Nous irons cotoyer les  saints.

 

RC  1er  Avril 2012

 


Jean-Jacques Dorio LUNE À PARTIR


Jean-Jacques Dorio, publie sur son blog, quantité d’écrits, dont il m’a autorisé à faire  écho ici, dans le mien

Voici une de ses nombreuses publications,  datant de janvier 2008

LUNE À PARTIR

Je ne dis pas grand chose ce soir

Des paroles éparpillées

     Je dis que j’ai oublié ce que j’avais à dire

     Et que la lune à travers mon petit carreau

     Me regarde

     À l’ouest de ma mémoire

Je ne sais ce qu’elle me veut la lune

Elle doit savoir que je suis entrain de me demander

Pourquoi y a-t-il une lune?

     N’empêche

     Du pas-grand-chose à dire

     On a fait cette maille de mots

     À partir peut-être

     Puisqu’il s’agit de partager…

le soir qui est déjà la nuit

la mémoire les paroles éparpillées le rien à dire

et cette lune qui reviendra demain

poursuivre ses mille et un récits

 

phot-montage Man Ray


Arthémisia…… L’image


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Je te revois encore, sur la frange de cette plage.
Je ne te connais pas.
Ma vie n’est qu’un outrage.

Tu marches lentement, poussant du pied le sable

En gerbes fleurissant des paillettes effaçables.

Je te revois encore, riant avec les mouettes,

En écartant les bras pour cueillir le vent,

Laissant sur ta peau nue courir imparfaite

La pensée d’un amour avec moi estivant.

Je te revois encore courbé vers la marre

Scrutant le coquillage, des marées, survivant,

Et cherchant à point d’heure, accroché sous le phare,

La lumière d’argent venue de mon levant.

Je te revois géant haranguant les dieux mêmes,

Tourné vers l’horizon, et vomissant  tes flancs,

Hurlant au ciel, aux flots, les mots de ton poème,

Toujours lourd et tendu…époustouflant.

Je te revois ce soir, au seuil de mon rêve.

Où seras tu demain ? Peut être encore ici ?

Tu vis et tu dessines en mon ventre un lacis

Que la mer sans détours ramène sur ma grève.

Je te revois jamais et toujours et encore,

Construisant la demeure où j’habite à plein temps,

Je cours après les jours arrogants  de la mort,

Et je cours après toi, l’image de mon néant.

 

Copyright © Arthémisia – Juin 2008

Avec : Nicolas de STAËL – Tempête