Cribas – Sur la colline du 24ème siècle


Sur la colline du 24ème siècle Cribas Le soleil monte sur la colline encore un peu rouge Je sais que tout à l’heure Mon ombre y dessinera à nouveau son tombeau J’étais parti sans partir Je reviens sans revenir Mais je dois rejoindre les rayons brûlants de son halo Je dois retrouver mon chemin qui a rencontré le chaos Je dois retourner au bord du … Continuer de lire Cribas – Sur la colline du 24ème siècle

Heures obliques à Prétoria ( RC )


– Rochers convexes, dédales tracés à travers Les rêves , les champs  d’orge, encore  couchés, Sous les doigts de l’orage. La poussière de l’été  s’étale, et recouvre Aussi les abris  d’autobus, et les sacs de plastique Eparpillés de part et d’autre de la route, Désertée, et ne menant nulle part, Tant les banlieues  se ressemblent, Les panneaux publicitaires  en décor, Le soleil mouvant jouant Avec … Continuer de lire Heures obliques à Prétoria ( RC )

Armand Robin- Poème pour adultes – II


– Les places ont des bras de cobras, Les maisons des gorges de paons. Donnez-moi quelque antique pierre, Que je me retrouve en Varsovie! Je me tiens en stylite absurde Sur la place, sous le candélabre ; Je louange, admire et maudis Le cobra, l’abracadabra. Tel un paladin je m’enfonce Sous les pathétiques colonnes. Que me font le « Hall de Luxe » et ses … Continuer de lire Armand Robin- Poème pour adultes – II

Le béton s’enracine – ( RC )


Le béton, sournois, S’enracine au plus profond de la terre, Il y a même,  paraît-t-il des villes entières, Qui se multiplient, et même s’étendent sous les mers. Une terre où petit à petit, les immeubles  s’enfoncent, Et dont  on ne voit  que la pointe, Tels icebergs qu’on distingue, pointes dures Aux couchers flamboyants des soleils Et la courbe croisée des lunes, Mais en général, invisibles … Continuer de lire Le béton s’enracine – ( RC )

Anna Akhmatova – Rupture


–     Rupture Voici le rivage de la mer du Nord. Voici la limite de nos malheurs et de nos gloires, — Je ne comprends plus : est-ce de bonheur, Est-ce de regret que tu pleures, Prosterné devant moi? Je n’ai plus besoin de condamnés, De captifs, d’amants, d’esclaves ; Quelqu’un que j’aime et qui soit inflexible Partagera seul mon toit et mon pain. … Continuer de lire Anna Akhmatova – Rupture

Abdellatif Laâbi – Quatre ans


Quatre ans Cela fera bientôt quatre ans on m’arracha à toi à mes camarades à mon peuple on me ligota bâillonna banda les yeux on interdit mes poèmes mon nom on m’exila dans un îlot de béton et de rouille on apposa un numéro sur le dos de mon absence on m’interdit les livres que j’aime les nouvelles la musique et pour te voir un … Continuer de lire Abdellatif Laâbi – Quatre ans

Lac – Brassens, cloche ( RC )


photo: gjlh ( voir son blog photos) Le lac bleuté, le repos, sous le soleil d’été Les bâtiments voisins se brisent en reflets, Entourés d’ écrins de sapins, L’eau est presque immobile  sous midi, Tu es les pieds dans les flots, A marcher précautionneusement sur les  galets Seuls quelques chiens, jappent la lumière, Et aussi une auto,  écrit dans l’espace, Une chanson de Brassens,qui nous … Continuer de lire Lac – Brassens, cloche ( RC )

Jean Follain – parler seul


– Il arrive que pour soi l’on prononce quelques mots seul sur cette étrange terre alors la fleurette blanche le caillou semblable à tous ceux du passé la brindille de chaume se trouvent réunis au pied de la barrière que l’on ouvre avec lenteur pour rentrer dans la maison d’argile tandis que chaises, table, armoire s’embrasent d’un soleil de gloire. Jean Follain, Exister, Anthologie de … Continuer de lire Jean Follain – parler seul

Isaac Lerutan – Nous sommes les enfants du ventre de la terre


      –   Nous sommes les enfants du ventre de la terre La balle bleue se meurt, s’enterre ou prend des rides Qu’importe ! dit la nuit, demain sera bien mieux mais la flamme se perd quand la fumée se vide le royaume des nantis n’est pas si audacieux Il règne une atmosphère aux armes délétères que les âmes assaillissent par soif ou … Continuer de lire Isaac Lerutan – Nous sommes les enfants du ventre de la terre

Blanche ( revue petite )


      –   J’ai vécu, Blanche, dans la fascination des choses simples (dans le transport des nuages et des feuilles, de. Peau repliée, sur l’amande de la soif.) J’ai mesuré le néant dans l’absence où l’ombre devient chair. Tout ce temps dans mon dos me pousse vers demain, ma tête bleuie sur l’épaule du jour.   – — Continuer de lire Blanche ( revue petite )

Une barque sur l’océan, que j’habite au reflet des étoiles (RC )


Une barque                    sur l’océan, Que j’habite au reflet des étoiles, Bercées               par les heures diluées, Lorsqu’ aucun vent ne gonfle les voiles. L’avenir serait en ces îles Posées sur la brume,   dos d’espadon Qu’un parcours immobile Détache de l’horizon. Orphelines d’une terre noire, Ayant perdu sa mémoire, Ou peut-être encore si loin, Qu’on en oublie ses jardins. Tant … Continuer de lire Une barque sur l’océan, que j’habite au reflet des étoiles (RC )

Claude Saguet – A ma mère


        à ma mère   Mon délire vient d’un grand orage, d’un lieu inexploré à l’Est de l’Angoisse. Tendresse verte aux carrefours je le retrouve, couleur d’émeute, en de lointains faubourgs noyés de linges tristes.   Le soir peut faire la roue quand j’écarte les branches, ou vêtir de neige la soif des oiseaux, il assiège mes oreilles plein de détonations.   … Continuer de lire Claude Saguet – A ma mère

Richesse inutile ( RC ) – ( écho à Isabelle Dalbe)


– Aux pays lointains, Ceux où le soleil s’attarde, méridiens  d’Afrique, La Noire Ne s’imagine Une couverture blanche, Que la nudité du silence, Il recouvrirait A ce qu’on dit Des terres  d’abondance, Forêts  denses, Rivières clarté, Mais si loin encore, Le froid  qui recouvre, Etendues, et convoitées D’autant de diamants, La  blanche Ce qui reste de cristaux, Qu’on ne peut emporter, Richesse inutile. A portée … Continuer de lire Richesse inutile ( RC ) – ( écho à Isabelle Dalbe)

Nimrod Bena Djangrang – le cri de l’oiseau


Nimrod Bena Djangrang (auteur né en 1959, au Tchad)     peinture: P Picasso –     sans titre        01-1939 “The Cry of the Bird” (for Daniel Bourdanné) . I wanted to be overcome with silence I abandoned the woman I love I closed myself to the bird of hope That invited me to climb the branches Of the tree, my double I created havoc in the … Continuer de lire Nimrod Bena Djangrang – le cri de l’oiseau

Leopold Sedar-Senghor – L’éthiopienne


L’Ethiopienne     …Puisque reverdissent nos jambes pour la danse de la moisson Je sais qu’elle viendra la Très Bonne Nouvelle Au solstice de Juin, comme dans l’an de la défaite et dans l’an de l’espoir. La précèdent de longs mirages de dromadaires, graves des essences de sa beauté. La voilà l’Ethiopienne, fauve comme l’or mûr incorruptible comme l’or Douce d’olive, bleu souriante de son … Continuer de lire Leopold Sedar-Senghor – L’éthiopienne

Hors de chez toi, la conscience ( RC )


Hors de chez toi,          la conscience, Vois les flammes sombres des arbres, Vois la sphère habitée, les routes  qui l’enserrent, Traverse les rues qui bousculent, les langues étrangères, >           Le monde qui s’éloigne. Est-ce toi qui ne le comprends  plus ? Ou bien de ce ventre dont tu es issu, …Tu as clos le cordon nourricier, Pour des paradis toujours ailleurs, Injectés à la sauvette. … Continuer de lire Hors de chez toi, la conscience ( RC )

Richard Brautigan – moins de temps


– Moins de Temps Moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, moins de larmes qu’il n’en faut pour mourir; j’ai pris toutes les choses en compte, et voilà. J’ai fait un recensement des pierres, elles sont aussi nombreuses que mes doigts et quelques autres; j’ai distribué quelques pamphlets aux plantes, mais toutes n’étaient pas désireuses de les accepter. J’ai gardé de la compagnie … Continuer de lire Richard Brautigan – moins de temps