voir l'art autrement – en relation avec les textes

Fatou Diome – L’Atlantique


photo Catherine Romagny – Pointe St Gildas à Prefailles

 

L’Atlantique caressait toujours les flancs de l’île, mais ne calmait pas toutes les angoisses.

Si les oiseaux chantaient le matin, les hiboux hululaient le soir. Le soleil baignait tous les visages, mais n’éclairait pas tous les chemins.

Et si l’ombre est reposante, la permanence des ténèbres finit par effrayer. Les jours s’enchaînaient, stagnaient ou fuyaient à toute allure.

Les humains s’évertuaient à ajuster leurs pas. On reprenait son souffle, on s’accrochait.

Parfois, le moral ployait comme une canne à pêche. Sur l’île, le quotidien n’était pas avare de nuances et la boule de l’existence tournait à sa guise.

Mektoub! Disaient les sages et les fous.

Et ceux qui ne disaient rien n’en pensaient pas moins.

L’Atlantique peut toujours rugir, il ne rugira jamais assez fort pour étouffer l’éloquence des soupirs.

Or, ce sont les soupirs qui disent le mieux le poids de la vie.

extrait de Celles qui attendent,   Flammarion

je m'exprime:haut et foooort

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s