Jean Daive – ombres
Franchis cheveux, nuques, regards. Franchis cerveau comme astre de l’esprit habité. Le long d’une eau vertébrale, je glissai traversé d’ombres. Jean Daive in » 1, 2 de la série non aperçue « Continuer de lire Jean Daive – ombres
Franchis cheveux, nuques, regards. Franchis cerveau comme astre de l’esprit habité. Le long d’une eau vertébrale, je glissai traversé d’ombres. Jean Daive in » 1, 2 de la série non aperçue « Continuer de lire Jean Daive – ombres
La mer à boire J’étais l’enfant d’un siècle fou J’avais la tête pleine d’oiseaux Je construisais de beaux châteaux Je vidais la mer dans un trou La mer était belle à mourir J’étais une fleur à cueillir La vie était un jeu d’enfant Je prenais vraiment tout mon temps J’avais pour moi l’éternité Pour vider la mer dans un trou Je me … Continuer de lire Raôul Duguay – La mer à boire
Aux victimes du tyran en Syrie Un coucher de soleil froid sur le seuil d’un jour vibrant le ciel ensanglanté comme un nuage épais qui s’effrite à l’infini et la crainte de mon propre destin Devenir un arbre ma tête à la renverse et l’horizon des hommes là-bas La lumière dans mon crâne comme un souffle accent sur mon visage Je me suis … Continuer de lire Salah Al Hamdani – Rêve fossoyeur
Je suis le seul homme sur la Terre et peut-être n’y a t-il ni Terre ni homme. Peut-être qu’un dieu me trompe. Peut-être qu’un dieu m’a condamné au temps, cette longue illusion. Je rêve la lune et je rêve mes yeux qui la perçoivent. J’ai rêvé le soir et le matin du premier jour. J’ai rêvé Carthage et les légions qui dévastèrent Carthage. … Continuer de lire Jorge Luis Borgès – Je suis
Blanche. Elle divise le temps en deux. Sceptre et cilice. L’écume ne meurt pas lèvres ouvertes aux lèvres. Blanche. Emmurant l’oiseau. Tranchant le nerf fragile des coquilles. sans que la voix revienne. Nue dans le sel. – Continuer de lire Claude Esteban – Blanche
Je ne sais en quel temps c’était, je confonds toujours l’enfance et l’Eden Comme je mêle la Mort et la Vie ? un pont de douceur les relie. Léopold Sédar Senghor Continuer de lire Léopold Sédar Senghor – Goutte de temps
J’ai oublié les charlatans, les acharnés, les magiciens, mécaniciens et les fortiches Remisé les clefs. Peut-être perdues, qui sait ? Et fait qui , d’un grand voyage, sur un fil suspendu Et sans assurance En laissant sur place, les vieux objets et bateaux rouillés Autres que ma confiance, Si tout se déglingue et moisit, Je mets un pied devant l’autre Et c’est le vide dessous … Continuer de lire Un pied devant l’autre ( RC )
Il y a, massives, les présences de bois, revêches et enfermées dans leur masse Sévères les porteurs d’esprits, qui daignent à peine refléter les lumières. La géométrie entaillée, de fentes pour les yeux, les masques qui ont dansé, encore habillés de fibres. Que l’on imagine sur des corps noirs, et au soleil implacable de l’Afrique. A l’abri de l’enceinte sacrée, Il y a tout … Continuer de lire Mémoire de l’Art Africain – (RC )
L’AUBE ENSEVELIE Plus bas encore mon amour taisons-nous Ce fruit ouvert dans le soleil Tes yeux comme l’haleine de l’aurore Comme le sel des buissons révélateurs Taisons-nous taisons-nous il y a quelque part Un coeur qui pleure sur un coeur Pour la dernière aventure Pour le déchirement total Taisons-nous rien ne peut recommencer Il faut oublier les lampes … Continuer de lire Alain Grandbois – l’aube ensevelie
La rumeur libre Salué par les armes de la pluie et de la peur on ne peut pas défaire la folie meurtrière du monde si j’aime encore quelque chose c’est tout juste les pierres et la lumière des visages inconsolés d’univers des sols errants en mal de preuve étymologique le cri du milan pilleur d’épreuve l’illuminante pitié pétrifiée des oiseaux de … Continuer de lire Patrick Laupin – La rumeur libre
Figé ton visage marqué un instant se retire au creux de la solitude exilée à l’obscur de ton corps parmi traces et cicatrices intenables Défaite des étoiles dans la nuit immobile l’heure livre ses béatitudes instantanées tandis que le fleuve du temps sculpte notre présent sur le versant corrodé des survivances Au bord du monde nos incertitudes enfouies dans l’absence occupent la … Continuer de lire Hasia – Quête aveugle
En replantant des ellébores je te parle de nourrir le cosmos : rien que cela une cuillerée de terre pour la racine encore visible une cuillerée pour achever d’emplir le pot une pour le globe tout entier la dernière pour sa verticale vers l’énigme. Marie-Claire Bancquart in » Verticale du secret » « in » Terre énergumène » – Continuer de lire Marie-Claire Bancquart – Galaxie
Nous voila donc, au coeur du problème A se faire rattraper, par les tourments Petits accrocs et incidents Y de quoi en faire un poème… J’ai renversé, l’eau qui bout C’aurait pu être pire… Maintenant on peut en rire —- on ne peut penser à tout… J’ai glissé sur le pont du bateau Et voila qu’au dessus de moi on s’penche Lorsque je suis accroupi … Continuer de lire Au coeur du problème ( contrariétés) – ( RC )
Je cherche ton regard comme un aveugle.. Je cherche ton regard comme un aveugle cherche le monde qu’il a perdu ce grand regard qui venait vers moi m’apporter celui de toutes les femmes. Il était pour moi comme un de ces couchants devant lesquels on s’arrête de respirer et je ne voyais plus rien d’une terre qui naissait de nos pieds pour rejoindre l’horizon. Je … Continuer de lire Lucien Becker – Je cherche ton regard comme un aveugle.
C’est une pierre Qui s’endort Sous le soleil Lourde de mémoire Ce sont des hommes Qui la réveillent Et la charrient Contre les pentes C’est une pierre, Un esprit, une sentinelle Qui est dressée, solitaire Contre le vent C’est une énigme Sa présence, jetant un défi A la physique de Newton Mais tu t’endors, A son ombre, et à la tienne Les papillons … Continuer de lire Mémoire debout ( RC )
– Océan – mer – terre, destin d’une embrassade Vogue le destin d’une embrassade, étreinte et baiser humide de l’eau au sable la fin de quelque chose, le début d’un autre s’évanouit la terre ferme, pour le choix du liquide, une masse matière qui vit de ses soubresauts l’histoire de tant de marins qui s’y sont fié, en espérant voir un jour la ligne dorée … Continuer de lire Océan – mer – terre, destin d’une embrassade ( RC )
« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit » Orhan Pamuk – Continuer de lire Orhan Pamuk – peinture, vision, souvenirs
Dans la neige s’enfoncent des lieux habités : la chambre qui veilla le miroir où j’étais, le plus grand arbre du jardin où je suis. Et les sols dépossédés flottent parmi les branches, recouvrent, ouvrent tous les ciels, me perdent : Seul. Plusieurs fois. La neige. La nuit. Quelque regard où je fus. Jean Daive in » 1, 2 de la série non aperçue « … Continuer de lire Jean Daive – Plusieurs fois.
Surplombant le vide et prête à tomber, après la tempête, le feu, les larmes, la lave s’accumule en strates projetée des entrailles, Une fleur surgit, des rochers calcinés, c’est, la lente reconquête de morceaux de vie, les insectes ,les lézards, qui se chauffent au soleil ou bien aux bassins souffrés encore fréquentés de fumerolles… Où cette jeune pousse a –t-elle bien pu trouver … Continuer de lire Après l’éruption ( RC )
Habiter la halte brève La rive avant la traversée La distance fascinée qui saigne Et la pierre verte à l’anse des ponts Dans la nuit sans fin du splendide amour Porter sur l’ombre et la détruire Nos voix de lave soudain belliqueuses L’amont tremblé de nos tenailles Il y a loin au ruisseau Un seuil gelé qui brille Un nid de pierre sur les tables … Continuer de lire Béatrice Douvre – Habiter la halte brève , la rive avant la traversée
– Sous les voûtes d’une cathédrale, une étoile filante se laisse prendre aux fils d’une araignée : de très bas on imagine l’histoire du ciel comme un conte de fées. Un défaut de perspective. Les vitraux dessinent sur le plafond un paradis de lumières : ici, même en l’absence de Dieu, on se mettrait à croire. On voudrait tellement… Demain, le front … Continuer de lire Bluma Finkelstein – Sous les voûtes d’une cathédrale
– D’anciennes façades décrépies, sont comme tachées, Une végétation touffue croise ses bras verts pour cacher Une grille que nul , depuis longtemps, n’a fréquentée, Scellée par la rouille, – et dont personne n’a la clef La fontaine est muette, l’eau ne chante plus sous le tilleul, La vasque est presque remplie de feuilles en deuil, Et de papiers, qui se … Continuer de lire Venise déserte en sa nuit tiède ( RC )
Anna Niarakis, auteure grecque, nous transmet ce texte avec quelques maladresses grammaticales ( voulues, je suppose), qui évoquent la saveur d’un accent étranger A tu A tu, s’adresse ce poème. Comme tant d’autres. A tu, qui tu graves hiéroglyphes sous la lune d’un désert. Ou d’une ville déserte, tachant ses murs sales avec peinture rouge. Errant, aube Demi éméché, demi fou … Continuer de lire Anna Niarakis – A tu
notre monde commence notre monde commence toujours sous les pouvoirs ta page pleine de voix je t’aime décrire comme mécrire rien que littérature sans entendre les silences du cri renouent nos sanglots longs et ils disent le printemps quand tu fais la petite lumière au fond des jours nos nuits expertiser comme maîtriser des discours sans paroles ils disent au mégaphone médiatique les violons et … Continuer de lire Martin Ritman – notre monde commence
– Les mots d’oiseaux en ce monde Ne jouent qu’avec ton regard Si trouble sous la pluie Qui nous retire les mots. Sous le grand tilleul, S’étire l’ombre autour de tes doigts Et sur ma bouche, tes doigts encore Font qu’il n’est pas besoin de paroles Mais de gestes révélés par le silence Plus de cris, plus d’impatiences Mais un monde partagé Où … Continuer de lire Les mots d’oiseaux – paroles closes ( RC )
Oui, on en veut à mon aspect Peu de ventre, peu de fesses C’est que je ne suis pas bien épais Même que je manquerais de graisse Ce serait peut-être plus confortable Mais, même pour un homme Aux coussinets adorables Je me vois mal être un bibendum C’est peut-être un fantasme Ce qu’on voudrait que je sois Je ne déchaîne pas les … Continuer de lire mince ( RC )
L’ombre, avec ses couloirs. Le corps, accoutumé à ses tâtonnements de bête. Où renaître sans yeux ? Tous les chemins sont morts. Reste le vent qui trace et qui traverse. D’aussi loin que je peux, je te réponds. Je monte jusqu’à toi, jour neuf, sous mes écailles. Claude Esteban in « Conjoncture du corps et du jardin » – Continuer de lire Claude Esteban – l’ombre
Ne garderai-je du jour que cette longue lassitude et la poussière des chemins au fond des yeux ? Je m’assiérai n’importe où, je tenterai seulement de reprendre souffle, sans hâte et comme pour mieux me souvenir. L’espoir, quand on s’arrête de marcher, devient inutile, mais le vieux désir d’être encore ne disparaît pas avec lui. Et je suis là, comme quelqu’un qui s’étonne … Continuer de lire Claude Esteban – l’immobile qui devient une fiction
1 cette nuit la mer manque de tendresse horizon de roches afflux de rouille dans les membres le pêcheur s’épuise à capter son visage si près de l’abîme 2 les terrasses du sommeil basculent l’écume se fait banquise je reviens néanmoins contre ta hanche dénudé par la rumeur de l’aube 3 même le ciel des prophètes prend feu à ta crinière ô Boraq … Continuer de lire Rabah Belamri – Cette nuit
– C’est un goutte à goutte qui lentement remplit la jarre, Une épopée, un chapitre qui démarre Cette eau, qui peu à peu s’ajoute, autour de l’ile Ce sont des larmes qui murmurent, aux places de la ville Le nom d’un ciel, qui se vide et pousse ses ombres Les fontaines qui tournent, autant qu’elles encombrent Les mots qui cascadent, dont le poids fait … Continuer de lire Goutte-à goutte des pages et légendes ( RC )
La marée s’est retirée oubliant le ciel étoilé dans le creux d’une roche – Tiphanya : de Basho, – Continuer de lire Basho – – Tiphanya ( haïku )
. « Peuplant la montagne je m’endors sur les hautes marches de ton pays natal. A ton réveil je me dis que la nature n’a jamais été aussi belle que pressée contre ton sein. Dans mon manteau d’herbes fraîche j’ouvre les yeux. A mes pieds une brassée de routes, Dans ma main une poignée de rires. . Continuer de lire Victor Roussel – Murmures de l’Hoa Sen
Autrement dit, l’amour pour F. Il y a, il y a des jours de raisins doux, de pommes d’or, de quoi faire taire notre vieille soif. Et l’eau qui court, torrents, rivières, court sous la peau, enrobe nos cœurs, calme nos doigts. Rien ne manque, rien n’est mieux, et quand la nuit vient, elle affiche pour nous deux un jeu complet d’étoiles. Il … Continuer de lire Francis Dannemark – Autrement dit, l’amour
J’aurais aimé pourtant encore la rue Paul-Sysley et la gare de l’Est les voies de triage désaffectées l’entrepôt à ciel ouvert sous les garages d’arbres le lierre sous la varangue, désastre musical l’odeur de mazout et le cri rauque de la micheline à midi dans le tremblé très seul du lilas mais il est tard tout est détruit les trains ne partent plus le … Continuer de lire Patrick Laupin – Voies de triage
– Aux lectures poétiques, si ce n’est pas un leurre Ce plaisir ,il ne faut pas le renier Plutôt que le garder dans ton panier Un p’tit recueil, une plaquette de beurre Et une galette de poèmes Tout ce qu’il fait pour tenir le coup Sans limites – je dirai « beaucoup » Allez » Tu peux te r’servir en crème » Et même y mettre … Continuer de lire petit chaperon des poèmes ( RC )
Madame, écoutez-moi. Vous êtes peut-être une mère, vous aussi, et vous pouvez comprendre. Ecoutez-moi. Je parle, je bouge, je travaille et il advient que l’on m’entende rire. Pourtant, je ne suis qu’un long cri silencieux. Je hurle en silence et l’on ne m’entend pas. En moi coule, ininterrompu, le flot destructeur de mes larmes cachées. Pour survivre malgré la peine, pour continuer à … Continuer de lire Marie- Simone Séri
La terre et à elle accordée la mer et partout au-dessus, une mer plus joyeuse à cause de la rapide flamme des moineaux et du trajet de la lune reposante, et du sommeil des doux corps entrouverts à la vie et à la mort dans un champ ; à cause aussi de ces voix qui descendent s’échappant de mystérieuses portes, et bondissent au-dessus de nous … Continuer de lire Mario Luzi – nature