Blanca Varela – les choses que je dis sont certaines


peinture auteur non identifié – Les choses que je dis sont certaines Un astre éclate sur une petite place et un oiseau perd ses yeux et tombe.Les hommes autour de lui pleurent et voient arriver la nouvelle saison.Le fleuve coule et emporte dans ses bras froids et confus la matière obscure accumulée des années durant derrière les fenêtres. Un cheval meurt et son âme s’envole … Continuer de lire Blanca Varela – les choses que je dis sont certaines

Michel Foissier – saute-mouton dans les coulisses du soleil


saute-mouton dans les coulisses du soleilà la santé de la mort et des buveurs de ventmauvais penchant félicité du videil se jette à genoux dans l’obscurité du sommeil commeun oiseau dans le mensonge de ses ailesil reste là puis il tombetête tranchée dans le panier garni d’un numéro gagnantl’entonnoir dans le fin fond du ventre de la terrela mort épongée en basdans une flaque invisible … Continuer de lire Michel Foissier – saute-mouton dans les coulisses du soleil

Annick Le Scoëzec Masson – L’arbre au-dehors


photo Ansel Adams L’arbre vint à moi.Comme un petit oiseau, un chien, un chat.Sur la terrasse où j’étais assise,ses branches poussées depuis le baspar un peu d’air léger,s’accrochaient à ma frange.Derrière, sous la véranda,une rumeur de vent de plaine,de conversations inlassables.Des pétales tombaient à mes pieds.L’arbre contait bien des chosesque je ne saurais dire.Ses odeurs énergiquesde sève en ruisseaux, d’écorce saignante,me soulevaient.Je perdais consistance,mes yeux … Continuer de lire Annick Le Scoëzec Masson – L’arbre au-dehors

Miguel Veyrat – mon retour au jardin


Peinture : Cleve Gray, ‘La mort de l’Aigle’ J’aimerais être à la verticaleau-dessus de ton ombrepour mourir avec toicomme un oiseausaisi en plein milieu de son volEnsuite je tomberais d’un coup secdevant ta fenêtreouverte par l’ombredepuis l’aube du videaux bras qui donnentou qui supplient allongésvers le domaine du désirAvec toi comme l’ombrede l’oiseau en plein volafin de mourir devant ta fenêtre … version originale ————MI … Continuer de lire Miguel Veyrat – mon retour au jardin

Julian Tuwim – simplement


Tout était si simple : cet instant, la forêt,Ce matin-là, il y a déjà douze ans.Par-dessus les buissons le monde s’ouvraitA celui que j’étais : jeune, gai, chantant.Ce qu’il faisait frais ! Après le déjeuner, Je partis dans la forêt tremblante de pleursJe m’assis avec les maths sous les genêts,Car il y avait un examen dans deux jours.Comme il faisait triste et gai sous ce … Continuer de lire Julian Tuwim – simplement

Barbara Auzou – oiseau de l’enfance


peinture P Picasso l’enfant à la colombe 1901 où étais-tu alorset au creux de quel silencequand je promenais de mon côtéles attributs concrets de l’innocenceà l’âge où l’on se fout de l’âmeparce que l’âme est un oiseaufrotté au vieux bois de l’enfanceet que sur des rectitudes ancienneson se fait le lieu double d’une peineet d’une traversée j’entends encore le moulin à eaubattre la preuve de … Continuer de lire Barbara Auzou – oiseau de l’enfance

Est ce un homme qui pleure ? – ( RC )


Est-ce un témoignage d’amour,cette plume qui estle marque pagede notre livre ? Est-ce que nos viessont liéespar ce serment écrit ,avec cette plume, justement ? Mais les pages se sont tournées,avec les années :il n’y a plusque les miettes du passé . Si la tendresse se conjugue maintenantà l’imparfait,faut-il regretter d’avoir dit, » je t’aimais ? «  J’ai connu d’autres chapitres    ;l’oiseau de l’amourest revenu … Continuer de lire Est ce un homme qui pleure ? – ( RC )

Jean-Jacques Dorio – à ta guise


image Yuko Hosaka À ta guisedans le suspens du réveilentre la nuit et le jourtu reprends le chantierles sentiers qui bifurquentattendant un signe des dieuxou d’un modeste oiseau du matinpour parcourir le jourl’étirer ou le condenserle composer enfinhors destinÀ ta guise extrait du recueil  » une minute d’éternité » Continuer de lire Jean-Jacques Dorio – à ta guise

Quelques mots déposés dans ton nid – ( RC )


Une poignée de motssuit l’empreinte de tes pas. J’écris en interprétant les signes;certains diraient > un jeu de pistes où je recueille les indiceslaissés par un oiseau un peu de duvet, quelques plumes je les ramasse et mes doigtsforment avec ces quelques lettresqu’accueillent les pages comme le grand arbre rouxd’où l’on peut voir d’ici à quelque hauteur, le nid où mes mots iront se déposer … Continuer de lire Quelques mots déposés dans ton nid – ( RC )

Claude Saguet – Belle, pour quel désert suis-je promis ?


– Belle, pour quel désert suis-je promis, pour quel autre désert s’il faut, à chaque instant, retrouver sa solitude dans tous les yeux qui passent ? Lorsque les routes se dédoublent et s’amoncellent les fleuves ; lorsque lentement, dans le matin, s’élève l’haleine rouge des heures, je voudrais m’ouvrir comme une parole privée d’air depuis longtemps. La mer, de tous ces plis, m’apporte des chants … Continuer de lire Claude Saguet – Belle, pour quel désert suis-je promis ?

Oiseau découpé sur ciel nocturne – ( RC )


C’est ,           avec l’arrivée de la nuit,un paysage où les ombres se fondent :          je regarde un autre monde,d’où le jour s’est enfui : une chouette monte la garde :on la distingue entre les branches,et ,      de l’eau,       le reflet se penche,  Fais attention,         si tu le regardes   ! Il … Continuer de lire Oiseau découpé sur ciel nocturne – ( RC )

Jorge Guillén – Cime de nos délices


Max Ernst – les noces de la terre et du ciel Cime de nos délices !Dans l’air tout est oiseau.L’immédiat se dévoileUnique en un lointain. Bataillons, forces légères !Quel enjouement de gaminSur l’espace désinvolte,Fou de présence, comblé ! Le monde a la profondeurNaïve de quelque miroir.Les distances les plus clairesRêvent d’une vérité. Ô les années irréparables,Et leur douceur ! Et plus tard,les noces avec l’histoire,Jour … Continuer de lire Jorge Guillén – Cime de nos délices

Alexis Bardini – comment écrire


peinture Léonora Carrington Comment écrire quand les doigts vous brûlentComme un champ de bléQu’aucune eau ne saurait éteindre ?Comment respirerL’air que chaque mot enflammeQuand nos poumons sont de flanelle ? Chaque oiseau dessine un accentAu lever pourpre du matinLe soleil s’entaille à nos fenêtresSa blessure nous guetteEt nous trempons le pain du jourTels des enfants de paille aux doigts de soie extrait de « une épiphanie » Continuer de lire Alexis Bardini – comment écrire

L’habit de l’écrivain – ( RC )


C’est comme l’histoire de la petite graine Abandonnée dans un champ,         qu’un oiseau, en volant,         ne pense pas qu’il sème         ce qui va devenir         un futur géant dont le feuillage secoué par le vent va lentement s’épanouir. De même,        l’habit de l’écrivain ne se limite pas … Continuer de lire L’habit de l’écrivain – ( RC )

Tô Thùy Yên – la veuve


L’oiseau tombe mort de soif sur le seuilLa porte se referme pour mille ans sans bruitComme l’amulette enchantée a scellé le vieux tombeau.Pourquoi le briseur d’enchantement ne vient-il pas encore chanter ?Je te cherche en courant dans le royaume des vents,Le feu cruel joue à effrayer l’âme en riantLe cri brise la roche et vibre dans l’éternitéLe sable tourbillonne à l’infini, effaçant la trace de … Continuer de lire Tô Thùy Yên – la veuve

Ondine – ( RC )


Frémissements du matin,rides sur l’étang,une barque posée sur son reflet,soleil levant. Le jour s’éveillecontourne la petite îleun oiseau traverse le ciel…solitaire quelques accords subtilsglissent avec Ondine…les doigts sur le clavierjouent de leur dentelle Gaspard de la nuitunivers limpidedans sa mélodie,transcrite par Maurice Ravel… ( Ondine est le nom d’une pièce pour piano composée par Maurice Ravel dans « Gaspard de la nuit » par rapport à des … Continuer de lire Ondine – ( RC )

Jean-Michel Maulpoix – à la saison froide


peinture Claude Monet – la pie La saison froide fléchit sous le poids de la neige et les assauts du vent.Ce ne sont pourtant que de pauvres cheveux et de soudaines bourrasques de souvenirs.Corps et pensée ont leurs saisons qui n’ont lieu qu’une fois.L’hiver qui survient n’est suivi d’aucun printemps.Cœur et mémoire se décolorent !L’intérieur de la tête, lui aussi, se couvre de neige !Elle … Continuer de lire Jean-Michel Maulpoix – à la saison froide

Nous envions la liberté offerte aux oiseaux – ( RC )


Entre le sombre et la lumière,des paroles s’élèvent….Saisiras-tu l’envol des ailes,l’ivresse des oiseauxqui planent au-dessus du chaos. Nous en sommes témoins,ne pouvant pas nous échapperde notre condition, mais la poésie est ce refugeoù nous rêvons de laisser s’envoler les mots,qui nous dépassent,et nous envions la libertéofferte aux oiseaux. ( écrit après une lecture de Kostas Kariotakis ) Continuer de lire Nous envions la liberté offerte aux oiseaux – ( RC )

Mylène Charrier – la paix est une orange


peinture et photo Anne-Sophie Tschiegg Je voyage sur une route étrangeoù les amis se nommentcomme les fruits dans l’arbre je voyage vers toipour que tu m’apprennesce que de moije ne sais pas encore et si le chant qui monterend à la terretoute l’eau que j’ai bula paixest une orangequi vientcomme l’oiseausur la brancheet l’orangerde sa naissancedans les couleursdu ciel qui brûle Je ne saisqui de … Continuer de lire Mylène Charrier – la paix est une orange

Psaume de neige – ( RC )


Psaume de neige,y aura – t -il un passage possible ,pour la calligraphie du corps,quand il s’élance ,un pinceau chargé d’encresur le papier vierge ? Fulgurance du geste,l’éclat du soleil du gong,vibration qui s’amplifie et perdure,l’encre libère son énergie intérieureenfouie encore l’instant d’avantdans la coupelle de terre. Noir sur blanc conçoitune partie du monde,cristallise un l’instantl’empreinte d’une fraction de temps,comme si on enregistraitle battement d’ailes … Continuer de lire Psaume de neige – ( RC )

Jean-Jacques Hasquenaph- Première vague


Ivan Marchuk (Ukrainian, 1936), Here Stopped Time, 1982. Tempera Le double oiseau brisé, pèse dans le vent qui le porte au creux des vagues, les marées le repoussent, le froid l’agrippe, les profondeurs l’épuisent progressivement.★Mille choucas, chassés des falaises d’Etretat, se jettent à la poursuite des passereaux, pour, après, rejoindre les arbres secs des rives de Locmaria.★Très loin, au plus profond de l’océan, dans les … Continuer de lire Jean-Jacques Hasquenaph- Première vague

Pierre Béarn – Absente en ses rêves de feu


Absente en ses rêves de feuYvonne avait les yeux éblouisdes mots prisonniers de leur danse. Rue Condorcet dans la pénombrede ses mannequins endormisl’extase l’amputait d’un nidque profanait l’oiseau dément… Elle était l’ombre et le fantômequ’éperdument les mots traversentdès que s’ouvre son manuscrit. Continuer de lire Pierre Béarn – Absente en ses rêves de feu

Robert Sabatier – l’enfant suit l’homme


photo brookenshaden Un enfant blond pense à l’OcéanieLes kangourous sautent comme des billesA cloche-pied, il rejoint une autre îleEt d’île en île un instant de sa vie. Il est saison comme d’autres sont arbresIl sort de l’ombre et va sans cailloux blancsSi je dis paume il écarte le sable,Prend mon étoile et la cache en jouant. Si je dis main je trouve une poitrine,Un frêle … Continuer de lire Robert Sabatier – l’enfant suit l’homme

Kresimir Bagic – Marseille


peinture: Albert Marquet Marseille est un coquillage,la mer est avant et après lui.Marseille est un miroirqui a été oublié deux fois.Marseille est un roseau,d’autant il plonge – d’autant l’eau se retire. Six cents ans avant Jésus-Christla première pierre a été posée dans ma mémoire.Je suis né au nord de Marseillele 16 janvier à sept heures du matin.Comme personne n’a remarqué cela,je serai obligé de faire … Continuer de lire Kresimir Bagic – Marseille

Paul Eluard – à Marc Chagall


Âne ou vache coque ou chevalJusqu’à la peau d’un violonHomme chanteur un seul oiseauDanseur agile avec sa femme Couple trempé dans son printemps L’or de l’herbe le plomb du cielSéparés par les flammes bleuesDe la santé de la roséeLe sang s’irise le cœur tinte Un couple le premier reflet Et dans un souterrain de neigeLa vigne opulente dessineUn visage aux lèvres de luneQui n’a jamais … Continuer de lire Paul Eluard – à Marc Chagall

François Corvol – c’est parti dans les nuages


V peinture Marc Chagall – costume de Zemphira, pour Aleko C’est parti dans les nuagesj’éprouve des bonheurs inconnus et familierschaque jour renouveléchacune de mes journées est merveilleusej’ai peine à y croire VI Cette vie est semblable à un rêvej’en ai tant de ces rêves que je n’y vois plus rienmes yeux distinguent à peine tout ce qu’il y a de réelje les écoute parlerj’ai du … Continuer de lire François Corvol – c’est parti dans les nuages

Car c’est ta voix que j’ai reconnue – ( RC )


Dessin Victor Brauner Le temps se dénouequand s’élancele chant de l’oiseau .Il m’est revenu,chante pour moiune mélodie neuvequi , pourtant ,ne m’est pas inconnue ;c’est par ta voixdans un arbre lointainque s’effacent les doutespour la clarté la plus sereine.Cet arbre est en moiil étire ses branchesjusqu’à peut-êtrete frôler.Alors point n’aurai chagrin,de ton corps disparu,car c’est ta voixque j’ai reconnue. ( variation » réponse  » sur le poème … Continuer de lire Car c’est ta voix que j’ai reconnue – ( RC )

Porte-bonheur – (Susanne Derève) –


. Un éclat fauve entre les branches : rouge-queue porte bonheur. Le couple est de retour; du faîte du tilleul jaillit le chantmélodieux du mâle. Telle frénésie ce soir, rossignol des murailles,l’amour est-il un doux rêve d’oiseau ? Bientôt viendront les hirondelles, attardées dans les roselières,mais la mienne est si loin,dans un pays de mousson et d’orages qui ne connaît pasde printemps. Quel pays portera la poussière de … Continuer de lire Porte-bonheur – (Susanne Derève) –

Ilarie Voronca – les mains vides


Tes émissaires se tiennent sur notre seuil« Que chacun apporte ce qu’il a de meilleur », disent-ilsLes riches ont entassé leurs joyaux, leurs étoffes,Chargés de bagues leurs doigts ont plus d’éclat que leurs yeux,Le parler des monnaies a couvert celui de leur mémoireIls n’entendent pas la marche des hommes de l’avenirMais nousNous avançons les mains vides, le regard serein. Une fois encore nous sommes les … Continuer de lire Ilarie Voronca – les mains vides

Voyage d’hiver – (Susanne Derève)


Un lent voyage d’hiver enfoui dans la grisaille,au fil des routes, quelques enseignes : gites, miel, potier, le lourd panache des fumées, un givre d’ombres sur les branches basses des sapins.Dans les clairières, poudrant les coupes claires du bois, le fin linceul du gel marqué d’empreintes, pas, ornières – les roues profondes des engins – et la griffe étoilée d’un merle silencieuxtraçant son chemin sur … Continuer de lire Voyage d’hiver – (Susanne Derève)